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Dimanche 10 Mai 2026
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Développer de nouvelles compétences

Le secteur du digital a connu une évolution rapide ces dernières années pour s’imposer en tant que moteur de l’économie nationale. Avec plus de 16,3 millions de Marocains connectés à internet en 2013, dont la moitié est présente sur les réseaux sociaux, les entreprises ont commencé à rejoindre la toile afin d’y instaurer une communication de proximité pour la promotion de leurs produits et services.
Dans le but d’accompagner cette évolution, plusieurs nouveaux métiers ont émergé, créant ainsi
une demande de plus en plus croissante pour les entreprises en termes de profils maîtrisant les outils et les techniques du digital afin de déployer des stratégies web développées en cohérence avec les stratégies globales de l’entreprise.

Développer de nouvelles compétences
Le débat a été l’occasion de discuter des difficultés liées à la qualification des profils aptes à gérer la communication digitale des entreprises.

De la stratégie au développement des plateformes, les métiers se sont diversifiés en vue d’une réelle professionnalisation du secteur du digital, pour devenir un canal privilégié par les entreprises. Un canal qui permet, à la différence des médias classiques, un contact personnalisé et une visibilité en temps réel quant à l’impact des actions menées pour une optimisation ou un recadrage plus rapide et moins coûteux.

Or, malgré la volonté des professionnels de développer ce secteur prometteur, il existe un réel manque de profils spécialisés et qualifiés capables de relever le défi. Le manque de formations dédiées à ce secteur fait que les professionnels n’acquièrent les compétences nécessaires qu’au fil des expériences.
Un autre facteur important doit être également considéré au sein de l’univers digital : l’évolution rapide des technologies et des pratiques sur le web. Les sites internet, les réseaux sociaux, la publicité en ligne… les moyens de communication sont multiples et en constante mutation. La technologie utilisée il y a quelques années devient rapidement démodée, et les outils remplacés, dès qu’une évolution est annoncée. Il est donc nécessaire que les compétences suivent les tendances, d’où le besoin en formations qui s’adaptent en permanence avec ces changements.

Pour accompagner ce secteur encore jeune au Maroc, l’enseignement supérieur s’ouvre de plus en plus au lancement de formations spécialisées dans le digital. La dernière offre en date étant celle de l’Université internationale de Casablanca (UIC), qui a organisé la semaine dernière, à l’occasion du lancement de son «Mastère en communication digitale», une table ronde autour du thème «Les nouveaux métiers du digital : compétences, formations & opportunités».

Un marché en croissance

Prenant part à cette rencontre, le vice-président du Groupement des annonceurs marocains (GAM), Omar Chraibi, s’est attelé à la présentation des enjeux du digital à travers les données publiées par l’ANRT en juin dernier (Enquête nationale annuelle sur les Technologies de l’information et de la communication (TIC) auprès des ménages et des individus au titre de l’année 2013). 
Avec plus de 16,3 millions d’internautes dont 79% se situant dans la tranche des 15-24 ans, on constate une tendance haussière d’utilisation d’internet (+700.000 par rapport à 2012), 1/3 utilisant le mobile et 2/3 l’ordinateur ou tablette, note M. Chraibi. Le
représentant du GAM a indiqué que ces données «encouragent les entreprises à être plus proches des internautes, mais le manque de visibilité quant à l’impact de cette présence sur les affaires provoque de la réticence chez certains». Dans ce sens, M. Chraibi a souligné que le Groupement avait décidé de mener un audit de la situation auprès des annonceurs pour mieux évaluer la place du digital dans les entreprises, et ce, via le lancement de l’étude «Digital Trends» en partenariat avec le Soft Centre et l’agence The Next Clic. L’étude qui sera menée chaque année vise à faire l’état des lieux et à identifier les tendances des pratiques digitales du côté des annonceurs, leurs besoins en informations et outils, leurs modes d’organisation ainsi que le niveau d’implémentation du digital dans les structures. Par la même occasion, le directeur associé de la société TheNextClic (TNC), Hassan Rouissi, a annoncé que les résultats de la première édition de cette enquête pour l’identification des tendances de l’année 2015 seraient publiés en décembre.

