Huit œuvres étaient nominées à ce prestigieux Prix, un événement culturel dédié à la promotion de la littérature marocaine d’expression française. Le Prix de la cinquième édition a eu lieu lors d’une cérémonie à laquelle ont pris part notamment le wali de la région de Marrakech-Tensift-Al haouz, Abdessalam Bikrate, le consul général de France à Marrakech, Éric Gérard, et de nombreux hommes de lettres et médias. Selon ses initiateurs, les ouvrages en compétition pour ce prix, doté de 200.000 dirhams (18.000 euros), ont été sélectionnés parmi ceux paraissant entre juin 2013 et mai 2014. Le roman primé (244 pages) relate l’histoire d’un jeune casablancais qui, avec plusieurs diplômes en poches, décide de se lancer dans une quête hasardeuse, celle de trouver un job. Mais sa quête est vaine. La crise économique a rendu les opportunités rares, voire inexistantes. Après moult entretiens d’embauche infructueux, le héros commence à perdre espoir et la confiance en soi. Et au fil du temps, Ghali Habchi trouve une lueur d’espoir : une possibilité d’embauche. Celle que lui fait miroiter la directrice d’un cabinet de consulting. Naît alors une histoire d’amour entre le personnage et ce poste tant souhaité. Il jette son dévolu sur ce poste, avec un mélange d’espoir et d’angoisse. Cette fixation prend vite l’allure d’une obsession.

Dans «Le Job», Reda Dalil, journaliste économiste, aborde le fléau du chômage dans un traitement littéraire et dresse l’itinéraire d’un Ghali, parfait reflet de sa génération. Son ouvrage décortique en effet la déchéance socio-économique des jeunes casablancais. «Le Job» est le premier roman de Reda Dalil qui, après une brillante carrière dans le monde des affaires, a tout laissé tomber pour se consacrer à sa passion première : l’écriture et la littérature. Les huit œuvres en lice pour ce prix réservé à la meilleure plume marocaine francophone étaient «Au Café des faits divers» (Ed. La Croisée des chemins) de l’écrivaine et journaliste Bouthaïna Azami ; «Ordonnances et confidences» (Ed. La Croisée des chemins) de l’auteure et pharmacienne Reem Laghrari Benmehrez ; «31 Février» (Ed. Plon), du réalisateur, scénariste et romancier Hafid Aboulahyane ; «Les Tribulations d’un intérimaire» (Ed. Mon petit éditeur), de l’écrivain Mustapha Bouhaddar ; «La Liste» (Ed. Le Fennec) de l’universitaire et romancière Naïma Lahbil Tagemouati ; «Le Job» (Ed. Le Fennec) du journaliste et écrivain Reda Dalil ; «Nos plus beaux jours» (Ed. Du Sirocco), de l’écrivain Moha Souag ; et «La Blanche» (Ed. La Cheminante), de la jeune auteure Maï-Do Hamisultane.

Composé de sept écrivains, universitaires et journalistes francophones de renom, le Jury était présidé par la romancière française Christine Orban, cette native de Casablanca qui reste très attachée au Maroc sentimentalement et familialement. Elle était déjà présidente du Jury des deuxième et troisième éditions de ce grand événement littéraire. Aux côtés de Christine Orban, il y avait notamment l’écrivain américain Douglas Kennedy, le journaliste et philosophe marocain Adil Hajji, l’écrivain et lauréat de la troisième édition du Prix littéraire de la Mamounia Mohamed Nedali, l’écrivain Franco-congolais Alain Mabanckou et l’écrivain et professeur belge de littérature et d’histoire contemporaines Vincent Engel. Le Prix littéraire de la Mamounia se donne pour but d’encourager et de promouvoir la littérature marocaine d’expression française et de la faire rayonner à travers le monde. Les quatre lauréats déjà récompensés par ledit Prix sont Mahi Binebine (2010) pour son roman «Les étoiles de Sidi Moumen», Mohamed Leftah (2011, à titre posthume) pour son roman «Le dernier combat du captain Ni’mat», Mohamed Nedali (2012) pour son œuvre littéraire «Triste jeunesse» et Rachid O. (2013) pour son opus «Analphabètes». Il convient de signaler qu’un Prix spécial a également été offert, à cette occasion, à Reda Dalil par le transporteur national Royal Air Maroc (RAM), partenaire de ce grand événement littéraire.