Pendant trois mois, jusqu’au 12 août, les visiteurs du monde entier sont attendus pour découvrir cette vitrine de la globalisation. Moins prestigieuse que les expositions universelles qui ont lieu tous les 5 ans, les expositions internationales n’en sont pas moins des évènements majeurs. Elles incarnent le progrès et "l’esprit du temps" en s’axant autour d’un thème précis et spécialisé reflétant les préoccupations mondiales de l’époque. Si les aspects commerciaux n’en sont pas absents, elles doivent avant tout remplir un rôle éducatif auprès du public.
Avec un thème lié au développement durable la Corée du Sud ne cherche pas simplement à être "dans l’air du temps", elle veut prouver au monde qu’elle est un acteur mondial moteur de ce secteur. Le président actuel, Lee Myung Bak, ancien maire de Séoul en est lui-même le symbole puisqu’il fut sacré "héros de l’environnement" par le magazine Time en 2007 pour la réhabilitation qu’il a faite du cheongyecheon en plein cœur de Séoul. Mais l’impulsion donnée en Corée du Sud dans le domaine de l’environnement ne relève pas de la simple anecdote et ne se limite pas aux aménagements urbains : il existe une réelle volonté politique d’investir, d’acquérir et de promouvoir des savoirs faire qui seront ensuite exportables parce que le "green growth", c’est l’avenir.
Derrière Yeosu 2012 se cache une autre volonté politique, celle de placer la Corée du Sud sur les cartes du monde et d’affiner une image de marque qui brille par sa différence et son ascencion équivalente si ce n'est plus forte que celle des visons nippons ou chinois. La Corée du Sud est une grande puissance mondiale en quête de reconnaissance, il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’elle cherche à s’auto promouvoir au travers de l’organisation d’événements ayant un rayonnement international majeur, dans tous les domaines : Jeux olympiques de 1988, coupe du monde de football en 2002, sommet du G20 en 2010, championnats du monde d’athlétisme Daegu 2011, Jeux Olympiques d’hiver Pyeongchang 2018, la Corée du Sud veut être sur tous les fronts.
Pour le visiteur local ou international, tout a été pensé. Afin de se rendre à Yeosu, à 455 Km de la capitale, les meilleures options sont celles du vol intérieur ou du train à grande vitesse, le KTX. Sur place, parmi les incontournables, les visiteurs ne manqueront pas le "pavillon de la vie marine" ou plus simplement nommé, l’aquarium, une très belle réussite. Ils pourront aussi apprécier "a tour du ciel" et la reconversion spectaculaire d’anciens silos à ciment en pavillon culturel et artistique où nichent désormais de grandes orgues. Quand au "grand O" emblématique qui ressemble à un looping de grand huit, il n’en est pas un … il s’apprécie à la nuit tombée pour son impressionnant spectacle multimédia. Chacun organisera sa visite en fonction de son temps et de ses envies, entre les pavillons nationaux, ceux des sociétés (Samsung, LG, GS, etc) et les spectacles divers en sachant qu’une journée ne suffit pas pour tout voir.
L'Expo internationale se tient tous les deux ans, entre deux Expositions universelles, pour une durée de trois mois. Son thème doit être le reflet d'une "préoccupation mondiale" mais il doit être "plus précis et spécialisé" que pour l'Exposition universelle, selon le Bureau international des expositions.
L'Exposition de Yeosu a permis la création de 80.000 emplois pérennes et rapporter 19.000 milliards de wons (130MMDH), soit le double des investissements engagés, selon ses organisateurs.
Afin de combler la pénurie de chambres d'hôtel, un navire de croisière sera ancré dans le port de Yeosu et un terminal capable d'accueillir six ferries a été construit pour accueillir les touristes.