Des profils à définir

Animée par des professionnels opérant dans le secteur du digital, cette table ronde a été l’occasion de discuter des difficultés liées à la qualification des profils aptes à gérer la communication digitale des entreprises. D’ailleurs, M. Chraibi a signalé que «le volet technique est insuffisant pour intégrer les entreprises, l’esprit analytique constituant un réel besoin pour les structures désirant développer leur présence sur le digital». Et d’ajouter que le besoin en profils qualifiés est évoqué en permanence parmi les annonceurs. De son côté, la responsable Communication digitale de la BMCE, Najete Harrouchi, a souligné que «le process de recrutement de profils dans le secteur reste difficile, vu le manque d’experts dans la problématique du digital, chose qui oblige à avoir recours à des prestataires telles que les agences web pour trouver les bons profils, et ce, vu le manque de formations capables de fournir des profils qualifiés». Pour sa part, le directeur technique de ReKrute.com, Salim Bennouri, a avancé quelques chiffres sur la rareté d’offres d’emploi pour les métiers du digital sur la plateforme, expliquant cette situation par le manque de formation et de spécialisation dans le secteur qui rendent difficile la description des postes à pourvoir. Le responsable Développement de Avito, Badr Bouslikhane, a quant à lui noté que les profils au sein de sa société évoluent en permanence. L’expérience de ce dernier a prouvé que le fait d’identifier des potentiels passionnés, capables de s’adapter en donnant de leurs temps et énergie pour apprendre et se développer, représente la clé de la réussite.

Des compétences à développer

Les intervenants ont évoqué les multiples qualités et compétences dont le professionnel du digital doit disposer pour réussir dans ce secteur en constante évolution.
Pour Anas Bensouda, responsable Département marketing et communication chez Wafasalaf, le professionnel du digital doit avant tout comprendre les enjeux du digital, être capable de transversalité et de coopération pour encourager les autres collaborateurs à adhérer à ce nouveau créneau.
Omar Chraibi, de par son expérience, a signalé que «les compétences nécessaires, outre la maitrise des outils, sont avant tout la capacité à analyser les situations, la passion pour le secteur, mais aussi l’aptitude à faire preuve de curiosité et d’agilité».
En somme, vu le manque de formations adaptées permettant de former des profils ayant une vision globale du secteur, les intervenants ont apporté leur propre vision du professionnel du digital : un professionnel ouvert sur son monde, passionné par la technologie, curieux et agile, maitrisant les techniques et les langues, et ayant la fibre marketing et communication.
En outre, les intervenants ont affirmé que la structuration en interne des métiers du digital reste un défi à relever, rappelant que cet expert digital doit également faire ses preuves parmi les autres départements en démontrant l’importance de ce nouveau champ d’action de l’entreprise.

Une formation spécialisée

Face à cette nouvelle donne, les responsables de l’enseignement supérieur développent de nouvelles offres de formation orientées vers des carrières en digital.
Et c’est justement dans cette ordre d’idées que l’UIC a annoncé, en marge de la rencontre, le lancement d’un nouveau mastère professionnel développé avec la GAM et l’Agence TNC pour répondre aux besoins du secteur. Said Benamar, responsable du pôle Formation exécutive à l’UIC, a indiqué que « cette formation est unique de par sa gouvernance, mais aussi par l’approche pédagogique adoptée». M. Benamar a réitéré dans ce sens l’invitation aux professionnels du digital à s’impliquer davantage dans la formation que cela soit à travers des interventions lors du cursus d’apprentissage ou à travers des projets confiés aux étudiants du mastère, pour leur permettre d’allier la pratique à la théorie, favorisant ainsi une meilleure intégration dans l’entreprise. 


Entretien avec Hassan Rouissi, Directeur associé de la société TheNextClic (TNC)

«Des synergies sont à développer entre les différentes parties prenantes afin d’aboutir à des programmes de formation en adéquation avec la demande»

Le Matin Emploi : Quelle est votre lecture du secteur du digital au Maroc ?
Hassan Rouissi : Tous les indicateurs convergent vers un seul et unique constat. La croissance est là tant en termes d’usage que d’implication des annonceurs. La dernière étude diffusée par l’ANRT a en effet confirmé une pénétration de plus en plus forte de l’internet via mobile,
PC et tablette. L’étude sur les tendances du digital au Maroc «Digital Trends Morocco 2015» confirmera à son tour l’investissement des annonceurs. Le secteur du digital au Maroc continuera sa croissance, nous avons la chance que la maturité se développe sur l’ensemble des composantes de la chaîne de valeur. Un écosystème est en cours de création !

