Le port de Casablanca est en voie vers de profondes mutations. La vocation de ce dernier s’orientera vers les produits unitarisés à forte valeur ajoutée (conteneur et roulant), tandis que le port historique (zone de la pêche, réparation navale, Tarik) évoluera dans une optique d’ouverture vers la ville avec, notamment, le môle Tarik qui deviendra un terminal de croisière en lien direct avec le centre-ville. La maîtrise des trafics sur Casablanca devrait, ainsi, apporter un souffle nouveau à la ville elle-même. C’est ce qui ressort d’un rapport intitulé «La stratégie portuaire du Maroc a l’horizon 2030» et réalisé par le ministère de l’Equipement et du Transport.
Dans le contexte des mutations en perspective, le port de Mohammedia se verra progressivement transférer les autres produits non unitarisés (vracs, néo-vracs, conventionnels). En effet, le port de Mohammedia verra l’externalisation de son port historique intérieur inadapté aux conditions modernes du trafic maritime et traitant des produits dangereux à proximité du centre-ville, lui-même dédié ensuite à la plaisance et à la pêche.
«Il devient nécessaire aujourd’hui d’assurer un développement maîtrisé du port de Casablanca, en cohérence avec les objectifs et contraintes du plan d’urbanisme de l’agglomération. Cette maîtrise n’implique en aucune manière de stopper le développement du port de Casablanca, qui doit continuer à se développer, mais en s’assurant d’une cohabitation aussi harmonieuse que possible avec les contraintes du développement urbain», souligne le rapport.
En d’autres termes, il est question d’orienter le développement du port vers des activités qui lui permettront de tirer parti de son potentiel sans asphyxier la ville, tout en lui permettant de mettre en valeur un potentiel de développement adapté et efficient dans un contexte hyper-urbain contraignant.
Selon le rapport, ceci imposera une amélioration de la connectivité du port, avec l’intensification des liens (ferroviaires) entre les terminaux portuaires, les ports secs (Mita, Zenata) et les plates-formes logistiques du pays.
Pour cela, il faut privilégier les trafics portuaires à rotation rapide (conteneurs et roulier) et à forte valeur ajoutée. Cette option contribuera à maîtriser les flux portuaires sur les voiries urbaines. A ce titre, la construction de la voie portuaire littorale Nord devrait faciliter cette maîtrise des flux de pré et post-acheminement. Cette stratégie permettra de maintenir la compétitivité de Casablanca et de donner au port de Zenata sa vraie vocation de port sec au service de la logistique nationale.
«L’extension du port par la création ultérieure et phasée d’un nouveau terminal à conteneurs tiendra compte à la fois de la pénétration de Tanger Med sur le marché domestique marocain et de la croissance entre 2010 et 2030 des trafics conteneurisés dans la région. Avec cette extension, la capacité du port de Casablanca sera portée de 1 600 000 EVP (ndlr, équivalent vingt pieds) en tenant compte de l’ouverture du Terminal C3 à 3 300 000 EVP par an.
Les autres produits non unitarisés (vracs, néo-vracs, conventionnels) seront transférés dès que cela sera possible vers le port de Mohammedia pour une partie des trafics (sucre et huiles) et vers un nouveau port qui sera construit dans la région de Kénitra», précise le rapport.
