L’URAM se veut une plate forme active rassemblant auteurs, réalisateurs, scénaristes et compositeurs de musique de films. Cette organisation professionnelle vise à représenter, d’une manière effective, toutes ces personnes dans leurs rapports avec l’État, les collectivités publiques et entreprises privées, les associations et les syndicats. Elle s’intéressera à plusieurs points, parmi les plus soulevés dans le secteur, notamment la défense du statut du réalisateur, la protection des droits d’auteur, la participation à l’élaboration des lois, la lutte contre le piratage et la fermeture des salles de cinéma.
«Avec la création de l’URAM, nous sommes engagés à défendre plusieurs dossiers concernant l’intérêt professionnel, moral et artistique du créateur. Nous allons commencer par deux grands chantiers. Celui des droits d’auteurs, en ouvrant un dialogue avec le Bureau marocain des droits d’auteur. Nous avons déjà envoyé un courrier et nous attendons la réponse avant d’entamer d’autres démarches. L’autre volet qui nous tient tant à cœur est d’ordre culturel et artistique. Il concerne un débat avec les romanciers et nouvellistes marocains, afin d’exploiter leurs écrits dans le cinéma. Car on a à maintes reprises évoqué le sujet du manque des scénarios, alors que nous avons beaucoup d’écrivains dont les écrits peuvent sortir en images sur les écrans.», souligne Naoufel Berraoui, président de l’URAM. Et d’ajouter que l’Association désire aborder d’autres sujets, très prochainement, notamment avec les chaînes de télévision et radios.
«Nous projetons de contacter les directeurs de ces chaînes afin de revoir avec eux les modalités de travail de ces dernières vis-à-vis des professionnels du secteur. Nous sommes là pour appuyer et éclaircir le type de relation que doit avoir l’auteur et le réalisateur avec ces chaînes qui sont en réalité les vrais responsables de la production et non le producteur exécutif avec qui ils traitent habituellement. C’est un problème qui se pose et qu’il faut régler dans les plus brefs délais. Ceci en parallèle d’une réflexion générale sur l’art, le cinéma, les salles obscures… tout ce qui a une relation de près ou de loin avec la production cinématographique marocaine», précise N.Berraoui.
Ouvrir le dialogue avec les différents interlocuteurs (le CCM, les différents chambres et syndicats, les télévisions, les ministères…) est la devise de l’URAM pour permettre l’évolution du secteur et son épanouissement. Puis, donner plus de visibilité aux œuvres et à la profession.D’où la création d’un site destiné aux membres de l’URAM dans le but de mettre en valeur leur travail, leur actualité et leur parcours. Il sera utile à tous ceux qui désirent s’informer sur le cinéma marocain (sorties de films, festivals, tournages...), partager et échanger. Cet espace web est, aussi, ouvert à toutes les idées, projets et actions afin de faire avancer la profession et donner plus de visibilité aux productions marocaines.
Questions à : Saâd Chraibi, réalisateur et secrétaire général de l’URAM
«Nous allons nous intéresser aux aspects artistiques de la création cinématographique»
Pourquoi l’URAM, alors qu’il y a d’autres organismes qui s’intéressent aux mêmes préoccupations des cinéastes ? Quelle sera donc sa valeur ajoutée ?
Les organismes professionnels qui existent concentrent leur travail et leurs efforts sur les aspects de production, c’est-à-dire sur les volets matériels, structurels et techniques, tandis que l’URAM projette de s’intéresser aux aspects artistiques qui défendent et valorisent le travail de création des réalisateurs, auteurs, scénaristes et compositeurs de musiques de films auprès des autorités, des chaînes de télévision, du Bureau marocain des droits d’auteurs. En ce sens, la valeur ajoutée sera effective par la complémentarité du travail des différents organismes professionnels existants.
Est-ce que la création de cette association ne va pas aggraver la scission déjà en place entre associations et syndicats du secteur ? Puisque vous mentionnez dans votre statut qu’un membre du bureau ne doit pas faire partie d’une autre organisation professionnelle du même secteur ?
Absolument. Nous ne mentionnons pas qu’il ne doit pas faire partie d’un autre organisme. Nous précisons qu’il ne doit pas faire partie d’un autre bureau exécutif d’un autre organisme, justement pour éviter des conflits d’intérêts. Il faut rappeler que la scission qui existait provenait du fait que les deux associations, le GARP et la CMPF, dans leurs formes précédentes se chevauchaient sur les mêmes dossiers et les mêmes revendications. Ce qui a crée un doublon face aux autorités de tutelle. Par contre, depuis la création de l’URAM nous avons reçu un accueil très favorable de la part de tous les collègues et des autorités concernés, à savoir le ministère de la Communication et le Centre cinématographique marocain qui ont tous applaudi la création de notre association, et qu’ils considèrent aujourd’hui comme un lieu de rassemblement et non pas de scission.
Pourquoi le producteur n’a pas de place dans l’URAM ? Alors que l’URAM n’est qu’un prolongement du GARP ?
Justement ce qui faisait problème au GARP c’était le poste de production. Depuis le changement et la disparition de l’aspect production, tout le monde a adhéré aux principes, aux statuts et à la mission de l’URAM. Par ailleurs, du fait que la majorité des cinéastes marocains sont en même temps réalisateurs et producteurs, ils ont tout à fait le droit d’être membres des deux associations. C’est mon cas et c’est le cas de plusieurs collègues.
Est-il possible de réunir un jour toutes ces organisations cinématographiques en une seule qui aura la force de contrecarrer tous les problèmes que connaît le secteur ?
Il s’agit là d’un vieux projet qui a existé et qui a failli voir le jour à maintes reprises. Celui de la fédération des associations professionnelles des métiers du cinéma. Mais, il a avorté pour des raisons de conflits fictifs entre personnes ! J’ai personnellement espoir, maintenant que les esprits se sont calmés, maintenant que les autorités soutiennent nos initiatives, que dans un proche avenir on pourra se mettre autour de la même table avec tous les responsables de toutes les autres associations sans exception, pour la création de cette fédération qui ne peut qu’œuvrer dans l’intérêt commun pour tout le monde.