Selon vous, le secteur de la formation est-il en phase avec les besoins du marché en termes de compétences ?
Les besoins de ce secteur sont très larges, je ne pense pas que l’offre de formation telle qu’elle existe actuellement puisse y répondre. D’une part, les formations ayant acquis de la maturité sur le marché sont principalement orientées vers le marketing et la communication. D’une autre part, les employeurs n’ont pas encore l’expérience nécessaire leur permettant de bien déterminer leurs besoins avec précision. Des synergies sont à développer entre les différentes parties prenantes afin d’aboutir à des programmes de formation en adéquation avec
la demande.

Quels sont les besoins du secteur en matière de profils qualifiés ?
Les besoins sont différents selon la typologie des acteurs. Les annonceurs par exemple auront dans un premier temps un besoin de ressources à même d’initier une réflexion stratégique sur le digital et de mener à bien l’exécution de celle-ci.
Avec une maturité, une expérience et un budget conséquent, les annonceurs auront tendance à recruter des profils plus spécialisés et plus techniques. Ceci dans une logique de retour sur investissement. Les agences ont, par contre, des besoins plus techniques. Leur focus étant d’identifier des experts alignés à leur portefeuille de services. Chose rarement disponible sur le marché.

Quelles perspectives pour ce secteur au Maroc ?
Cette phase ne représente que le démarrage d’un cycle. Les enjeux du digital pour les annonceurs deviennent de plus en plus importants, toutes les composantes de l’entreprise en deviennent conscientes. Les budgets alloués au digital enregistrent des progressions à deux chiffres d’année en année.


Entretien avec Said Benamar, Responsable du Pôle Formation Exécutive de l’UIC

«Les étudiants apprendront comment produire un service digital en rendant un service social à leur communauté»

Le Matin Emploi : Quels sont les objectifs du lancement de ce master et quelle valeur ajoutée pour les étudiants ?
Said Benamar : Le mastère professionnel en communication digitale s’inscrit dans le cadre des stratégies d’innovations de l’Université internationale de Casablanca. Il s’adresse aux professionnels du monde du web et du digital désirant consolider et valider leurs expériences et évoluer au niveau professionnel. Le mastère professionnel est une occasion pour les participants non seulement de maîtriser les métiers du digital, mais d’agir en tant que manager entrepreneur et agent de changement social. Les étudiants apprendront comment produire un service digital en rendant un service social à leur communauté. Grâce à l’approche du «community based learning», les voix des gradués de ce mastère s’ajouteront aux milliers de voix connectées sur la toile du réseau Laureate et qui valorisent leurs «success stories» en matière d’innovations et solutions apportées aux problèmes sociaux de leurs communautés. Par ailleurs, l’adoption de la méthode du «project based learning» permet de créer un environnement pédagogique expérientiel dans lequel les participants incuberont des projets de communication digitale sponsorisés par les annonceurs. D’ailleurs, ce mastère professionnel est conçu en partenariat avec le monde professionnel, notamment l’agence Web TNC et le Groupement des annonceurs du Maroc (GAM).

Quels sont les débouchés de la formation ?
Les lauréats du mastère sont destinés à occuper des postes au sein des différentes structures allant des annonceurs, à l’entrepreneuriat en passant par les médias et les agences de communication, notamment en qualité de Web Marketer, spécialiste en référencement, responsable communication digitale, Buzz marketer et community manager. En outre, la formation pluridisciplinaire, qui fait appel à la fois à des compétences transversales intégrant des outils technologiques à des stratégies organisationnelles, conduit au développement de l’esprit d’entrepreneuriat commercial et social chez les lauréats.

Le secteur du digital est en évolution continue.Comment prévoyez-vous suivre cette évolution au niveau de la formation ?
Des références dans le domaine du digital, comme Google et Facebook nous apporteront leur soutien pédagogique ; par ailleurs, le mastère professionnel profitera des synergies de ressources avec le réseau «Laureate International Universities» qui capitalise sur plusieurs années d’expériences réussies dans le domaine du savoir digital. Nous maintenons une relation de collaboration avec le monde professionnel en la personne du Groupement des annonceurs du Maroc et l’agence Web TNC, qui se chargeront de nous remonter leurs besoins en vue d’une mise à jour permanente de notre programme. D’ailleurs, il est prévu de créer une cellule de veille digitale en collaboration avec nos partenaires professionnels et institutionnels.

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