Après avoir ficelé leur nouveau cadre de partenariat récemment adopté, le Maroc et les pays du Golfe s’apprêtent à passer au concret cette année dans la mise en œuvre de la nouvelle dynamique initiée par le Royaume dans ses relations avec ces pays. En effet, le conseil suprême du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a adopté, fin décembre, le plan de coopération avec le Maroc et la Jordanie, érigés en partenaires stratégiques des pays du Golfe, selon le secrétaire général du conseil, Abdelattif Al-Ziani. Cette dynamique a été surtout favorisée par la visite effectuée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux pays du Golfe en octobre 2012. Ce qui se traduira notamment par l’octroi de dons destinés au financement de projets de développement au Maroc. Cette importante contribution s’élève à 5 milliards de dollars sur la période de 2012-2016, soit un milliard de dollars par an. Cette année, de nouveaux financements commenceront à affluer. Ils devraient contribuer à renflouer les réserves du Royaume en devises.
A noter que ce plan de coopération a été élaboré dans le cadre de la deuxième réunion ministérielle conjointe, tenue le 7 novembre dernier à Manama (Bahreïn), entre les ministres des Affaires étrangères des pays membres du CCG et leurs homologues marocain et jordanien. Le plan prévoit le renforcement de la coopération dans les domaines politique, économique, touristique, de la sécurité alimentaire, du transport, des technologies de l’information, des ressources naturelles, des énergies renouvelables, de l’électricité et de l’environnement, a indiqué le secrétaire général du CGG.
Les pays du Golfe juste derrière la France
Le partenariat devrait profiter aussi à l’enseignement supérieur et technique, à la recherche scientifique, à la jeunesse, au sport et à la justice. C’est un plan qui renforcera assurément davantage les relations économiques entre le Maroc et les pays du Golfe, déjà sur une tendance haussière ces dernières années. En effet, les Investissements directs étrangers (IDE) en provenance des pays du Golfe ont augmenté de 51% en 2011, pour atteindre 7 milliards de DH, contre moins de 250 millions de DH en 2001. Cette montée en puissance des IDE en provenance de ces pays a concerné principalement les Émirats arabes unis, qui ont porté leurs investissements au Maroc à 4,5 milliards de DH en 2011, soit une augmentation de 71% par rapport à 2010, suivis de l’Arabie saoudite avec un montant de 1,6 milliard de DH, soit le triple sur une année.
Cette importante progression des investissements émiratis s’explique notamment par l’accord de libre-échange entre le Maroc et les Émirats arabes unis, signé en juin 2001 et entré en vigueur en juillet 2003 et qui a boosté également les échanges commerciaux.
En effet, depuis son entrée en vigueur, les échanges commerciaux entre les deux pays ont progressé de 41,6% en moyenne annuelle, pour atteindre 3,2 milliards de DH, soit 0,6% du commerce extérieur du Maroc. Les exportations vers les Émirats ont progressé de 54,1% en moyenne sur la période contre 46,3% pour les importations. Il est toutefois à relever que les exportations marocaines vers les Émirats ont atteint 744 millions de DH seulement en 2011, en forte baisse par rapport à 1,3 milliard de DH en 2010. Les principaux produits exportés sont constitués de demi-produits et d’or industriel. Les importations, à 2,5 milliards de DH, sont en hausse de 49,7%, tirées principalement par les demi-produits (54%). Par contre, les IDE émiratis à destination du Maroc ont sensiblement progressé depuis 2003. A retenir que les pays du Golfe se sont classés en 2011 au deuxième rang des investisseurs étrangers au Maroc, juste après la France.
