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Dimanche 19 Avril 2026
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«Le spectacle est un prétexte pour se retrouver autour d’une même passion»

● Le coup de foudre de Hind Benali pour la danse ne date pas d’hier. Danseuse-chorégraphe, elle milite depuis des années pour offrir une place de choix à ce médium dans la société marocaine.
● Artiste accomplie, elle crée en 2007
le festival «Action Danse 5» dont elle est la directrice artistique et participe activement à l’essor de la danse au Maroc. Entretien avec une passionnée du spectacle…

«Le spectacle est un prétexte pour  se retrouver autour d’une même passion»
Hind Benali.

Le Matin : Parlez-nous de votre rencontre avec la danse ?
Hind Benali : J’ai commencé à danser à l’âge de neuf ans et déjà là, je dansais quatre à cinq fois par semaine. C’est une passion qui grandit avec moi, omniprésente, ce qui a fait qu’après le bac, j’ai choisi de poursuivre mes études dans une école supérieure, en me spécialisant en danse contemporaine, avec notamment, Lahcen Zinoun qui fut mon mentor. C’est donc une rencontre qui s’est faite de manière académique avec des stages et des tournées au Maroc, comme à l’étranger. J’avais cette soif de formation, de rassembler le maximum d’expériences et d’informations sur cet art…

Pourquoi avoir créé le festival «Action Danse 5», quels en sont les objectifs ?
Pour moi, cela a été un besoin. À un moment donné et face au vide que j’observais autour de moi dans ce domaine au Maroc, l’enseignement n’était plus suffisant. J’ai rencontré des danseurs perdus, sans objectif particulier, ce qui m’a poussée à vouloir créer ma propre compagnie afin, justement, de combler ce vide. En 2007, j’ai réalisé mes premières créations chorégraphiques. Ayant participé à plusieurs festivals d’Afrique et d’Afrique Subsaharienne, mon inspiration d’autant plus grande pour créer, adapter et réadapter pour faire un rendez-vous où tous les passionnés de la danse peuvent se rencontrer.

Quelle est la spécificité de l’édition 2012 ?
J’ai mis l’accent sur le hip-hop, un type de musique que j’apprécie beaucoup. À travers des ateliers pour pousser vers d’autres chemins, d’autres horizons afin d’aider les jeunes en leur donnant une scène pour montrer leur prouesse technique et leur savoir-faire technique. Il faut dire que pour ce festival, il n’y pas de limite d’âge pour les participants, toute personne passionnée de danse peut venir prendre part à cet évènement

Comment peut-on qualifier la danse que vous pratiquez ?
Je fais de la danse contemporaine, conceptuelle avec des thèmes exprimant quelque chose, un message. Il faut dire que je ne crois pas en l’abstraction totale, ce genre de travail ne m’attire pas du tout. Tout part de moi, de ma confrontation avec l’extérieur, ce qui m’entoure. En ce sens, mes créations chorégraphiques sont toujours le reflet d’une réalité ou d’une idée.

Y a-t-il un thème, une question ou peut-être une vision qui vous accompagne tout au long de votre travail de chorégraphe ?
Oui bien sûr, la question de la femme est très présente dans ce que je fais. J’essaye de mettre en valeur ce qui se passe autour de moi, justement en tant que femme, et ma confrontation avec l’extérieur avec toutes les contradictions que cela suppose…

«Action Danse 5» est-il un projet à portée culturelle ou spécifiquement chorégraphique ?
Les deux. Mais c’est aussi du social puisqu’en fait beaucoup de sensibilisation par exemple dans la ville d’Oujda, où la mentalité est compliquée par rapport à la vision qu’on a de la danse puisque l’extériorisation corporelle n’est pas la bienvenue. Nous essayons de donner aux gens l’accès à des formations professionnelles pointues avec des intervenants de qualité.

Parlez-nous de la compagnie Fleur d’orange et des projets au Maroc ?
Pour l’année 2012, on mise beaucoup sur l’enseignement. C’est un engagement pour créer, aider ses «petits champignons» à pousser, toutes ces petites institutions qui encouragent la danse et qui représentent une quinzaine à Casa. Nous essayons donc de trouver un équilibre en renforçant ce qui existe déjà. Pour nous, c’est une recherche constante de rencontre, de présence, de chaleur humaine… Le spectacle devient un prétexte pour se retrouver autour d’une même passion et travailler en groupe

Quels sont vos projets personnels et culturels ?
Je suis en train de travailler sur une création avec une chorégraphe américaine Esther Baker, danseuse et chorégraphe. On s’est rencontré à Oudagoudou où nous avons justement choisi de faire notre résidence. En décembre, nous allons jouer notre pièce au théâtre Mohammed V. Je travaille aussi sur l’enseignement de la danse classique bien que certaines personnes pensent qu’il s’agit d’une danse de bourgeois. Pour moi, c’est une danse qui reste importante à connaître, le contemporain, par ailleurs, toujours présent dans mon travail.

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