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Vendredi 12 Juin 2026
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Un concept qui guidera les politiques publiques

Dans sa réponse aux remarques et critiques des députés, jeudi dernier, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a beaucoup utilisé le mot «gouvernance». Ce concept de gestion concertée de la chose publique, panache des Etats démocratiques, représente un point d'inflexion dans la manière d'exercer le pouvoir.

Un concept qui guidera les politiques publiques
La bonne gouvernance revient une douzaine de fois dans la Constitution. Elle figure même dans les premières lignes de la loi fondamentale en tant qu'un des trois fondements de l'Etat moderne avec les principes de participation et de pluralisme. Un chapitre lui a été consacré par la Constitution qui dans son article 157 stipule qu'une charte des services publics fixe l'ensemble des règles de bonne gouvernance relatives au fonctionnement des administrations publiques, des régions et des autres collectivités territoriales et des organismes publics. Dans sa déclaration devant le Parlement, le chef du gouvernement a affirmé qu'une telle charte est primordiale pour fixer les obligations et règles de fonctionnement et de gestion des administrations, les engagements des fonctionnaires et la relation avec les administrés, outre les modalités et périodicité des audits et les évaluations de rendement et de qualité.

Transparence dans les procédures d'appels d'offres et d'octroi des marchés publics, suivi des projets, reddition des comptes, rationalisation des moyens affectés…sont autant d'affluents qui nourrissent l'idée de gouvernance. Pour un gouvernement de coalition entre partis conservateurs et d'autres progressiste et libéral, bien gouverner c'est d'abord se mettre d'accord sur des principes et valeurs qui vont fonder le travail en commun. Néanmoins, la tâche n'est pas facile de rapprocher les points de vue et référentiels idéologiques des quatre partis qui forment la majorité de Benkirane. En tout cas, ce dernier a particulièrement mis l'accent sur les principes de bonne gouvernance pour dépasser les clivages politiques et réaliser le progrès que les Marocains appellent de leurs vœux. La Constitution consacre cette indépendance vis-à-vis du politique. Dans son article 159, elle indique que les instances en charge de la bonne gouvernance sont indépendantes… La loi pourra, si nécessaire, créer d'autres instances de régulation et de bonne gouvernance.

En effet, la gouvernance est nécessaire pour qu'un certain nombre d'objectifs soit atteint. Pour contenir le déficit budgétaire à 3% comme prévu par la déclaration gouvernementale, une bonne gouvernance de gestion des ressources financières publiques et la rationalisation des dépenses publiques s'imposent. Dans le domaine culturel, parent pauvre des politiques publiques, l'amélioration de la gouvernance passe par la modernisation de sa gestion. Faire de la culture un secteur de l'économie et un argument de vente dans le tourisme n'est plus aujourd'hui un luxe. Par ailleurs, la prise en considération de la dimension régionale, la valorisation du travail des artistes et l'accompagnement des jeunes créateurs sont des actions qui rentrent dans la gouvernance culturelle.

Une bonne utilisation de l'argent de l'Etat doit se faire, par ailleurs, à travers un budget de l'Etat qui finance les projets et non les secteurs publics. Et c'est là le propre de la gouvernance qui vise l'efficacité dépassionnée des facteurs politiques. Ceci étant, la gouvernance reste un concept vague en dehors des instances et des ressources humaines qui l'instaurent et la développent. Dans le tourisme, par exemple, le gouvernement veut moderniser la gouvernance du secteur à travers la création de la Haute autorité du tourisme et des agences de développement du tourisme. Elles auront pour missions de mettre en œuvre et de conduire les programmes régionaux dans les huit régions touristiques prévues dans la vision 2020.

La gouvernance dans le secteur de l'enseignement se tournera vers le rôle stratégique des cadres pédagogiques selon une démarche contractuelle. C'est ainsi que le rôle du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique sera dynamisé en tant qu'institution constitutionnelle. Idem pour ce qui concerne les attributions des unités pédagogiques extérieures dont les capacités seront développées sur la base d'une approche, également, contractuelle.

Gouvernance sécuritaire

Dans sa déclaration de politique générale, Benkirane n'a pas omis de mettre l'accent sur l'importance de la réforme du système de gouvernance sécuritaire. Comme pour la plupart de ses engagements, il s'est basé sur la Constitution et les propositions du Conseil supérieur de sécurité. Justement, l'article 54 de la Constitution stipule la mise en place d'un Conseil supérieur de sécurité, en tant qu'instance de concertation sur les stratégies de sécurité intérieure et extérieure du pays. Selon le même article, il est du ressort de cette nouvelle instance de gérer les situations de crise et de veiller à l'institutionnalisation des normes d'une bonne gouvernance sécuritaire. La loi fondamentale précise la composition du conseil, tandis que les règles de son organisation et de son fonctionnement seront fixées par le règlement interne.
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