La place Mohammed V constitue le centre administratif de Casablanca. Pôle des loisirs officiels, civils ou militaires, cette place, qui se nommaient initialement Grand’Place, a été successivement
rebaptisée place de la Victoire, place Lyautey, place Administrative, puis place des Nations unies pour enfin s’appeler aujourd’hui place Mohammed V, répond au programme d’aménagement d’Henri Prost.
À l’image de la ville, cette place est un modèle architectural mêlant harmonieusement les influences modernes et traditionnelles. La place regroupe plusieurs monuments divers et surprenants. Au départ, de vastes terrains de camps militaires constituent cet espace qui se verra affecté dès 1913 à la création de cette place où devront être centralisés tous les organes directifs militaires et civils de la cité moderne. C’est sur cette place, articulation idéale entre les quartiers d’affaires et la Médina, qu’allaient s’élever le Palais de Justice, l’hôtel du commandement militaire, l’Hôtel de Ville, l’hôtel des postes, le Cercle militaire et plusieurs immeubles qui accueillent bureaux, commerces et restaurants installés aux rez-de-chaussée dont la particularité est de surplomber l’esplanade.
L’ouverture de cette place est rendue possible par l’utilisation de l’emprise rectangulaire des anciens camps militaires. Le programme est élaboré par Henri Prost en 1915 et l’ordonnance d’ensemble est dessinée par Joseph Marrast. Un élément essentiel du projet initial est l’îlot du théâtre qui donne au nord de la place un caractère plus pittoresque. Proche de l’architecture publique de la Turquie kémaliste des années 20, la démarche consiste à élaborer des ordonnances modernisées pour les parties centrales des bâtiments, associées parfois à un traitement plus abstrait des annexes. La rencontre entre la lecture de l’art islamique pratiquée par l’équipe de Lyautey et la vision d’une architecture moderne inscrite dans la tradition se révèle féconde et novatrice.
