Lors de cette grande messe du livre, le Maroc n’était pas seulement présent sur un seul espace, comme c’est généralement le cas pour les hôtes d’honneur. La richesse de sa culture était, au contraire, visible sur plusieurs espaces. «J’ai trouvé cela très audacieux. Ces espaces formidables ont montré que la culture marocaine est d’une très grande richesse, grâce aux nombreux livres exposés, à l’art, à la gastronomie et aux plaisirs de tous les sens… J’ai pu constater que la cote d’amour de la culture marocaine dans un sens large est très grande à Genève… Peut-être que nous avons, nous les Suisses, quelques leçons à en tirer», a déclaré Isabelle Falconnier, présidente du Salon.
Pour sa part, Mustapha Alaoui, commissaire et architecte-concepteur du Pavillon, a tenu à préciser que ce dernier a «pu bénéficier de partenariats importants, notamment de Bank Al-Maghrib et de la BNRM qui a présenté une exposition intéressante sur la calligraphie et la monnaie». Sans oublier, le très bel accrochage autour des arts plastiques qui a été rendu possible grâce aux Fondations ONA, Société Générale et Bank Al-Maghrib ainsi qu’au Fonds patrimonial du ministère de la Culture. « Les musées du Maroc ont mis à disposition de notre Pavillon des collections uniques puisque certaines pièces n’avaient jamais quitté le Maroc. La Bibliothèque nationale du Royaume et la bibliothèque Sbihi nous ont fourni des manuscrits uniques», a-t-il ajouté.
Des acteurs culturels venant de tout bord se sont donc mobilisés pour présenter, à une échelle jamais vue auparavant, une culture marocaine de l’excellence. La directrice du Salon, Adeline Beaux a, d’ailleurs, mis en exergue la prouesse technique qu’a été la construction d’un Pavillon décliné sur cinq espaces et a salué «la qualité architecturale du projet et l’exploit technique qu’a représenté sa mise en œuvre». À noter que les Nocturnes, organisées en marge du Salon, étaient l’occasion de spectacles animés par les artistes marocains de renommée internationale comme Hindi Zahra et Hamid El Kasri. Un défilé de mode concocté par le talentueux designer marocain Albert Oiknine a ainsi clôturé la soirée de gala.
Le Maroc d’aujourd’hui...
Une rencontre exceptionnelle a également été programmée avec les co-fondateurs et pilotes de l’avion Solar Impulse, Bertrand Piccard et André Borschberg, avant leur premier vol à l’énergie solaire hors d’Europe, prévu dans quelques semaines à destination du Maroc, en collaboration avec MASEN (Moroccan Agency for Solar Energy), soulignant ainsi l’importance de la promotion des énergies renouvelables au Maroc, «premier pays à avoir relevé le défi d’investir dans l’énergie solaire» ont-ils tenu à souligner. Selon Younès Ajarraï, responsable du pôle Cultures au CCME et directeur de la programmation du Pavillon Maroc, «nous avons voulu cette programmation à l’image du Maroc d’aujourd’hui : plurielle, décomplexée et ouverte sur le monde.
Une mention particulière doit être adressée aux écrivains, cinéastes, plasticiens, artistes et autres conférenciers qui ont répondu présents et donné un caractère exceptionnel à cet événement. En compagnie de leurs éditeurs, ils ont permis au public suisse et aux représentations diplomatiques et onusiennes de voir et d’entendre la richesse, la diversité et l’intelligence d’un Maroc en mouvement, de sa création vivante et à l’écoute du monde», conclut ce dernier. Plusieurs personnalités marocaines du monde politique, diplomatique et culturel ont également participé à plusieurs rencontres et débats.
Des institutions nationales étaient aussi présentes avec leurs publications. À l’issue de cette rencontre, les responsables suisses du Salon, Adeline Beaux et Isabelle Falconnier, n’ont pas caché leur souhait d’envisager un espace réservé au Maroc et au Maghreb en général l’année prochaine. «Cette présence est souhaitable et il faut réfléchir à la forme adéquate pour la mettre en œuvre».
