D’un coût global estimé à 9 milliards de dollars, ce programme vise l’installation d’une capacité totale de 2 000 MW, en puissance solaire connectée au réseau des centrales solaires réparties sur 5 sites d’ici 2020. La mise en place permettra d’économiser un million de tonnes équivalent pétrole et d’éviter l’émission de plus de 3,5 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an. La première phase du programme intégré d’énergie solaire est le développement du complexe d’énergie solaire "Noor" de 500 MW situé dans la commune rurale de Ghassate-Caïdat Imaghrane, à Ouarzazate. Le site retenu s’étale sur une superficie d’environ 2 500 ha. Le programme est développé en plusieurs phases. La première phase se déploie selon le modèle de production concessionnelle (IPP) établi avec succès au Maroc et comporterait une ou plusieurs centrales d’une capacité minimale de 125 MW.
La mise en service de cette première phase est prévue pour l’année 2015. Cette réalisation fait partie du grand projet présenté le 2 novembre 2009 à Ouarzazate au Roi Mohammed VI, et qui prévoit une production électrique d’une capacité de 2 000 mégawatts (MW) et sera érigé sur une superficie totale de 10 000 hectares. Il concerne, outre Ouarzazate, les villes de Laâyoune, Boujdour, Tarfaya et Aïn Beni Mathar, qui sera remplacé par un autre site. Les cinq centrales devraient couvrir, à leur achèvement en 2020, quelque 10% de la demande d'électricité et représenter avec les autres sources d'énergies renouvelables 42% de la capacité de production disponible.
D’après le département de l’énergie, le projet évitera l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO2 par an. Pour gérer ces projets, on a procédé à la création de l'Agence marocaine de l'énergie solaire (Masen) qui intervient dans la conception, les études, le choix des opérateurs et le suivi de réalisation et de gestion, outre l'orientation et la coordination de l'ensemble des activités afférentes. Il s’agit d’une société anonyme à directoire et conseil de surveillance, dotée d’un capital social initial de 500 millions de dirhams, souscrit à parts égales par l’État marocain, le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, l’ONEE et la Société marocaine d’investissements énergétiques (SIE).
Masen entend prouver sa capacité à piloter et réaliser un projet technologique d’envergure. Car le Maroc entend bien accueillir deux des projets phares de l’Union européenne en matière d’énergie solaire : Transgreen et Desertec.
Plus de 50% d’intégration ciblés à terme
Au-delà de la dimension de production électrique, Masen vise à doter le pays d’un tissu industriel compétitif, à même de maximiser le taux d’intégration industrielle locale. Cette intégration sera progressive. S’agissant de Noor I, il est prévu qu’un minimum de 30% du montant de l’investissement du projet soit consacré à l’acquisition de biens, fournitures, travaux et services avec une valeur ajoutée nationale auprès des entreprises marocaines. Ce qui représente pour les entreprises nationales un gisement de 300 millions de dollars (sur un coût total du projet de 1 milliard de dollars environ).
L’ambition est de porter ce niveau avec le déploiement du Plan solaire marocain à des seuils de plus en plus importants, et ce, au bénéfice de la production locale et de la création d’emplois. Selon Mustapha Bakkoury, cet objectif sera dépassé dès le 1er projet. Pour les prochains, les soumissionnaires auront l’obligation de soumettre une proposition de mesures permettant d’atteindre, par le soin d’un ou plusieurs membres du consortium, seul ou en partenariat avec un tiers, l’objectif du taux d’intégration industrielle prévu. L’objectif pour le patron de Masen est d’arriver à terme à un taux d’intégration de plus de 50%. Pour cela, l’Agence vient d’activer entre autres son programme «Cartographie des entreprises marocaines pour les technologies solaires». Ce projet vise l’identification des entreprises, dans différents secteurs, pouvant être associées dans le projet solaire marocain. L’Agence compte aussi des projets de R&D et travaillent au développement des filières de formation spécialisées.
M.B.H.
Un site de remplacement pour Aïn Beni Mathar
Le site de Aïn Beni Mathar ne figure plus dans le Plan solaire marocain. Selon nos informations, l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (Masen) l’a supprimé de la liste des cinq projets programmée par ce plan. Explication : les ressources en eau dans cette zone – située à 84 km au sud d’Oujda et d’une superficie de 3 000 hectares – ne sont pas suffisantes pour le fonctionnement du projet solaire. Masen mène actuellement des études, qui sont dans leur phase finale, pour déterminer un site de remplacement de 400 MW, confie au journal «Le Matin» une source proche du dossier. Rappelons que le Plan solaire marocain, lancé en 2009 et piloté par Masen, prévoyait la construction de cinq complexes industriels : Ouarzazate (500 MW), Aïn Beni Mathar (400 MW), Sebkha Tah (500 MW), Foum El Oued (500 MW) et Boujdour (100 MW). Selon les milieux énergétiques, après Ouarzazate, Masen envisageait d’annoncer vers fin 2013, le processus de préqualification du complexe solaire Aïn Beni Mathar pour qualifier les développeurs potentiels de ce complexe à travers des projets de production indépendante consistant en la conception, le financement, la construction, l'exploitation et la maintenance d’une ou plusieurs centrales d’une capacité totale d’environ 400 MW.
Masen cherche un risque zéro
tous les sites identifiés par le Plan solaire marocain doivent remplir l’ensemble des critères nécessaires à accueillir des centrales de différentes technologies, et surtout être conformes aux dispositions législatives et réglementaires prévues par les lois nationales ainsi que les conventions internationales auxquelles le Maroc adhère. Ils sont ainsi soumis à des travaux de qualification, notamment toutes les études géotechnique, sismique, topographique, les études d’impact environnemental, la mesure d’irradiation et les ressources hydriques. Selon notre source, ce changement ne devrait pas impacter le calendrier initial : une capacité minimale de production de 2 000 MW d’ici à 2020. À part Aïn Beni Mathar, tous les autres sites sont maintenus. Mieux encore, Masen a déjà une idée sur le site devant remplacer Aïn Beni Mathar.
M.B.H.
Une plateforme électrique internationale
Le Maroc importe aujourd’hui 97% de ses besoins en énergie, le pétrole représentant 61% de sa consommation énergétique, même si ce pourcentage tend à diminuer d’année en année.
La mise en œuvre de ces projets permettra de réduire la dépendance énergétique du Maroc de 97% à 85%, permettant une économie annuelle d'un million de Tonnes équivalent pétrole (TEP), d'une valeur de 500 à 700 millions d’US $.
En privilégiant l’énergie solaire et l’éolien, le Maroc a fait le choix du développement propre et durable, s’inscrivant parfaitement dans le cadre du processus de Copenhague. Parallèlement, le Royaume développe un programme éolien ambitieux de 1 500 MW, avec un investissement de 1,5 milliard d’US $.
Selon des études spécialisées, le potentiel de l’énergie éolienne
au Maroc s’élèverait à 25 000 MW. Grâce à ces projets, le Maroc
pourra tirer profit de sa position stratégique pour assumer le rôle de «plateforme électrique internationale» en tant que fournisseur et pont entre l'Europe et les pays du sud de la Méditerranée.
E.M.R.
