La région Fès-Boulemane présente une diversité climatique qui engendre une variabilité territoriale en termes de productions animales. Ainsi, parmi les filières animales retenues dans le Plan Maroc vert au niveau de la région, celle des viandes rouges qui acquiert une grande importance vu le rôle socio-économique de premier plan qu’elle joue dans la promotion de l’élevage en particulier et celui du secteur agricole en général. Cependant cette importante filière se trouve actuellement, confrontée actuellement à plusieurs difficultés.
En effet, outre l’absence du savoir-faire dans l’élevage, les associations et coopératives qui existent trouvent leur activité se réduire à la distribution des aliments subventionnés au cours des périodes de sécheresse au lieu de remplir leur mission principale d’encadrement et de vulgarisation pour l’amélioration de la productivité.
Face à cette situation, plusieurs mesures sont retenues dans le cadre du Plan Maroc vert au niveau de la région. Il s’agit essentiellement de l’augmentation de la productivité moyenne ovine de 11 kg/unité actuellement à 17 kg/unité à l’horizon 2020 et la productivité moyenne bovine de 120 kg/unité à 185 kg/unité, l’amélioration de la structure génétique par la sélection des races ovines et la purification des races bovines à viandes, l’organisation de la profession et sa redynamisation en plus de la spécialisation des systèmes de production qui s’avère être une composante déterminante dans le développement de la filière. «L’amélioration de la productivité du cheptel passera nécessairement par la spécialisation des systèmes de production présentant un avantage comparatif. Pour les ovins, le système de production pastorale sera une zone de naisseurs et les régions agropastorales autour des grands centres de consommation se spécialiseront de plus en plus dans l’engraissement.
Une telle spécialisation permet également de décongestionner les parcours à un jeune âge juste après sevrage. Pour la production de la viande bovine, la même approche de spécialisation des systèmes de production sera retenue en zones naisseurs (régions montagneuses et plateaux arides) et zones d’engraissement déjà connues pour cette activité autour des grands centres de consommation», précise-t-on à la Direction régionale de l’agriculture (DRA) de Fès-Boulemane.
Par ailleurs, le croisement industriel sera également encouragé dans les régions disposant d’un potentiel alimentaire suffisant autour des grandes agglomérations.
Ces mesures devraient ainsi permettre l’amélioration des revenus des agriculteurs, la contribution à la sécurité alimentaire, l’intégration de la filière dans l’économie nationale, ainsi que la protection de l’environnement et la sécurisation du potentiel de production.
Par ailleurs, pour ce qui est de l’accompagnement du développement de cette filière par la Direction régionale de l’agriculture de Fès-Boulemane (DRA), il se concrétise à travers deux volets. Le premier volet est relatif à l’encouragement des investissements privés (construction des étables et bergeries, matériel d’aliments de bétail…) pour l’intensification de la production animale à travers les subventions attribuées dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA) par une enveloppe budgétaire de 15,3 millions de DH attribuée au cours de l’exercice 2012.
Quant au deuxième volet, il concerne la mise en œuvre, depuis 2010, d’un projet Pilier II dans le cadre du Plan agricole régional (PAR) pour le développement de la filière viandes rouges ovines à la province de Boulemane avec une enveloppe budgétaire de 19,86 millions de DH. Ce projet s’articule sur la création de cinq 5groupements ANOC (Association nationale ovine et caprine) avec la construction et l’aménagement d’une unité d’embouche d’une capacité de 8 000 têtes/an dans la CR d’Enjil.
