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Encore du chemin à parcourir

La ministre déléguée chargée de l'Environnement, Hakima El Haiti, a présenté devant le Conseil de gouvernement un exposé sur «Les défis environnement aux et la nouvelle vision stratégique de promotion du fait environnemental». La qualité de l'eau et celle de l'air notamment dans les centres urbains, et la gestion des déchets demeurent les points noirs auxquels devra faire face le département chargé de l'Environnement.

Encore du chemin à parcourir
La pollution atmosphérique, ici à Kénitra, demeure l'un des points noirs auxquels les autorités concernées doivent faire face.

Le constat établi par la ministre déléguée chargée de l’Environnement est sans concessions, qu’il s’agisse du traitement des eaux usées, de la gestion des déchets ménagers et industriels. La plus révélatrice de cette situation est sans doute la pollution des eaux due au rejet, sans traitement, dans les fleuves et le littoral des eaux usées : «40% des eaux sont de qualité médiocre et seulement 280 millions mètres cubes sont traitées sur 750 millions mètres cubes des eaux usées», a souligné Hakima El Haiti. Sur ce chapitre, la commune urbaine de Guelmim vit une situation anachronique. Inaugurée en 2004, la station de cette commune de 15.000 âmes traite 50 litres d’eaux usées à la seconde et fonctionne selon le mode de lagunage naturel, procédé qui ne fait appel à aucun agent chimique.
Cependant, le représentant local du département de l’Environnement, Mohamed Aït Attou, précise au «Matin» qu’«en raison du vide juridique, nous n’avons pour l’heure pas d’autorisation pour un quelconque usage.

Absence d’une réglementation

Pour cela, il faudrait que les services de l’ONEEP, de l’Agence du bassin hydraulique, de l’environnement, de la santé, de l’agriculture, de l’Agence du développement du Sud et l’Association des usagers se mettent d’accord». Toujours au chapitre du précieux liquide, le rapport sur l’examen des performances environnementales, publié fin mai par la Commission économique des Nations unies pour l’Europe, a révélé que la plupart des problèmes de gestion de l'eau sont liés au gaspillage des ressources en eau douce et aux rejets d'eaux usées non traitées.

Les réseaux d'approvisionnement public en eau et d'irrigation au Maroc sont inefficaces et les pertes d'eau atteignent 35% en moyenne. «L'absence d’une réglementation concernant les valeurs limites des rejets d'eaux usées de certaines industries empêche l'application pratique des principes “utilisateur-payeur” et “pollueur-payeur”», conclut le rapport onusien.

290.000 tonnes de déchets dangereux

Le même constat peut être établi pour les déchets solides. La ministre a fait savoir que seulement 37% des déchets sont évacués vers les décharges contrôlées. S'y ajoute 1,6 million de tonnes de déchets industriels dont 290.000 sont qualifiés de dangereux et 21.000 tonnes de déchets médicamenteux. Cette situation est aggravée, selon le rapport cité plus haut, par le fait qu’«il n'y a pas de programme d'inspections, pas même dans les régions fortement industrialisées telles que le Grand Casablanca.

Des visites de site sont pour la plupart ad hoc et font suite aux demandes ou plaintes». Cependant, et comme le rappelle le rapport sur les performances environnementales, depuis 2003, le Maroc a pris des mesures pour améliorer sa politique environnementale, jusque-là très générale : «L’adoption de la Charte nationale de l’environnement et du développement durable, lors de la septième session du Conseil national de l’environnement en 2011 a permis au Maroc de redoubler ses efforts en faveur de l'environnement et du développement durable».

La Constitution adoptée en 2011 a permis également de donner une nouvelle impulsion au processus visant l’instauration du développement durable, a relevé le rapport.
Avancée sur laquelle table la ministre pour que l’environnement ne soit pas en reste du développement que connaît le pays. 

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