N ombreux sont les jeunes ruraux qui envisagent de créer leur propre entreprise. Cependant, il leur manque souvent l’orientation et le soutien nécessaires pour concrétiser leurs projets. Il faut dire aussi que le potentiel de cette population en tant que moteur de croissance n’est pas suffisamment reconnu dans les politiques publiques. Ce n’est donc pas pour rien que le Forum du jeune entrepreneur (FJE), organisé les 16 et 17 mai à Marrakech, était axé sur la population rurale. L’événement a réuni plus d’une centaine de personnes, entre acteurs publics et privés, universitaires, experts, associations et organisations non gouvernementales nationales et étrangères.
«Les jeunes dans les zones rurales sont le futur de l’agriculture et du développement local. La population ne cesse de croître et s’accompagne d’un exode rural. La production alimentaire durable et l’offre agricole sont alors menacées. Il faut donc connaitre davantage les besoins et aspirations des jeunes qui peuvent devenir des moteurs de transformation rurale, créant des activités génératrices de revenus et d’emploi», a déclaré pour «Le Matin» Rida Lamrini, président de la Fondation du jeune entrepreneur, organisatrice du Forum. D’après Adil Hidane, adjoint au directeur des études et des prévisions financières au ministère de l’Économie et des Finances, les dépenses d’investissements du département de l’Agriculture (Budget général et Fonds de développement agricole) ont augmenté de 2 à 8 milliards de DH entre 2008 et 2012.
En outre, sur 18,9 millions d’habitants en milieu rural, seulement 5,4 millions sont des actifs, dont 194 719 chômeurs. Mais les jeunes âgés de 15 à 34 ans sont les plus touchés par le chômage (80%). Par ailleurs, en milieu rural, le secteur agricole emploie 72,1% des actifs occupés, alors que l’industrie n’en représente qu’un peu plus de 12%. En outre, 0,7% seulement des actifs occupés en milieu rural sont des employeurs. Renforcer l’attractivité des zones rurales pour les jeunes, l’investissement dans les activités agricoles et non agricoles, ainsi que les infrastructures sociales et économiques est une nécessité afin de leur offrir des perspectives d’emplois, d’entrepreneuriat et des conditions de vie décentes, estime Lamrini.
Pour l’économiste Hammad Kassal, ex-président de la Fédération PME-CGEM, une campagne prospère crée une demande pour les services urbains et devient un débouché pour les produits industriels fabriqués dans les villes. Bien que l’agriculture demeure un employeur majeur pour les jeunes des campagnes, les secteurs de l’industrie et des services fournissent de plus en plus d’emplois et d’opportunités d’entrepreneuriat. Les stratégies sectorielles, dont le Plan solaire, la Vision touristique, la stratégie logistique, le Plan Émergence et essentiellement le Plan Maroc vert, vont davantage favoriser cette tendance. La croissance verte devra générer 48 millions d’emplois dans douze économies mondiales, dont le Maroc, indique le président de la FJE.
