Après le débat houleux suscité par l’annonce de l’imposition d’une nouvelle redevance sur les titres de voyages, le ministre de tourisme a choisi de communiquer et de justifier auprès de l’opinion publique les raisons ayant motivé ce choix. D’après le chef de ce département, qui s’exprimait mercredi dernier dans le cadre d’une conférence de presse, cette nouvelle taxe a pour objectif de renforcer les ressources dédiées à la promotion touristique et de favoriser l’attractivité de la destination afin d’attirer les touristes en provenance de nouveaux marchés.
Il est à rappeler que dans le cadre des amendements apportés au projet de loi de Finances, il a été décidé d'instaurer une taxe fixée à hauteur de 100 DH à l’achat d’un billet économique (classe économique) pour tout voyageur (marocain ou étranger) qui compte se rendre à une destination internationale, alors qu’une taxe de plus de 400 DH sera imposée pour les billets de première classe et de classe des affaires (pour l’aller ou le retour à partir du Maroc). Le montant de la taxe sera inclus dans le prix du billet et sera ensuite prélevé auprès des sociétés de transport aérien qui seront redevables auprès de l’État et seront tenues de lui verser par conséquent les sommes collectées auprès des clients.
Pour le ministre de Tourisme, l’instauration de cette nouvelle redevance se justifie par la volonté du gouvernement de concrétiser les ambitions et les objectifs de la Vision 2020 dont la réalisation nécessite la diversification et la pérennisation des sources de financement du dispositif de promotion du tourisme. «La réalisation des ambitions et objectifs de la Vision 2020 nécessite un budget de 13 milliards de dirhams sur la période 2011-2020 pour accompagner l’effort de la promotion du Maroc. Or le budget actuel alloué à la promotion du tourisme demeure insuffisant et émane, je le rappelle, de deux principales sources de financement, à savoir le budget de l’État sous forme de subvention à l’investissement de promotion, qui avoisine une moyenne annuelle de 300 MDH, et les recettes de la taxe de promotion touristique payée par les clients séjournant dans les établissements d’hébergement classés, estimées à près de 100 MDH et qui sont intimement liées au niveau des nuitées», explique le ministre.
La mise en place de cette taxe de voyage semble donc être la solution ultime pour augmenter le budget alloué au secteur et satisfaire les engagements dans ce domaine. En effet, il est prévu de verser les recettes de cette redevance pour soutenir équitablement l’Office national marocain du tourisme et le Fonds d’appui à la cohésion sociale.
Évoquant l’impact de cette taxe sur le simple voyageur, le ministre a tenu à affirmer que cette redevance ne représentera que 2 à 3% du billet et n’aura aucun impact sur la commercialisation des billets. «Le Maroc demeure une destination de luxe ou de moyen standing. Les touristes qui visitent notre pays séjournent moins que dans les autres pays de la méditerranée et pourtant, ils déboursent plus. En partant de ce constat, je peux affirmer que l’imposition de cette taxe n’aura pas d’incidence directe sur la vente des billets ni sur le mouvement des voyageurs», conclut M. Hadad.
