Le Matin : La saison écoulée, le Kawkab a non seulement surpris, mais il a subjugué le public. Quel est selon vous le secret de cette réussite ?
Hicham Dmiai : En concertation avec le comité, nous avons évité de retomber dans les travers des années passées, à savoir recruter tous azimuts. Après une analyse financière et administrative méticuleuse du club, nous avons décidé de redéfinir le profil des joueurs dont on avait besoin. Il nous fallait des footballeurs totalement concentrés sur leur métier, capables de travailler durement. Ensemble et d'un commun accord, nous avons décidé d'être exigeants vis-à-vis de nous-mêmes et du club en général. Dieu merci, toutes les composantes ont adhéré à ce projet et cela a abouti à la réussite qu'on connait, même si aucun sacre n'est venu récompenser une année de sacrifices et de labeur. Cette année, nous en sommes conscients, ce sera encore plus difficile, car nous serons attendus de pied ferme par toutes les équipes.
Cette année, vous avez libéré Abdeljali Jbira, un maillon capital dans votre système de jeu. Ne craignez-vous pas d'avoir lâché une pièce maitresse ?
Nous avons essayé d'être réalistes et de régler intelligemment au mieux les problèmes des joueurs en fin de contrat, à une ou deux exceptions près. Abdeljalil Jbira a été une belle opportunité pour mener à bien cette tâche. Le 1,7 million de dirhams obtenus, en plus de Yacine Krine et Ismaïl Kouchame octroyés par le Raja, fut une belle aubaine pour nous. Avec cette somme, nous n'allons guère embaucher de nouvelles recrues, mais payer les arriérés de certains de nos joueurs. Là, mes objectifs sportifs rejoignent ceux financiers, ce qui est de bon aloi. Rester fiables vis-à-vis de nos joueurs demeurera notre préoccupation majeure. Vous n'êtes pas sans savoir que certains clubs promettent des sommes astronomiques à leurs recrues, mais se trouvent finalement dans l’incapacité d’honorer leurs engagements. Nous n'allons jamais tomber dans ce travers et maintenir notre stabilité financière qui est la condition essentielle pour la réussite de tout projet sportif.
Comment s’est passée votre préparation ?
Nous sommes restés à Marrakech, et comme la période de préparation coïncidait avec le mois du Ramadan, nous nous sommes contentés d'une séance par jour. Entretemps, nous avons disputé huit matches amicaux, contre notamment Chorok El Attaouia, Aït Melloul, Khémisset, Khouribga, Khénifra, Houara, Témara et Safi.
Que visez-vous par les briefings donnés par les arbitres de la région à vos joueurs ?
Les mettre dans les meilleures dispositions possibles vis-à-vis de l'arbitrage qui fait partie intégrante du jeu et dont ils doivent respecter aussi bien les règles que ceux chargés de les appliquer sur le terrain. Ceci évitera incontestablement certains écarts dont pourrait souffrir l’équipe. Nous avons sollicité pour cela la Ligue de Tensift El Haouz, laquelle nous a délégué Abderrahim Moutamanni puis Hicham Tiazi. Ce fut une expérience enrichissante pour nos joueurs qui n'ont pratiquement jamais contesté les décisions arbitrales en évitant de prendre des cartons jaunes ou rouges, souvent gratuits. Le Kawkab, tout le monde le sait, pratique un jeu viril, mais qui ne dépasse jamais les règles. Nos joueurs respectent leurs adversaires et ne tombe jamais dans le jeu agressif. C'est le résultat de ces séances prodiguées par ces arbitres. Le football, c'est aussi un ensemble de règles qu’il faut s’atteler à mettre en pratique dans les meilleures dispositions, aussi bien financières, d'intendance que de préparation mentale. Le joueur doit se mettre dans la tête qu'il vit du football et que pour cela, il doit nécessairement se plier rigoureusement à certaines règles, en premier lieu les profils technique et mental, dont le respect de l'arbitrage.
Préférez-vous jouer au grand stade de Marrakech ou au Harti ?
Pour moi, ceux qui préconisent de jouer sur des pelouses impraticables pour gêner l'adversaire et le mettre sous pression sont dans l’erreur. En plus de notre mission d'entrainer les équipes, nous avons également la responsabilité de participer au développement du football national. Et ceci ne pourra guère se faire sur des aires de jeu impraticables. Le gouvernement a déployé de louables efforts pour doter notre pays de stades de renommée internationale, nous avons donc la lourde responsabilité d'y faire évoluer nos équipes, en laissant de côté les bas calculs. Recevoir le Raja, le Wydad, le MAS, le Hassania, le DHJ ou l’ASFAR sur des joyaux comme le stade de Marrakech, de Tanger, d'Agadir, de Rabat ou de Fès est de nature à valoriser notre Championnat et à mieux le commercialiser. Et trêve de basses manœuvres qui portent préjudice à notre compétition. Maintenant, il reste aux responsables d'assurer le transport dans de bonnes conditions des supporters vers ces stades, souvent érigés loin des centres-ville.
Vos ambitions pour la saison qui débutera le 23 août contre le Hassania ?
J'ai prolongé de deux ans et j’essayerai de maintenir la pérennité de l'équipe. Nous avons un projet à court terme qui consiste à assurer le maintien. Ensuite, on essayera de se mêler à la lutte pour le sacre et je vous garantis qu'on ne va pas s'en priver. Nous allons jouer à fond nos chances et advienne que pourra ! Je suis fier de mes joueurs et confiant en leurs capacités et je vous garantis que nous allons faire une des plus belles saisons, avec à la clef une progression meilleure que par le passé. En outre, je serai également responsable du secteur formation. Mais là, c'est un tout autre registre !
