Pneumatique

Imperial Pneu se met au rechapage

,LE MATIN
31 Mai 2014
Pneumatique.jpg L’usine qui couvre 1.600 m² et emploie près d’une centaine de personnes aura nécessité plus de trois ans de travail et de collaboration avec Goodyear.

L’entreprise vient d’inaugurer son unité de rechapage de pneus pour poids lourds pour un investissement de 20 millions de dirhams. Dès cette première année d'activité, le partenaire marocain de Goodyear table sur 21 millions de chiffre d’affaires, essentiellement avec ses 800 partenaires.

Le spécialiste marocain de la pneumatique, Imperial Pneu, vient d’ouvrir son usine de rechapage de pneus des poids lourds dans le quartier industriel de Aïn Sebaâ. Montant de l’investissement : 20 millions de dirhams. Pour cette première année de démarrage, le partenaire du géant mondial de pneumatique Goodyear compte rechaper 30 pneus usés par jour, soit 8.580 par an. «C’est une capacité que nous comptons doubler chaque année jusqu’en 2016 pour atteindre plus de 120 pneus rechapés par jour. Nous tablons sur une croissance du marché de 10% en moyenne annuelle», déclare au «Matin» Najib Bennani, directeur général de l’entreprise, en marge de l’inauguration de l’usine le 29 mai à Casablanca. Le patron de la société est plus qu’optimiste : rien que pour cette première année, Imperial Pneu devrait engranger 21 millions de dirhams de chiffre d’affaires. «Niveau que nous ambitionnons de porter à 80 millions de dirhams en 2016», nous confie Bennani. Et si tout va bien, les pneus rechapés estampillés Imperial Pneu devront rouler en Europe et même en Asie et en Amérique. «L’export figure aussi dans notre plan de développement stratégique. Pour le moment, nous pensons que le marché marocain est demandeur, très demandeur. Bien entendu, si nous recevons des commandes de clients étrangers, nous pouvons les satisfaire. Nous avons les moyens pour le faire», affirme le DG.

Si le top management affiche de l’optimisme et s’attend à une solide croissance de son activité, c’est que l’entreprise compte d’abord traiter avec ses 800 partenaires, essentiellement des transporteurs. Bennani assure que ces derniers s’approvisionnent régulièrement en pneus neufs chez Imperial. «Ils consomment annuellement quelque 40.000 pneus neufs», indique le DG de la société. Un marché en or donc pour l’activité rechapage. «La clé de réussite d’une activité de rechapage, c’est d’abord avoir une usine performante en plus d’un système de collecte efficace. Pour la collecte, nous comptons sur nos clients qui vont évidemment recourir à Imperial pour rechaper leurs pneus. Nous allons aussi développer notre propre flotte de camions pour ramasser les pneus dans les centres de nos partenaires», détaille Bennani. L’usine, qui couvre 1.600 m² et emploie près d’une centaine de personnes, aura nécessité plus de trois ans de travail et de collaboration avec Goodyear. «Dans le traitement des pneus, nous n’avons pas droit à l’erreur.

C’est pourquoi nos équipes ont été formées et rodées dans les usines de notre partenaire Goodyear», souligne le patron de l’entreprise. Bennani jure que dans ce genre de processus, l’on ne badine pas avec la sécurité qui doit être garantie dans le produit final. «Toutes les matières premières utilisées dans le process de rechapage sont certifiées Goodyear. D’ailleurs, les pneus rechapés chez Imperial peuvent facilement circuler en Europe, car nous travaillons selon les standards internationaux. En plus, le pneu en question comportera le code de l’usine où il a été rechapé», fait valoir Bennani. À l’en croire, l’activité de rechapage est encore embryonnaire au Maroc. «Dans le secteur pneumatique, et notamment le segment poids lourds, le marché marocain consomme environ 550.000 pneus par an dont 50.000 correspondent à une première monte. Le coût d’un pneu neuf oscille entre 6.000 et 7.000 dirhams. Notre projet s’intéresse donc aux 500.000 pneus par an qui correspondent au marché de remplacement. L'usine a un double objectif : mettre sur le marché des pneus beaucoup moins chers avec des prix autour de 2.500 DH l'unité et préserver l’environnement en recyclant proprement les pneus usagés avec une réduction de la consommation de matières premières», développe Bennani.

Pour le DG d’Imperial, le segment Poids lourds représentera à terme une part de marché supplémentaire en volume de 5% pour l’entreprise, en estimant que le marché actuel réalisera une croissance de 10% par an. Mais comment convaincre les chalands ? Pour Bennani, c’est simple : en utilisant des pneus rechapés, le transporteur réduit nettement ses coûts opérationnels. «L’offre Imperial est compétitive pour les professionnels. Car, les pneus font partie des trois plus importantes dépenses pour un parc de camions, soit 15% des charges en moyenne. Lorsqu’un pneu est usé et prêt à être réformé, sa carcasse qui représente 70% de son coût est encore en bon état et peut donc être récupérée grâce au rechapage. Le rechapage d’un pneu usé permet d’offrir le rendement d’un pneu neuf à moindre coût avec une économie de 30 à 50% sur le prix d’achat du neuf. À titre d’information, les gestionnaires de parcs de poids lourds en Europe considèrent le recours au rechapage comme un indicateur de bonne gestion», argumente Bennani. Si la machine tourne à plein régime comme prévu, Imperial Pneu ne cache pas ses ambitions d’ouvrir d’autres usines dans le pays. Le DG affirme que des villes comme Agadir et Oujda figurent dans son plan de développement, car elles concentrent des clients potentiels. 





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