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«Je serais comblé si mon équipe dispute la finale contre le Real Madrid»

Homme d’affaires à la tête d’un groupe tentaculaire, vice-président de la Fédération royale marocaine de football, responsable de la commission d’infrastructure du même organe fédéral et surtout président du Moghreb de Tétouan, Abdelmalek Abroun est un homme qui n’a pas le temps de se gratter la tête. Après avoir engagé un long processus de réhabilitation dans le MAT, qui a abouti aux deux premiers titres de l’histoire de la formation nordiste, Abroun aspire maintenant à s’ouvrir à «de nouveaux horizons».

«Je serais comblé si mon équipe dispute la finale contre le Real Madrid»

Matin Sports : Créé en 1929, le Moghreb de Tétouan a dû attendre 2012 et 2014 pour se voir enfin sacré. Quel est le secret de cette éclosion ?
Abdelmalek Abroun : Je suis venu avec une politique bien claire en 2005. Avant, le club faisait l’ascenseur entre la première et la deuxième division et n’arrivait pas à se maintenir plus d’une saison en Élite 1. Il n’y avait aucune infrastructure digne de ce nom, exception faite du stade de Saniet R’mel dont la pelouse était dans un piteux état. J’ai commencé par tracer un programme sur trois volets : le court, moyen et long terme. Même si la majorité des Tétouanais y voyaient un projet chimérique, j’ai insisté à aller jusqu’au bout. D’abord, il fallait amener la ville de Tétouan au-devant de la scène footballistique. J’ai investi de mes propres fonds pour recruter des joueurs capables de nous maintenir en Elite 1. Plus tard, il y a eu une grève dans le rang des joueurs de l’équipe première. Et nous avons profité de cet événement pour engager les joueurs issus de notre centre de formation épaulée par certains anciens qui voulaient continuer l’aventure avec le club, comme Abderrazak Lemnasfi, Yassine Lakhal et Abdelkader Fall. Cette équipe a remporté le championnat national saison 2011-2012 en plus du tournoi Challenger Espoir, et le titre de la saison 2013-2014.

Mais cet essor ne dépend pas uniquement des joueurs et de l’équipe première...
En effet, le MAT est devenu un grand club, avec des infrastructures de haut niveau, une administration en bonne et due forme qui m’aura coûté 500 millions de centimes, une pelouse agréée par la FIFA… J’espère que la participation au Mondialito nous apportera le soutien de sponsors internationaux et des partenariats fructueux. Pour l’intérêt des joueurs aussi, j’espère qu’ils se distingueront assez pour prétendre à une place dans des clubs européens.

Cette refonte du MAT a dû vous coûter une bagatelle, et vous a certainement poussé à diversifier vos sources de revenus…
Écoutez, je n’ai pas essayé de tirer du profit de mon poste de président, c’est tout le contraire. J’ai donné de ma personne pour que le MAT atteigne ce niveau. Aujourd’hui, le club tourne avec un budget de 3 à 4 milliards de centimes chaque année. J’ai réussi à signer des contrats de sponsoring avec des firmes internationales comme Samsung, LG, Sony ou Bosh. Grâce à leur apport, on a actuellement des ressources financières stables. Avec l’effort qu’on a fourni sur le plan marketing, nous arrivons à nous en sortir sans devoir cravacher à la fin de chaque saison. Aussi, on consacre 20% de nos recettes à l’investissement, comme la construction de nouveaux terrains à El Mellaliyine (près du centre de formation). Nous préconisons aussi un mode de gestion transparent et rigoureux, basé sur la responsabilité et la fiabilité. Il faut savoir que le MAT emploie 165 personnes, soit une charge mensuelle de 140 millions de centimes. Nous avons aussi recours à un cabinet de comptabilité, l’un des meilleurs sur le plan national. C’est important d’injecter de grosses sommes pour démarrer, mais il est également crucial de savoir pérenniser les acquis grâce à une bonne gestion. Par ailleurs, la FRMF a porté sa subvention à 6 MDH, les élus locaux ont augmenté leur subvention de 2 à 3,5 MDH, la région a restauré notre stade avec 7 MDH…

Cela fait déjà quatre ans que vous réitérez votre confiance à Aziz El Amri, malgré quelques périodes creuses. Cette stabilité technique vient-elle d’une conviction ?
Nous devons ça à nos supporters. S’ils ont des critiques à formuler, ils le font de manière civilisée. On n’a pas la même pression que dans certains autres clubs qui subissent une pression énorme pour changer les coachs au moindre faux pas. La valse des coachs impacterait fort négativement l’évolution des joueurs issus de notre centre de formation.

Ne pensez-vous pas procurer à votre club un stade qui sied à son statut actuel ?
Nous avons un projet dans les pipelines. S.M le Roi Mohammed VI a posé la première pierre pour la construction du grand stade de Tétouan avec une capacité de 35.000 places. Cette enceinte devrait être livrée en fin 2016, sachant que les travaux devraient commencer en janvier 2015.

Qu’en est-il du projet de transformation du MAT en société sportive ?
L’étude du projet a été finalisée. J’ose espérer que cette transformation verra le jour dès l’année prochaine, sauf complications bien sûr.

Quel est votre pronostic pour ce qui est de la participation de votre club à la Coupe du monde des clubs ?
J’espère qu’on atteindra la finale. Moi qui suis un supporter du Real Madrid, je serais comblé de voir mon équipe affronter les Madrilènes. Toutefois, tout dépend du premier match, qui est un véritable barrage. Si on dépasse Auckland City, tout ira comme sur des roulettes. 

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