Économie

Implosion de l’euro : Le compte à rebours ?

Jamais la monnaie unique n’a été autant critiquée et attaquée de tous bords. Quand ce n’est pas sa raison d’être, c’est son cours qui est jugé trop élevé. Jamais ses partisans n’ont été autant à court d’arguments pour la défendre. La sortie d’un pays de la zone euro, presque un blasphème il y a quelques années ou du moins une sottise intellectuelle, est devenue récurrente dans le débat européen et, signe de changement des temps et des humeurs, c’est sa défense qui devient aujourd’hui laborieuse. Les jours de l’euro sont-ils, comme le prévoient beaucoup d’économistes, comptés ? Ce papier tente d’apporter quelques éléments de réponse.

Alors que les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon affichent des taux de croissance assez solides, les pays de la zone euro continuent à flirter avec des progressions voisines de 0% et si on exclut les performances de l’Allemagne, qui commence à montrer des signes d’essoufflement, les résultats des autres pays risquent d’être encore plus décevants. Il y a là de quoi désespérer les peuples d’Europe, notamment ceux du Sud, qui ont renoncé à l’un des attributs de leurs souverainetés nationales et opté pour la monnaie unique, rêvant d’un avenir meilleur de plein d’emploi et d’augmentation du pouvoir d’achat.
Du moins, c’est ce qu’on leur a vendu. Aujourd’hui, à l’heure des comptes, le réveil est dur et les Européens ont le sentiment d’être prisonniers de cette monnaie et des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour s’en émanciper. Que s’est-il donc passé pour en arriver là ? D’une icône de la réussite de la construction de l’Europe, l’euro serait devenu la source de ses problèmes : est-ce une réalité ou simplement un changement d’humeur passager qui disparaîtra, dès que les affaires iront mieux ?
Quatre facteurs nous semblent expliquer la situation à laquelle l’euro est arrivé. Tout d’abord, la monnaie des Européens souffre d’une malformation de naissance. En effet, la Banque centrale européenne a, dès sa création en 1998, été calquée sur le modèle de la Bundesbank (Banque centrale allemande) avec comme principal objectif la préservation du pouvoir d’achat de l’euro, c’est-à-dire maintenir la stabilité des prix et l’inflation annuelle au-dessous de 2% sur le moyen terme.
Ainsi, toute relance de l’activité par une détente des taux directeurs (principal instrument de cette politique monétaire), mais qui conduirait à des pressions inflationnistes, est fortement bannie sous l’œil d’une Allemagne intransigeante. La BCE ne changera d’attitude et ne procèdera à une baisse de ces taux (à l’instar de la FED aux États-Unis) qu’après l’éclatement de la crise en 2008 et la menace qui pesait sur le système bancaire européen, dont l’effondrement n’a été évité que par un fort endettement des États qui ont injecté beaucoup de liquidités dans leurs banques. C’était déjà trop tard ! Plusieurs pays ont par la suite sombré, alors qu’ils auraient pu mieux résister, si les économistes de la BCE avaient pris au sérieux les alertes sur la situation émis par plusieurs de leurs homologues dès 2007.
La deuxième explication réside dans le niveau excessivement élevé de l’euro (environ 1,37 dollar actuellement, avec des pics à 1,57 dollar), qui annihile la compétitivité prix de beaucoup de pays d’Europe, puisque tout le monde utilise la même monnaie. Il affecte particulièrement les pays dont les produits ne sont pas de très bonne qualité (le facteur prix devient dans ce cas déterminant) et ceux ayant des législations nationales qui renchérissent le coût des facteurs de production, notamment le coût du travail (cas de la France). La parité actuelle de la monnaie unique profite davantage aux pays ayant investi fortement dans la qualité et la recherche et qui ont mené les réformes nécessaires de leur marché du travail et de leur système fiscal, typiquement les pays de l’Europe du Nord.

Des politiques économiques hétérogènes

La relance par une dévaluation de l’euro n’est donc pas dans l’intérêt de ces pays performants économiquement, mais vieillissants démographiquement, car elle réduit la valeur de leur épargne. Les pays de l’Europe du Sud se voient donc imposer par les institutions d’un espace économique dominé par l’Allemagne, une politique économique qui phagocyte leurs industries et achève leurs exportations. Ils n’arrivent plus à faire face à la concurrence étrangère (asiatique, sud-américaine et maintenant africaine), à cause d’une monnaie surévaluée. Nous sommes là face à l’un des grands paradoxes de la zone euro : un même espace économique, une monnaie commune, mais des politiques économiques divergentes et des intérêts électoraux (car c’est bien le fond du problème) opposés.
L’autre élément explicatif du débat actuel sur l’état de l’euro est l’hétérogénéité des politiques économiques des pays de la zone d’union monétaire, en raison d’une insuffisante intégration politique. Le maintien d’une monnaie unique nécessite une harmonisation des politiques budgétaires, sectorielles, bancaires et sociales et une intégration des marchés des capitaux. Ceci suppose plus d’Europe au moment où les Européens en veulent moins. Ils l’ont clairement exprimé dans les différents référendums où ils devaient trancher sur la question. Autant dire que le Vieux continent est victime de sa démocratie et que le rêve européen ne fait plus rêver.

Enfin, la bureaucratisation et le dysfonctionnement des institutions de l’Europe expliquent largement la situation actuelle de sa monnaie. Sinon comment interpréter le fait que les Européens découvrent soudainement que la Grèce présentait de faux chiffres depuis de nombreuses années, que la BCE attende l’éclatement de la crise pour revoir sa politique monétaire et que l’Union européenne peine à imposer un minimum de discipline budgétaire à ses membres ? Le coût de l’Europe, au-delà de la charge financière sur le budget des États membres, est de plus en plus perceptible dans son incapacité à fédérer des pays rongés par la montée des nationalismes et des mouvements d’extrême droite.

Deux zones : l’une pour l’euro fort, l’autre pour l’euro faible

L’avenir de la monnaie voulue par les Européens devra à notre sens emprunter l’une des deux voies suivantes. Une première piste est l’acheminement du Vieux continent vers une Europe fédérale des États avec une harmonisation sociale, politique et économique au niveau fédéral et une large autonomie de gestion au niveau des pays. L’objectif est de s’assurer que les Européens font la concurrence au reste du monde et non pas entre eux. Cette option nous semble, toutefois, irréalisable dans un avenir proche, bien que s’inscrivant dans la logique de la construction européenne, tant les conditions objectives de sa matérialisation ne sont pas encore réunies. En effet, la violence de la crise qui frappe l’Europe de plein fouet, associ%

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