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Mercredi 13 Mai 2026
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Le nouveau programme de mise à niveau vise à créer une dynamique économique et sociale dans la ville

Le maire de Salé, Noureddine Lazrek, présente dans cet entretien les problèmes dont souffre la cité voisine de la capitale ainsi que les projets en cours.

Le nouveau programme de mise à niveau vise à créer une dynamique économique et sociale dans la ville
Noureddine Lazrak, maire de Salé.

Le Matin : Salé est considéré comme l’appendice de Rabat. Cette ville souffre de nombreux problèmes par rapport à Rabat, qu’en pensez-vous ?
Noureddine Lazrak : Salé a certes beaucoup de problèmes, mais qui sont dus en partie à la ville de Rabat car sa proximité avec la capitale a contribué à accentuer l’exode rural vers cette ville. Cette situation s’est répercutée sur l’évolution de l’urbanisation considérée comme très rapide par rapport à l’évolution de l’agglomération. En effet, le nombre des habitants de cette ville est passé de 30 000 en 1950 à 500 000 en 1990, puis à 1 million en 2012.
Salé est, par conséquent, la première préfecture au Maroc qui est classée désormais deuxième après celle de Casablanca en termes de densité urbaine, soit 70 000 habitants par mètre carré, ce qui est à mes yeux énorme.
Le développement urbain rapide de cette ville n’a pas été accompagné par le renforcement de l’infrastructure de base.
Ainsi, l’absence d’un schéma urbain bien clair a donné lieu malheureusement à un foisonnement d’habitations anarchiques qui ne bénéficient d’aucun service de base, à savoir l’assainissement, l’eau, l’électricité et la voirie.


Et comment avez-vous remédié à ce manque en tant qu’autorité locale de la ville ?
Il faut reconnaître que le projet de mise à niveau engagé entre 2005 et 2009 par l’ancienne direction du conseil de la ville a aidé la ville à se doter de quelques infrastructures de base que ce soit au niveau de la voirie ou de raccordement à l’eau et à l’électricité. Mais ce que je pourrai vous affirmer, c’est que Salé n’a connu le plus grand investissement de tout son temps qu’en 2011, pour améliorer ses services de base.

Parlez-nous justement de cet investissement ?
Ce qu’il faut savoir d’abord c’est que le budget de Salé ne permet pas de réaliser des investissements pour la simple raison qu’elle détient le budget le plus pauvre de toutes les villes. En effet, le budget annuel alloué au conseil de la ville ne dépasse pas 400 millions de dirhams par an. Un montant totalement investi dans les charges. Il faut compter un budget de 160 millions de dirhams pour payer la masse salariale, 96 MDH pour financer la gestion déléguée de la collecte des déchets ménagers, et 56 MDH pour payer Redal pour ses services d’approvisionnement en eau et électricité et d’assainissement ainsi que 24 millions de DH comme budget accordé annuellement à chaque arrondissement de la ville. Toutes ces charges absorbent donc la totalité du budget. Ainsi, il faudra espérer enregistrer un excédent pour pouvoir réaliser des projets de développement.

Mais vous avez bel et bien parlé d’un programme de remise à niveau de la ville ?
En effet, ce programme existe effectivement et il a été lancé entre 2005 et 2009 grâce à un budget de 2 milliards de dirhams. Le but de ce programme était de réaliser une mise à niveau communale. Ce programme a permis de réaliser pas mal de projets qui concernent essentiellement la voirie. Actuellement, le projet a entamé sa deuxième phase.

Parlez-nous de cette deuxième phase ?
La deuxième étape de ce programme, financée à hauteur de 900 millions de dirhams par le Fonds d’équipement, vise à relever le défi de créer une dynamique de développement global dans les domaines économique, social et culturel, et développer l’infrastructure de base, à savoir la voirie, les ouvrages d’art, la réhabilitation de l’ancienne médina, les équipements culturels, l’industrie, l’aménagement du territoire, les espaces verts, les marchés municipaux et création d’espace pour jeunes. Grâce à ce programme, nous avons pu construire sept salles couvertes de sport. Le conseil de la ville a pu également aménager sept boulevards qui ont été dotés de voiries, de trottoirs, d’éclairage public et d’espaces verts grâce à des plans d’aménagement urbain.
Il s’agit en l’occurrence des Boulevards 20 août, Moulay Youssef, Mohammed V et celui de HassanII qui ont bénéficié d’une enveloppe de 65 millions de dirhams. Nous avons doté également le trajet du tramway en éclairage en LED (Light-Emitting Diode), ce qui représente une première au monde. Nous avons également aménagé la voie côtière située entre Sidi Moussa et Lakouasse dans la perspective de relier la Corniche à Bouknadel.

Quels sont les autres projets réalisés dans le cadre de ce programme de mise à niveau ?
Plusieurs sont les projets qui s’inscrivent dans la deuxième phase du programme de mise à niveau et qui s’étale sur trois ans (2011-2013). Ce qu’il faut savoir c’est que ce projet est un modèle intégré qui vise à créer une dynamique de développement global dans les domaines économique, social et culturel. Dans ce sens, nous avons pu créer neuf maisons de jeunes dont deux à Sidi Moussa, une à Tabriquet, une à Hay Salam, une à Sala Al Jadida au lieu d’une seule qui existait au niveau de Tabriquet, ainsi que des foyers féminins. Nous avons créé également des marchés de proximité dans différents quartiers de la ville qui ont pu absorber plus de 2 000 marchands ambulants et dégager les grandes artères de la ville.

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