Le Matin : Comment s’est comporté le marché de la gestion d’actifs en 2013 ?
Ouafae Mriouah : Le marché de la gestion collective au Maroc a connu une année 2013 relativement difficile avec une faible progression des actifs sous gestion. Selon les données de l’Asfim, les actifs ont atteint 245,5 milliards de dirhams à fin 2013, soit une hausse de 1,6% comparativement à fin 2012, et ce principalement sous l’effet Marché des portefeuilles. Notre industrie n’a pas enregistré de collecte nette positive au vu d’une liquidité réduite et de marchés plutôt en berne.
Les OPCVM gérés par CDG Capital Gestion se sont-ils inscrits dans la même tendance ?
Nous avons réalisé des résultats commerciaux satisfaisants en 2013. En effet, sur les principales catégories d’OPCVM ouverts, notre collecte nette a été positive. Nous avons clôturé l’année avec des actifs sous gestion de 42 milliards de DH et nous avons réussi à élargir notre base clients. Par ailleurs et sur un plan qualitatif, l’année 2013 a été marquée par la revue de la note attribuée par Fitch à CDG Capital Gestion à «Highest Standards», qui correspond à la note la plus élevée et qui traduit le renforcement du dispositif de gestion des risques.
Quelles performances globales et par type d’OPCVM avez-vous enregistrées et quelles parts de marché revendiquez-vous ?
Sur les fonds ouverts, notre performance moyenne a été supérieure à la performance du marché qui est mesurée par les indices CDVM.
Au niveau des fonds monétaires, nous avons enregistré en moyenne une performance de 3,97%. Les fonds Obligataires Court Terme (OCT) ont réalisé une performance de 4,43%, les fonds Obligataires Moyen Long Terme (OMLT) de 3,99% et les fonds Actions de 1,6%.
Notons également que CDG Capital Gestion s’est vu décerner, en 2013, deux trophées par Zawya-Thomson Reuters récompensant notre fonds «CDG Monétaire Plus» comme meilleur fonds «Fixed Income-Morocco 2012» et «CDG Izdihar» comme meilleur fonds «Balanced-Morocco 2012».
Quant à notre part de marché, elle s’est établie à 17,1% à fin 2013 et a atteint un niveau moyen de 17,8% enregistrant une légère hausse par rapport à 2012 et confortant ainsi notre place de deuxième plus importante société de gestion d'OPCVM au Maroc.
Quelle catégorie d’OPCVM a été la plus performante en 2013 et pourquoi ?
L’Obligataire Court Terme (OCT) a été la catégorie la plus performante en 2013 suite à une contre-performance du marché actions et à une hausse des taux sur le marché obligataire. Cette hausse, qui était de l’ordre de 50 à 60 points de base sur le moyen et long termes, a conduit à un tassement des performances des fonds OMLT.
Ainsi, les fonds OCT ont enregistré une performance moyenne de 4,26% supérieure aux fonds monétaires (3,62%), aux fonds Obligataire Moyen et Long Terme (2,72%) et aux fonds Actions (1,46%). Cependant et malgré une année 2013 particulièrement difficile, toutes les catégories des OPCVM ont enregistré des performances positives.
Comment entrevoyez-vous l’année 2014 pour votre activité ?
Selon nos prévisions, l’année 2014 devrait être positive en termes de performances. En effet, après la hausse importante de 2013, nous observons depuis le début d’année une forte baisse des taux suite à la mise en œuvre par le gouvernement de mesures pour pallier le problème du déficit public.
Sur le marché boursier, nous notons aussi une hausse des indices, quand bien même elle reste relativement fragile et porte sur de faibles volumes.
Enfin, nous continuons de penser que la gestion collective propose d’excellents véhicules d’investissement permettant d’optimiser le couple rendement/risque en fonction des objectifs et attentes des investisseurs.
La reprise de la Bourse en ce début augure donc de meilleures performances pour les OPCVM Actions ?
Comme nous venons de le dire, le marché boursier semble poursuivre la tendance haussière entamée depuis le quatrième trimestre 2013. Naturellement, les fonds Actions devraient enregistrer une hausse de leurs performances en ligne avec le marché. À titre indicatif, l’indice CDVM des performances des fonds Actions a enregistré une hausse de 3,56% entre fin 2013 et le 21 mars 2014. Ceci dit, la performance variera bien entendu en fonction des politiques d’investissement engagées par chaque société de gestion.
À votre avis, quel est le potentiel du marché de la gestion d’actifs et que faut-il faire pour drainer davantage de fonds et renforcer ainsi les Actifs sous gestion ?
Le potentiel de la gestion d’actifs reste important à moyen et long termes. Le taux de pénétration des OPCVM reste faible auprès des personnes physiques, des PME et est quasi nul pour les institutionnels étrangers.
Nous pensons qu’un effort important en termes de formation et de vulgarisation de nos produits pourrait élargir d’une manière significative la base de nos investisseurs. Il faut également mettre en place de nouveaux produits plus innovants afin de mieux répondre aux besoins d’une clientèle plus diversifiée et de plus en plus exigeante.
