Une ambiance particulière anime l’intérieur de la Kasbah. Les brouhahas, joies et odeurs d’encens annoncent l’approche de l’Aïd Al Fitr. Les mosquées sont illuminées pour accueillir des milliers de fidèles qui célébreront la Nuit du Destin et l’Aïd.
Cette ambiance confère à Mohammedia un attrait unique. L’effervescence règne dans les diverses artères de la ville. Les magasins spécialisés dans la vente des vêtements pour enfants et habits traditionnels sont très prisés. C’est l’occasion pour plusieurs commerçants de proposer des offres alléchantes afin d’attirer davantage de clients. Pour cette mère de famille, «les vêtements pour enfants sont de moins en moins chers. On peut trouver des articles à des prix raisonnables». «Je préfère, souligne Brahim père de 3 enfants, faire mes achats à l’avance, sinon on risque de ne pas faire de bonnes affaires. Avant, j’avais l’habitude d’acheter les vêtements de grandes marques pour mes enfants, néanmoins ces dernières années, je me suis rabattu sur les magasins moins chers notamment ceux qui proposent des soldes».
Malgré les prix et les dépenses de plus en plus nombreuses, les familles ne peuvent pas se priver d’acheter des vêtements à leurs enfants. «Dépenser pour l’achat de vêtements en cette période particulière est une tradition, les enfants attendent cette fête avec impatience», nous confie une mère de famille. Cependant, beaucoup de parents se plaignent de la cherté des habits. «Les ménages se rabattent sur les crédits pour ne pas priver leurs enfants des nouveaux habits», souligne un commerçant à Mohammedia. Si certaines familles règlent leurs problèmes grâce aux crédits, d’autres n’arrivent pas à s’en sortir en accumulant frais de Ramadan, vacances, Aïd et rentrée scolaire. Malheureusement, certains vendeurs profitent de l’aubaine pour imposer leur prix. Mais, la concurrence remet tout en ordre.
Nombreuses sont les boutiques qui ont baissé les prix de 50 à 60 % pour encourager les achats. «De plus en plus de familles s’endettent et font des sacrifices pour venir à bout des problèmes pour faire plaisir aux enfants. Il faut savoir que l’achat de nouveaux habits à l’occasion de l’Aïd Al Fitr est une tradition solidement ancrée dans les habitudes marocaines. Elle se perpétue même à l’heure actuelle malgré ses tares», affirme un acteur associatif et sociologue à Mohammedia. Dans ce genre de fête, les familles à ressources financières limitées se retrouvent dans une situation on ne peut plus délicate. Elles sont obligées de s’endetter pour faire plaisir à leurs enfants et avant tout à leur entourage. Les parents se sentent, par conséquent, malheureux alors qu’à l’origine Aid Al Fitr est une occasion de bonheur même pour les plus pauvres.
