Désormais, les médecins fonctionnaires (secteur public) ne peuvent plus exercer la profession à titre privé. Autrement dit, le cumul de l’exercice dans le public et le privé est interdit. Il s’agit là, d’une décision approuvée par le conseil du gouvernement, réuni jeudi dernier. Le ministre de la Santé, El Hossein El Ouardi, s’exprimant lors du point de presse tenu à l’issue de ce conseil, a été on ne peut plus catégorique. «Il s’agit d’une décision politique irrévocable». Pour lui, cette décision vise à mettre fin à l’anarchie qui règne dans le secteur. Car d’après lui, «il n’est plus acceptable que les médecins fonctionnaires s’adonnent à l’exercice de la profession à titre privé. Surtout que la majeure partie des médecins fonctionnaires exercent dans les cliniques, alors que dans les hôpitaux, on ne cesse de pointer du doigt le manque de l’offre de soins».
n effet, dans une telle situation, les premiers qui pâtissent sont les citoyens, qui n’ont pas de quoi s’offrir des soins dans les cliniques. Dans cet élan d’idées, le ministre a également précisé que ces dépassements sont de nature à mettre en cause le système du RAMED. Et ce, dans la mesure où ce dernier (RAMED) ne pourra pas répondre aux besoins de la population. Côté juridique, le ministre a expliqué que cette décision est en conformité avec les dispositions légales en la matière. Il s’agit en fait de la loi 10-94 relative à l’exercice de la médecine, notamment l’article 55 qui stipule clairement qu’«il est interdit à tout médecin inscrit au tableau de l’ordre en qualité de médecin fonctionnaire d’accomplir aucun acte de sa profession en dehors du service public auprès duquel il est régulièrement affecté, hormis le cas où il doit porter secours et assistance à personne en danger et sous réserve des autorisations exceptionnelles». L’autre volet juridique sur lequel s’est penché le ministre de la Santé est celui de la caducité de l’article 57, qui autorise les médecins universitaires et les professeurs-chercheurs à pratiquer dans le privé des actes chirurgicaux et des interventions médicales.
C’est ce qu’on appelle le TPA (le temps plein aménagé). Une disposition qui a pris fin en 2001. Son caractère caduc a été également confirmé par le Secrétariat général du gouvernement, a avancé le ministre. Aujourd’hui, le gouvernement est clair. «Les médecins et les cliniques privées qui ne respecteront pas cette décision seront sanctionnés», a précisé le ministre. Pour la mise en œuvre de cette décision, des commissions d’inspections seront lancées dans les 3 semaines à venir pour veiller sur son application. En tout cas, El Hossein El Ouardi a pu relever ce défi, contrairement à ses prédécesseurs qui avaient également ce dossier sur le bureau, mais qui n’ont pas pu le résoudre. Lors de ce point de presse, El Ouardi a également fait le point sur la baisse des prix de 320 médicaments, en soulignant que ce n’est qu’une première phase qui sera suivie par une seconde. Ainsi, il a noté que cette baisse a bénéficié à une grande partie de médicaments dont les prix sont «anormalement élevés». Il s’agit en fait des médicaments dont les prix dépassent 500Dh.
Quant à la seconde phase, elle va porter sur plus de 1 000 médicaments.
