Le Maroc aura bientôt un plan national de l’eau. Les services du ministère de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement se penchent actuellement, en effet, sur la préparation de ce plan qui va constituer, selon le département ministériel, la principale référence pour mettre en œuvre une politique hydrique nationale, et réguler et intégrer les programmes de tous les intervenants dans ce secteur, dans la perspective d’assurer, quantitativement et qualitativement, les ressources hydriques nécessaires à l’horizon de l’année 2030.
Le plan national de l’eau figure parmi les principales questions à l’ordre du jour de la 10e édition du Conseil supérieur de l’eau et du climat, que le ministère prépare actuellement. C’est ce qu’a révélé récemment le ministre de tutelle, Fouad Douiri, lors des travaux du 1er conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique de Sakia El Hamra et Oued Eddahab, au titre de l’année 2012. La préparation de ce plan s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’eau qui vise, selon le ministre, à garantir et assurer la disponibilité de la ressource hydrique à court terme pour les divers usages.
Le ministère travaille également sur le dossier de l’aménagement des bassins hydrauliques. A cet effet, le ministre a révélé que les agences des bassins hydrauliques ont achevé des études relatives aux schémas directeurs de l’aménagement intégré des bassins.
D’ailleurs, l’Etat continue, d’après le ministère, son appui aux neuf Agences de bassins hydrauliques par le renforcement de leurs capacités en vue de leur permettre d’accomplir les missions qui leur sont assignées par la loi n° 10-95 sur l’eau.
Les contributions financières et l’assistance technique apportées à ces établissements permettent justement de poursuivre les études pour l’actualisation des Plans directeurs d’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE) et de cofinancer des projets concernant la préservation de la qualité des ressources en eau ainsi que la protection contre les inondations.
Il faut rappeler que pour faire face au déficit hydrique que pourra connaître le Maroc, les pouvoirs publics ont entrepris des actions qui ont des résultats probants, d’après le ministère, aussi bien en ce qui concerne la mobilisation de l’eau et le développement de l’irrigation, la gestion des risques climatiques ainsi que le renforcement du cadre réglementaire et institutionnel. L’analyse de l’évolution de la structure du budget du secteur de l’eau durant la période 2003-2010, souligne-t-on, montre qu’une part importante de ce budget est destinée à la mobilisation des ressources hydriques (soit 79,1% en 2010). outefois, nuance-t-on, l’Etat œuvre davantage à consacrer des investissements importants pour la gestion de la demande (économie d’eau d’irrigation, protection des ressources en eau contre la pollution et la surexploitation).
Ainsi, vu l’important potentiel d’économie de l’eau en irrigation (estimé à 2,4 milliards de m3/an), relève-t-on, les pouvoirs publics encouragent l’utilisation des techniques économisatrices en eau, et ce par le biais des incitations financières publiques et la simplification des procédures pour en bénéficier. Ce qui a eu pour effet l’accroissement de la superficie totale équipée en irrigation localisée, qui a atteint 249 605 hectares à fin 2010, soit 14% de plus que les prévisions initiales du Programme national d’économie d’eau en irrigation (PNEEI).
