Le Matin : Vous êtes un symbole de réussite pour les jeunes Marocains. Quel message pouvez-vous leur adresser ?
Kamal Oudrhiri : Nous sommes dans un monde dominé par la technologie. Les jeunes sont appelés à s’engager dans cette voie et doivent tirer profit des nouvelles technologies de communication, notamment d’Internet, pour enrichir leurs connaissances. Apprendre à l’école n’est plus suffisant et les étudiants doivent scruter d’autres voies pour compléter ce qu’ils ont appris à l’université. Le futur leur appartient et c’est à eux d’être plus engagés et plus impliqués.
Comme chacun le sait, le monde change de plus en plus vite et nous devons nous y adapter. J’ai constaté que nos étudiants au Maroc sont très brillants. Ils ont une très bonne formation théorique. Cependant, elle doit être enrichie par l’apport technologique.
Pouvez-vous nous faire une évaluation de la recherche scientifique au Maroc ?
Je ne suis pas bien placé pour évaluer la recherche scientifique au Maroc, mais tout ce que je peux dire est que cette recherche constitue un problème pour tous les pays du monde, y compris les plus développés. On enseigne encore de la même manière qu’il y a cent ans. Alors que notre environnement ne cesse d’évoluer. À mon avis, la recherche scientifique ne dépend pas uniquement des moyens matériels et financiers. Plusieurs pays lui ont consacré des budgets colossaux, mais le résultat n’était pas à la hauteur des attentes. De toute façon, quelles que soient les sommes allouées à ce domaine, elles seront toujours insuffisantes. La recherche scientifique doit être intégrée dans une vision globale avec une approche méthodologique. Elle se construit d’une manière graduelle dans un processus en perpétuel changement. La recherche scientifique doit répondre aux spécificités économiques de chaque nation. À titre d’exemple, le Maroc, qui a déjà réalisé quelques progrès dans le domaine de l’innovation, peut développer la recherche scientifique dans certains secteurs tels que les phosphates ou les énergies renouvelables. Si j’ai un avis à partager avec mes compatriotes marocains, c’est de ne pas répéter les erreurs des autres.
Est-ce qu’il y a une possibilité pour que votre association «Grove of Hope» (Jardin d’espoir) puisse aider nos jeunes étudiants désirant continuer leurs études aux États-Unis, notamment dans le domaine de la recherche spatiale ?
En toute honnêteté, aujourd’hui plus que jamais, 90% des supports, des manuels et du matériel sont en anglais. C’est une langue qui doit être enseignée à tous les niveaux du cursus scolaire. Les étudiants doivent nécessairement maîtriser la langue anglaise pour pouvoir terminer leurs études. Nous essayons d’établir des partenariats avec les universités marocaines en vue d’enseigner l’anglais à distance gratuitement aux étudiants et aux enseignants marocains. Nous avons commencé ce programme dès 2003 et nous effectuons des visites à certaines universités marocaines au moins deux fois par an. Nous travaillons même avec des écoles primaires et secondaires en mettant l’accent sur l’apprentissage des sciences aux jeunes enfants.
Nous organisons aussi des conférences et nous initions des étudiants à la gestion de projets par l’usage de l’anglais. La motivation ne manque pas des deux côtés, mais il faut absolument trouver une solution au problème de la langue anglaise. C’est le seul obstacle qui se dresse devant les étudiants marocains désirant étudier dans les pays anglophones.
