Le bac professionnel entrera en vigueur à la prochaine rentrée scolaire 2014-2015 et portera sur 4 filières, à savoir : la maintenance industrielle, l'industrie mécanique, la construction aéronautique et la conduite d'une exploitation agricole. Le choix de ces filières n'est pas fortuit. Il s'explique, notamment, par l’importance de ces secteurs dans l’économie nationale et la dynamique de développement qu’ils connaissent ces dernières années. Ces filières-métiers répondent, également, aux besoins exprimés en matière de ressources humaines qualifiées. Dans ce sens, les responsables gouvernementaux ayant assisté à la cérémonie de lancement du bac professionnel se sont tous félicités de cette initiative qui permettra de «rehausser le niveau des entreprises, stimuler la compétitivité et de développer l'économie nationale». D'ailleurs, l'une des particularités de cette formation est l'implication directe des professionnels dans la conception de ce projet, notamment dans l'identification des modules professionnels.
Cette nouvelle formation s'assigne comme objectif le renforcement de l'insertion professionnelle des bacheliers dans le tissu économique tout en leur donnant la possibilité de poursuivre leurs études supérieures. Ce qui n'était pas le cas auparavant. Avec un bac professionnel, les diplômés peuvent aller au-delà du Bac+2, a indiqué Abdelâdim El Guerrouj, ministre délégué chargé de la Formation professionnelle, en ajoutant que cette formation ouvre de nouveaux horizons aux diplômés aussi bien au niveau de la formation, via des études supérieures, que sur le plan de l’insertion dans la vie professionnelle.
Du point de vue de Aziz Akhennouch, le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, la mise en place d'une filière agricole dans le cursus du bac professionnel contribuera à l'instauration d'un nouvel environnement en faveur de l'élève en milieu rural». Pour lui, c'est une solution qui contribuera à lutter contre l'exode rural. Outre ces considérations, le bac professionnel se veut un canal qui permettra un rapprochement entre le système de l'éducation et de la formation, d’un côté, et le marché du travail, de l’autre, tout en valorisant la voie professionnelle dans le système d'éducation et de formation. Rachid Belmokhtar, le ministre de l’Éducation nationale se dit convaincu de la réussite du modèle du bac pro, qui sera instauré pour la première fois au Maroc. Mieux encore, il compte, à l'avenir, élargir ce concept Formation/Éducation aux écoles primaires et aux collèges. Concrètement, cette nouvelle formation sera marquée par une organisation pédagogique spécifique.
Celle-ci sera articulée autour de 3 principales composantes : les cours d'enseignement général dispensés au sein des lycées ; des cours et des travaux pratiques réalisés dans les centres de formation professionnelle ainsi que des stages pratiques effectués dans les milieux professionnels. Le programme pédagogique sera adapté aux contenus des matières d'enseignement général. Il sera ainsi axé sur un dosage équilibré des matières scientifiques par rapport au bac scientifique et technologique et un renforcement de la communication et de la culture générale en langues étrangères (français et anglais).
La culture générale en langue arabe ne sera pas en reste. Dans une première phase, cette formation sera dispensée au niveau de 4 académies régionales : Grand Casablanca, Rabat Salé Zemmour Zaër, Gharb Cherarda Bni Hssein et Tanger-Tétouan. Le choix de ces régions tient compte de l'implantation des entreprises opérant dans les filières autour desquelles s'articulera la formation. Sur ce point, Rachid Belmokhtar a affirmé que le bac professionnel portera sur d'autres filières et secteurs suivant les besoins de chaque région.
