Au cœur de la Médina de Marrakech, un nouvel espace dédié à toutes les pratiques artistiques est né : «Le 18». Né sous l’impulsion de la photographe Laïla Hida, ce lieu se veut un laboratoire de réflexion au même titre qu’un lieu convivial de rencontres et d’échanges et un café littéraire.
Avec une architecture et un décor simples, «le 18» est situé à Derb El Ferrane, un quartier populaire des plus connus de la ville ocre. «L’idée est plus importante que le lieu. C’est les invités qui feront la magie de ce lieu.
«Le 18» est une plateforme d’échange et de réflexion où toutes les tendances artistiques, mêmes les plus avant-gardistes, sont les bienvenues. Nous souhaiterons à travers cet espace culturel accueillir les artistes et intellectuels de tous bords et ouvrir plusieurs débats autour de la création», explique Laïla Hida, fondatrice de «Le 18».

Pour elle, la Médina, poumon de la ville ocre, manque d’infrastructures dédiées à l’art et la culture, et d’événements dans ce sens. Toutes les activités, les grands événements se déroulent au centre-ville de Marrakech. Pour combler ce vide, elle a pensé à créer un lieu qui soit accessible à tout le monde.
Pour mieux appuyer cette approche de «la culture pour tous», Laïla Hida cherche en ce moment à établir des partenariats avec différentes institutions étatiques et privées. Mais en attendant, elle a déjà élaboré un programme bimensuel, un samedi sur deux, pour les trois prochains mois. «Pour l’instant, nous sommes dans une phase “test”.

Nous essayons petit à petit à mettre en place un bon fonctionnement et à trouver un rythme pour cela», ajoute-t-elle. Et à partir du mois de janvier 2014, elle organisera, avec le concours de ses partenaires, des rendez-vous hebdomadaires autour de toutes les facettes de l’art. Il y aura des cycles de projections-débats avec des intervenants éminents dans le domaine, des concerts de musique et de chant, des spectacles de danse, des pièces théâtrales, des séances de lecture, des rencontres littéraires et un programme alternatif spécialement réservé au conte traditionnel et authentique.
Pour inaugurer ce cycle, pour l'instant bimensuel, «Le 18» a ouvert ses portes, samedi dernier à 20 h, à une performance de danse contemporaine de la troupe Anania, assurée par un de ses fondateurs, Taoufiq Izeddiou. Et ce, dans le cadre d’un cycle mensuel appelé «Danse et autres expressions», consacré à cette discipline encore méconnue du public marocain et qui n’a pas la place qui lui sied dans le paysage culturel et artistique du pays. Organisé conjointement par «le 18» et la compagnie Anania, ce rendez-vous tend non pas à vulgariser cette expression potentiellement riche, mais simplement à la rendre accessible à tout le monde.
La présentation de la Compagnie Anania a été confiée à Bouchra Salih qui contribue grandement à la réussite de l’événement annuel «On marche», Festival international de danse contemporaine à Marrakech. Au programme de cette soirée, le public présent avait rendez-vous avec la projection de films autour du répertoire chorégraphique de Taoufiq Izeddiou : «Aataba», «Aaleef» et «100 pas presque», suivi d’un débat sur les différents aspects de la danse contemporaine au Maroc.

Et enfin, il y a eu une performance empreinte d’improvisation du danseur Kamal Aaddissa, membre de la même compagnie. Pari réussi pour ce premier rendez-vous qui sera suivi de plein d’autres événements dans le même esprit et la même démarche : promouvoir la culture et les arts.