Le Royaume s’est inscrit depuis le discours royal du 9 mars 2011 dans une perspective de restructuration de l’État et d’achèvement du processus de démocratisation à travers une normalisation de la vie démocratique. Les élections législatives anticipées du 25 novembre 2011 et l’installation du nouveau gouvernement confirment le changement de rythme et l’élargissement des réformes profondes qui visent la consolidation de l’édification d’un État de droit et l’instauration des règles de bonne gouvernance.
Les réformes engagées traduisent la volonté du Souverain de poursuivre la politique de développement économique et social et de modernisation.
La méthode de l’élaboration des réformes a obéi à une logique orientée vers la consolidation de l’approche participative à travers la concertation avec l’ensemble des forces vives représentatives de la nation.
L’intronisation de S.M. le Roi
Mohammed VI a permis au Maroc d’entrer dans une deuxième phase institutionnelle. Elle a été initiée par la révision des compétences du CCDH qui après un renforcement de son rôle de contrôle est devenu CNDH, la création de Diwan Al Madhalim et sa transformation en Médiateur, la HACA et ensuite par la Moudawana. La grande consécration est constituée par l’instauration de l’IER.
Dans le même cadre, le Maroc a choisi d’intégrer progressivement le système international de protection des droits de l’Homme à travers une adhésion progressive aux conventions internationales en la matière.
Le travail en profondeur du Roi réformiste ne s’est pas arrêté. Les champs politique, social, économique et juridique ont constitué les objets de l’action de mise à niveau: grandes stratégies économiques, l’INDH pour faire associer les citoyens dans l’effort de développement des tissus économiques locaux à travers l’identification des besoins réels de la société, le projet de la régionalisation ou la démocratisation territoriale, le Conseil économique et social…
Une véritable stratégie royale de réformes et d’ouverture qui a muri durant cette décennie et qui est passée de la phase du nouveau concept de l’autorité au nouveau concept de gouvernance.
Le Roi stratège et politique étrangère active
Depuis l’intronisation de S.M. le Roi Mohammed VI, on observe un changement dans la méthode et les moyens d’exécution de la politique étrangère du Royaume qui s’articule autour d’une politique de réorientation, un redéploiement équilibré et une diversification des axes.
On assiste à une diversification et un changement des moyens sans changement dans les objectifs. Face à un conflit qui dure et qui s’adapte à l’évolution des relations internationales, le Maroc conserve le caractère ferme et intransigeant de sa position. L’unité et l’intégrité de son territoire ne sont pas négociables.
La question de la continuité et du changement dans la politique étrangère a fait évoluer notre diplomatie revendicative, à une diplomatie défensive puis depuis une décennie, une diplomatie active et offensive.
Une stratégie claire qui repose sur une compréhension globale du jeu international et se construit au tour de la relation dialectique entre la politique intérieure et la politique extérieure. La politique étrangère ne se base pas sur des principes fixes, mais sur les politiques d’intérêts permanents. La nouvelle approche que le Royaume adopte a le sens du compromis et de l’ouverture. Elle permet d’agir avec objectivité, réalisme et grande souplesse, sans faiblesse. Le contexte international et celui régional connaissent des mutations profondes, rapides et aiguës. La diplomatie impulsée par Sa S.M. le Roi a fait preuve d’une grande capacité d’adaptation aux situations, enjeux et défis nouveaux. Elle se caractérise par la modération, l’équilibre, l’ouverture, le dialogue, la créativité, le pragmatisme, le respect de la légalité internationale, la non-ingérence et le bon voisinage.
Les choix stratégiques et défis que notre diplomatie relève : la question de l’intégrité territoriale et la recherche d’une solution politique définitive, le Maroc a proposé l’autonomie, la gestion des relations difficiles avec le voisinage (avec l’Algérie des dossiers et des questions politiques complexes et épineux telles que la question du Sahara marocain, la délimitation et l’ouverture des frontières…), le Maroc fait de l’Union du Maghreb un choix stratégique. Envers les pays africains, S.M. le Roi a initié une nouvelle stratégie basée sur le principe de la solidarité.
L’Afrique qui représente notre profondeur stratégique est un défi à gagner. Le Souverain a effectué des visites royales dans plusieurs pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. On note aussi la redynamisation du CEN SAD par le Royaume. L’Afrique est au cœur de la politique extérieure du Maroc.
Il faut souligner également le renforcement des relations avec les États-Unis : le Maroc est hissé en partenaire stratégique.
Le Royaume favorise les relations et coopération multilatérales et la diversification des partenaires.
Les relations traditionnelles avec l’Europe et la solidarité arabo-musulmane sont des constantes pour une diplomatie qui a érigé la dimension économique comme un déterminant principal au côté du déterminant politique.
