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Fermeture du site de parapente d'Aguergour

La fermeture en novembre dernier du site d’Aguergour, destination phare pour les parapentistes des quatre coins du monde, a été un véritable coup dur pour la population de cette localité de la province d’Al-Haouz qui vit essentiellement de cette activité touristique.

Fermeture du site de parapente d'Aguergour
Le site d'Aguergour était fort prisé des parapentistes du monde entier.

Baptisé l’«Annecy marocain», le village d’Aguergour se trouve à quelque 40 kilomètres de Marrakech et est le site du parapente le plus prisé au Maroc. La fermeture du site d'Aguergour situé dans la province d'Al-Haouz a été ordonnée par les autorités provinciales le lendemain même du premier Festival national de vol libre d’Aguergour lequel a eu un très vif succès. Avec cette fermeture, nombreux sont en effet les habitants de ce magnifique site niché au creux des montagnes qui voient tout un pan de l’économie locale s’effondrer. Contactées par «Le Matin», les autorités provinciales, tout en reconnaissant leur entière implication dans la réussite de ce grand événement sportif, font savoir que la décision de fermeture a été dictée par «des accidents consécutifs à des comportements irresponsables». Et de rappeler que «les activités avaient été suspendues sur ce site depuis 2010 en raison de la récurrence des accidents liés à une pratique anarchique, ouverte à un public non initié par des opérateurs non spécialisés, voire des amateurs».
Les autorités vont encore plus loin en avançant le fait qu’outre «l’absence de toute forme d’organisation, cette activité faisait l’objet de plusieurs réclamations des riverains du site dont les habitations étaient parfois survolées à très basse altitude, en violation de l’intimité sociale qui caractérise la région».
Cette version des faits a été complètement réfutée par un membre d’un club de parapente qui a préféré garder l’anonymat.

Tout en faisant part de «la situation déplorable» qui dure depuis des mois dans le village d’Aguergour, lieu incontournable pour les pratiquants du parapente tant nationaux qu’étrangers, il trouve d’autant plus étonnant que les autorités locales contribuent à l’organisation d’un festival, du 7 au 10 novembre, avant de procéder le lendemain à la fermeture du site «prétextant un accident sans gravité d’un parapentiste étranger». «Malgré trois mois de tentatives de dialogue avec les autorités provinciales, nous n’avons toujours pas eu d’écrit expliquant les vraies raisons de cette interdiction de vol», estime cet interlocuteur pour qui cette situation «prive plusieurs familles de leur gagne-pain quotidien et le Maroc d’un grand potentiel de touristes du monde entier.

D’ailleurs, plusieurs habitués du Royaume commencent à se tourner vers d’autres pays pour vivre leur passion», note-t-il.
De même, le propriétaire d’un gîte confie au journal que «le tourisme est mort depuis la fermeture du site. Je vis des moments difficiles dans la mesure où j’étais contraint de fermer mon établissement.
À court terme, tous les locaux qui ont investi dans le domaine du parapente (gîtes, hôtels, guides…) en pâtiront. Il ajoute que «chaque année, des dizaines de milliers de passionnés s’y rendent et s’adonnent à cœur joie à la pratique du parapente. Cette discipline sportive est un vecteur d’attractivité touristique durable», a-t-il dit.

Par ailleurs, depuis quelques semaines, les parapentistes et la population locale s’activent pour demander la réouverture de ce site via des pétitions lancées sur Internet. Dans ce contexte, plusieurs personnalités étrangères se sont jointes elles aussi à cette mobilisation de soutien aux différents clubs de parapente et à la population locale, dont le président de la commission disciplinaire de la Fédération française de vol libre, Jean-Christophe Landreau, et le directeur de l’école de parapente «Les Gens d’Air» à Saint-Pierre de Chartreuse (Sud-Est de la France), Vincent Brisard.
Les autorités provinciales soulignent qu’un groupe de travail, composé des représentants de la province et des secteurs du tourisme et de l’équipement, a été mis en place afin de préparer, «dans le respect des textes en vigueur, le cadre juridique d’homologation des sites (saut et atterrissage)».
D’autres sites de la province d’Al-Haouz sont également concernés par cette interdiction de vol, dont Ait Ourir et Ait Barka.

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