Présenté par le conservateur anglais Charles Tannock, le rapport du Parlement européen sur les droits de l’Homme dans la région du Sahel a été adopté mardi dernier à Strasbourg. Le document souligne l’engagement du Royaume du Maroc en matière de consolidation des droits de l’Homme et «rappelle, à cet égard, la signature et la ratification par le Maroc de plusieurs traités internationaux relatifs aux droits de l’Homme». Il s’agit notamment, précise le rapport, «de la Convention internationale des Nations unies pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention des Nations unies contre la torture, la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Déclaration des Nations unies sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme».
Amendé et voté, le rapport Tannock «note le travail efficace du CNDH et salue les efforts, reconnus par les Nations unies, déployés pour améliorer la documentation des allégations de violations des droits de l'Homme au Sahara, en particulier par l'intermédiaire du Conseil national marocain des droits de l'Homme (CNDH), qui dispose de bureaux à Laâyoune et Dakhla». Le même rapport précise en outre que le Parlement européen «accueille positivement l'adoption, par le Maroc, en 2012, de trois des cinq recommandations du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation des droits de l'Homme au Sahara».
Outre les efforts de renforcement des droits de l’Homme, le rapport met en avant la transparence et l’ouverture qui caractérisent l’approche du Royaume en la matière. C’est ainsi qu’il rappelle que le Parlement européen se félicite des «invitations marocaines aux délégations internationales ad hoc, y compris les différentes procédures spéciales et notamment le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture». Mieux encore, le document souligne les conclusions des Nations unies sur les droits culturels selon lesquelles «elles observent avec satisfaction les dispositions relatives au respect des droits culturels qui ont été incluses dans la nouvelle Constitution marocaine et saluent la mise en place d’une chaîne de télévision sahraouie».
Après avoir salué les avancées du Maroc et son rôle en tant qu’acteur majeur de paix et de stabilité dans la région, le rapport du Parlement européen fustige en revanche l’opacité et la fermeture qui caractérisent la gestion des camps de Tindouf, sur le sol algérien. Le rapport souligne sans équivoque l’implication de l’Algérie dans le conflit du Sahara. Il note ainsi «le manque d'informations claires concernant le nombre précis des habitants des Camps», en «demandant aux autorités du polisario et de l'Algérie de mener ou de faciliter des recensements réguliers ou des enregistrements officiels».
Le parlement européen enfonce le clou davantage en mettant l’accent sur «l'importance capitale de garantir la sécurité et la sûreté des camps» et en demandant «aux autorités algériennes d'assumer leurs responsabilités pour améliorer la situation des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf». Mieux encore, il confirme ce que le Maroc a toujours dénoncé : le blocus médiatique imposé aux populations des camps et aux observateurs étrangers. Le rapport «appelle le polisario à accorder aux observateurs indépendants des droits de l'Homme un accès libre, régulier et illimité aux camps et à enquêter rigoureusement sur chaque allégation». Il se déclare également préoccupé par «la pauvreté et le manque de services de base dans les camps de réfugiés administrés par le front polisario près de Tindouf, surtout en ce qui concerne la nutrition, les soins de santé et l'accès à l'eau potable».
