«Stand up for journalism» est le thème d’une rencontre organisée par l’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP), dimanche dernier.
Comme son nom l’indique, l’événement est dédié à la presse de manière générale et au métier de journaliste en particulier. Il s’inscrit dans le cadre d’un module autour de projets d’initiatives personnelles organisé par les étudiants de première année. Un panel composé de journalistes arabophones et francophones, ainsi que de caricaturistes de presse, avait pour tâche d’animer cet événement qui se décline sur deux thématiques. La première a trait à l’histoire de la presse au Maroc, son éclosion, son évolution et aux tumultes ayant accompagné sa maturité. La seconde fait office d’une halte solennelle sur la crédibilité de la presse, notamment à la lumière de la profusion des nouveaux médias (blogs, réseaux sociaux, portails d’informations, etc.).
Après une intervention de Saâd Loudiyi, chef de cabinet au ministère de la Communication, l’assistance, composée d’une centaine d’étudiants et d’enseignants, a vu le voile se lever sur ce domaine qui fait notre quotidien et qui, souvent, nous colle à la peau. Le monde de la presse a été décortiqué de manière chronologique, selon le cheminement qu’il a suivi au Maroc et les points forts qui ont forgé la presse dans sa configuration actuelle.
En effet, souvent, lorsque l’on évoque la presse au Maroc, l’on parle d’un siècle d’existence, ou d’un peu plus, alors qu’en réalité, on peut considérer qu’elle existe depuis toujours, que ce soit au Maroc ou ailleurs. En ce sens, il est à souligner qu’un ensemble de métiers ont toujours accompagné les Marocains, dans les différentes contrées et même dans les régions les plus reculées, faisant office de supports de communication et dont l’efficacité à transmettre l’information était infaillible. Il s’agit de personnages que la plupart des jeunes générations doivent ignorer, le «Barrah» en l’occurrence, ce crieur public chargé de relayer l’information au niveau des agglomérations.
Généralement, il était question d’informations ou de décisions émanant du pouvoir en place. Les particuliers pouvaient également faire appel aux bons offices du «barrah», pour un mariage, une vente d’un lot de terrain ou de bétail… On peut également citer «Arraqqass», une sorte de messager à monture dont la mission consistait à transmettre l’info entre les villes. Ces métiers se sont intégrés à la presse dans la déclinaison qui est sienne aujourd’hui, à travers des annonces publicitaires (ventes de terrain ou autres), ainsi qu’à travers différentes résolutions gouvernementales que l’on trouve dans différents supports (presse écrite, radio, TV et nouveaux médias).
Ce n’est qu’au début du 20e siècle que les premiers supports de presse ont vu le jour, notamment à travers la création du Groupe MAS qui éditait, entre autres, «La vigie marocaine» et «Le petit marocain». Journaux qui deviendront respectivement «Le Matin» et «Maroc Soir», après la marocanisation de la société qui prend désormais l’appellation «Groupe Maroc Soir» en 1971.
