Ce Programme des Jeunes leaders marocains (JLM) qui a été fondé par Hakim Semmami est une initiative 100% Marocaine. Ayant un but non lucratif, cette compétition nationale se dédie au développement humain et durable. Lors de la seconde édition de ce concours des Jeunes leaders marocains (JLM), se déroulant à l’École nationale de l’industrie minérale (ENIM) de Rabat, c’est l’École nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Kénitra qui a remporté le concours après une journée de présentation. En effet, durant toute la journée, les 10 équipes finalistes ont procédé à la présentation de leur projet devant un jury. Les 10 étudiants ont ainsi eu 35 minutes de présentation orale pour exposer leur projet au mieux. Pour ce qui est des projets, les 1 500 étudiants en compétition ont commencé à les travailler en décembre dernier. Dès lors, ils ont tout mis en œuvre afin de trouver des idées qui répondront au mieux aux quatre critères sur lesquels ils allaient être jugés le jour de la finale. Cette dernière s’est déroulée en deux phases :
Tout d’abord, il y a eu durant toute la matinée, la confrontation des 10 équipes demi-finalistes simultanément et ce dans trois salles différentes devant trois jurys différents venant de «divers types d’activité», souligne Hakim Semmami. En effet, le jury a été invité via une large sélection à travers diverses connaissances et le réseau JLM. Il se compose aussi bien de financiers, d’ingénieurs, d’ex-ministres, de nos partenaires, d’artistes, de présidents d’entreprise, de membre du gouvernement… En fait l’idée est de le diversifier le plus possible», souligne-t-il.
Ainsi, trois équipes ont été choisies pour la finale dont l’UIT Kénitra, l’FSJES Ain Sebaa et l’ENCG Kénitra.
Cette finale s’est déroulée l’après-midi, toujours devant ce même jury. D’ailleurs, avant l’annonce des résultats, tous les étudiants étaient rassemblés dans l’amphithéâtre de l’ENIM. Et alors qu’ils sont en concurrence, les étudiants étaient simplement heureux de partager cette journée ensemble. Lors de la présentation des équipes et durant le diaporama d’images, les étudiants ont tous crié et ont applaudi les uns les autres. Une vraie ambiance bonne enfant. Puis, lors de la cérémonie de remise des prix, il y en a eu 7 de décernés dont 6 prix COSUMAR, récompensant les meilleurs projets répondant au mieux au critère environnemental. Puis, il y a eu la remise du fameux prix pour l’équipe championne. Cette année c’est l’ENCG de Kénitra qui a remporté le prestigieux prix «Champion national JLM 2013». Ainsi, dans le cadre de la «Mission des Ambassadeurs JLM», les vainqueurs représenteront le Maroc lors de la rencontre du MeDESS de l’Économie sociale et solidaire qui se tiendra à Tunis du 2 au 4 mai prochain.
QUESTIONS À : Hakim Semmami, fondateur de JLM
«Les jeunes font des efforts extraordinaires pour atteindre leur objectif»
Comment avez-vous eu l’idée de créer un tel projet ?
L’idée est partie d’une vraie conviction qui est que les jeunes Marocains ont beaucoup à donner, mais ce pays ne leur donne pas l’opportunité de s’exprimer.
Par ailleurs, il y a également une part de frustration. C’est-à-dire que je trouve que les médias font régulièrement des couvertures sur les projets des étrangers alors que les Marocains n’ont pas forcément cette reconnaissance et cette valeur. Donc c’est l’occasion de prouver ce que les jeunes Marocains sont capables de réaliser !
Quelles sont les étapes pour lancer un projet
de ce genre ?
Cela n’a pas été simple de le faire débuter. On a dû s’organiser grâce à diverses associations. Le lancement a été en réalité une réelle difficulté sur le plan administratif, et également pour rameuter des juges. Heureusement, des personnes ont cru en nous depuis le départ et nous ont aidés pour lancer cette belle aventure.
Pourquoi avoir lancé un tel projet ?
Mon souhait est de pouvoir faire de JLM un travail à temps plein ce qui est dur, car pour l’instant nous n’avons pas de subvention. Ce qui est le plus énervant est qu’elle nous a été accordée par le ministère du Développement social et que nous avons signé un partenariat devant nous donner 600 000 DH par an. Toutefois cela fait deux ans que nous créons cette compétition avec zéro dirham. Cependant, notre partenaire Cosumar a financé une petite partie des activités cette année.
Depuis quand y travaillez-vous ?
Je travaille sur ce projet depuis début 2011 et le lancement officiel a été fait en décembre 2011. Pour convaincre les étudiants, cela a été plus simple, car ils sont demandeurs d’activité de ce genre. En effet, grâce à ces projets, ils se forment, apprennent de nouvelles choses, s’épanouissent et surtout font de nombreuses rencontres qui pourront les aider sur le plan professionnel. Au départ, nous avons contacté 5 ou 6 écoles et ensuite, c’est les écoles qui venaient vers nous d’elles même. Par ailleurs, avec ce programme, j’accompagne les
1 500 étudiants toute l’année via des projets de terrain et divers coaching. Je tiens absolument à rendre visite à toutes les écoles pour travailler avec ces jeunes sur un minimum de
4 sessions coaching. Cela représente beaucoup de travail, mais je le fais avec plaisir.
Qu’est ce que vous ressentez en entendant les étudiants crier «Hakim,
on t’aime» ?
Quand j’ai entendu et vu leur acclamation, je me suis dit : on a atteint le but. De voir des jeunes fiers de ce qu’ils ont réalisé me fait énormément plaisir, j’en avais d’ailleurs les larmes aux yeux d’émotion et de reconnaissance. Ce projet me consomme beaucoup d’énergie et d’argent, mais JLM est un bébé que j’ai créé avec énormément de conviction.
Quand je le vois grandir ainsi, je ne peux qu’être fier. J’ai 1 500 étudiants de partout dans le royaume et je les connais presque tous. Ils font des efforts extraordinaires pour atteindre leur objectif et c’est exceptionnel.
