Menu
Search
Jeudi 23 Avril 2026
S'abonner
close

«Zéro déchet», une action citoyenne

Les faits : Mamoun Ghallab, un jeune Casablancais a eu l'idée originale de se lancer un défi, celui de produire zéro déchet.

«Zéro déchet», une action citoyenne
Le meilleur moyen de réduire la quantité moyenne de déchets générés est de faire des achats intelligents, de recycler ce qui peut l'être, mais aussi de penser au compost.

Mamoune Ghallab, jeune Casablancais âgé de 28 ans, s’est lancé dans un défi inédit. Celui de ne produire quasiment aucun déchet d’ici la fin de l’année. L’idée, assez unique, lui est venue quand il a remarqué que les déchets dans la ville sont très mal gérés et qu’ils se trouvent donc éparpillés un peu partout. Il a donc commencé le projet, qu’il a appelé Zero Zbel Xperience, au début du mois d’août 2013, et a créé un blog (zerozbel.wordpress.com) dans lequel il partage ses idées et les résultats de ses expérimentations avec ses lecteurs. «À travers Zero Zbel Xperience, j’ai envie de prouver que tout citoyen peut réduire la quantité de déchets qu’il génère au quotidien, par des gestes simples et sans changer radicalement son mode de vie», nous confie Mamoun Ghallab.

Le défi personnel de Mamoun a donc pour but de trouver des solutions simples pour réduire au maximum les déchets produits au quotidien. Étant donné qu’il n’y a pas au Maroc de statistiques sur la quantité moyenne de déchets que produisent les ménages, le jeune Casablancais a commencé par peser les déchets qu’il produisait pendant un mois. Il a trouvé qu’il générait 15 kg de déchets chaque mois, soit l’équivalent de 180 kg de déchets par an. «Depuis ce diagnostic, j’explore différents moyens de réduire mon “impact déchets”, et j’ai déjà trouvé plusieurs solutions efficaces et faciles à mettre en œuvre. Pour clore l’expérience au mois de décembre, je prévois de refaire un diagnostic de ma production de déchets pour évaluer les résultats de Zero Zbel Xperience», nous dit Mamoun, confiant que les résultats de son projet seront très positifs !
Selon Mamoun, le moyen d’action le plus efficace, et le plus simple à mettre en œuvre est tout simplement d’éviter les déchets qui ne sont pas indispensables. Réutiliser certains déchets et en recycler d’autres (notamment les déchets organiques en faisant du compost) peut s’avérer une bonne action à entreprendre, mais la réduction à la source reste, selon lui, la meilleure solution.

Une action individuelle pourrait-elle régler le problème de déchets ? Pour Mamoun, il y a deux leviers de vitesse complémentaires quand il s’agit de déchets. D'abord, il y a l’éducation et la sensibilisation des citoyens, et aussi la réalisation d’investissements structurels pour moderniser les filières de gestion des déchets. «L’éducation et la sensibilisation aideront à faire évoluer positivement nos pratiques quotidiennes. Cela passe par des programmes d’éducation civique et environnementale à l’école, mais aussi par des campagnes de communication fortes envers les adultes. Et le développement de filières modernes de collecte et de gestion des déchets permettra la création d’industries du recyclage générant de la valeur économique pour le pays et une meilleure protection de l’environnement», explique Mamoun Ghallab. Il insiste tout de même sur un point : moins l’on produira de déchets, plus il sera facile pour l’État de gérer correctement cette problématique, et de même, plus vite l’État prendra ses responsabilités en la matière, plus les citoyens seront encouragés à agir.

Lisez nos e-Papers