Après six rounds de négociations, un nouveau protocole de pêche liant le Maroc et l’Union européenne a été paraphé, hier à Rabat, par le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, et la commissaire européenne en charge des affaires maritimes et de la pêche, Maria Damanaki. Portant sur une durée de quatre ans, l’accord prévoit six catégories de pêche avec une réduction des possibilités de pêches par rapport à l’ancien protocole, en autorisant 126 navires européens à opérer dans les côtes marocaines (de Tanger à Lagouira) contre 137 auparavant. La contrepartie financière totale annuelle estimée du protocole se chiffre à 40 millions d’euros, dont 14 millions dédiés à la poursuite de la mise en œuvre du plan Halieutis en vue du renforcement économique du secteur de la pêche nationale tout en assurant une gestion durable et responsable des ressources halieutiques. C’est ce qu’a tenu à assurer Aziz Akhannouch lors d’un point de presse tenu hier à Rabat. «Nous considérons qu’il s’agit d’un accord équilibré et juste pour les deux parties. Il prend en compte toutes les considérations en termes de durabilité et de préservation de la ressource maritime», a-t-il relevé à plusieurs reprises.
Les deux parties se sont basées, lors des négociations, notamment sur les avis des scientifiques relatifs à l’état des stocks halieutiques, leur évolution lors des dernières années ainsi que sur l’évaluation du niveau d’utilisation des possibilités de pêche du précédent protocole. Outre l’aspect environnemental et financier, le protocole a pris en compte l’augmentation du nombre des marins marocains embarqués à bord par navire de 8 à 16. C’était l’une des requêtes majeures des marins marocains qui étaient certes présents sur les navires de pêche européens opérant dans les eaux nationales. Mais les syndicats demandaient une présence accrue des professionnels marocains sur ces bateaux. Sur le plan du contrôle, des mesures sont prévues pour faire le suivi des activités des navires, à travers notamment la programmation de missions de contrôle conjointes, l’embarquement des observateurs à bord et le renforcement du contrôle par satellite.
Le protocole semble être bénéfique pour les deux parties. Il restera, pour le moment, en suspens. Il ne pourra entrer en vigueur qu’après son approbation par le Parlement européen et l’Institution législative marocaine. Ainsi, rien n’est encore sûr. Le rejet par les députés européens le 14 décembre 2011 – pour des raisons politiciennes – de la prolongation de l’accord de pêche entre l’Union européenne et le Maroc en avait étonné plus d’un, sachant que l’accord avait été avalisé par la Commission en juillet de la même année. Le doute plane donc toujours sur l’issue du nouveau protocole, bien que la commissaire européenne se dise optimiste et qu’elle s’engage à le défendre auprès du Parlement européen.
L’optimisme de la responsable européenne est partagé par le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime qui appelle les parlementaires à se mobiliser en faveur de ce protocole. «L’intérêt est d’accélérer le processus d’adoption de cet accord par les deux parties», a conclu M. Akhannouch. Rappelons que les négociations pour la conclusion d’un nouvel accord ont été entamées en novembre 2012. Les six réunions tenues entre les deux parties ont permis de débattre des problèmes d’ordre technique qui ont été visiblement résolus (nature des bateaux à autoriser à opérer dans les eaux marocaines, types de poissons à capturer, zones concernées par l’accord…).
