Nation

Semlali Aabadilah est retourné à la mère patrie après plusieurs années passées à Tindouf

«Il est de mon devoir de montrer au monde entier le vrai visage du Polisario»

author LE MATIN

Semlali Aabadila s’était fourvoyé en s’engageant aurpès du Polisario.  Mais peu de temps après, il a compris qu’il courait derrière un leurre.

Semlali Aabadila s’était fourvoyé en s’engageant aurpès du Polisario. Mais peu de temps après, il a compris qu’il courait derrière un leurre.

Semlali Aabadilah fait partie des 32 cadres du Polisario ayant participé au soulèvement de 1988. La répression a été féroce. Elle a fait des morts et des blessés, mais elle a surtout brisé le rêve de Semlali Aabadilah. Pour lui, l’idéal révolutionnaire n’était plus qu’un leurre. Il a perdu ses illusions. Plus de vingt-cinq ans après, il porte un regard lucide sur ces événements qui l’ont poussé à changer son fusil d’épaule et à regagner la mère patrie. «Je n’ai pas renié mes idéaux de jeunesse, je continue à les défendre, mais au sein de ma patrie».

En partant faire ses études en France au milieu des années 70, Semlali Aabadilah, un jeune marocain de Dakhla, n’imaginait pas que sa vie allait prendre une tournure impensable. Peu de temps après son installation à Paris, il a été récupéré par les idéologues du Front qui s’activaient dans les grandes capitales à la recherche de jeunes épris des valeurs de gauche, en vogue à l’époque. Très vite, il a cédé aux chants des sirènes du séparatisme. «J’avais l’esprit rebelle. Et puis la solidarité tribale a fait le reste. Depuis la France, on apprenait que nos proches étaient refoulés de l’autre côté des frontières par les soldats marocains. On nous montrait des images de nos proches, de nos voisins et amis embarqués de force dans des camions. Ce n’est qu’après qu’on a compris que c’était de la propagande. Une fois dans les campements, j’ai réalisé que les camions appartenaient aux militaires algériens.

Comme beaucoup de jeunes de ma génération, j’ai été mystifié», reconnait-il, avec un sourire blasé. Et d’ajouter : «on glorifiait le choix révolutionnaire et on présentait le Royaume comme le monstre qui voulait dévorer le doux agneau (le Polisario, NDLR). Mes parents et grands-parents, qui étaient restés au Maroc, avaient raison de ne pas croire à ces slogans», se remémore-t-il, amèrement. Mais une fois dans les camps de Tindouf, le jeune Aabadilah n’a pas tardé à ouvrir les yeux et découvrir la réalité sur le terrain. L’idéal révolutionnaire s’est effiloché, et les illusions se sont perdues. L’endoctrinement aveugle imposé aux populations le révoltait et le blocus militaro-idéologique l’étouffait. Il a fini par comprendre qu’il avait été berné. «C’était le contraire de ce dont je rêvais. Le désenchantement était total». Mais pour lui, il n’était pas question de persister dans l’erreur et de continuer à défendre une cause qui n’en est pas une. «Ma décision a été prise. J’ai pensé : à la première occasion, je regagnerai la mère patrie. Il n’est jamais trop tard pour s’amender», raconte-t-il.

Le soulèvement de 1988 auquel il a participé a été réprimé avec une férocité barbare. Il en a été quitte pour quelques fractures et contusions. Épargné, lui et d’autres cadres du Front, pour ne pas attiser la colère des populations, sa rancœur ne faisait que s’exacerber au fil des jours.
Pour amadouer les meneurs du soulèvement et acheter leur loyauté, la direction militaire a nommé, quelque temps plus tard, les éléments frondeurs, dont il faisait partie, dans différents postes. «Après quatre mois d’emprisonnement, j’ai été envoyé en mission en Mauritanie. Pour moi, c’était une occasion à ne pas rater», se rappelle-t-il. Sur place, il prend contact avec le consulat du Maroc à Nouadhibou. Les autorités marocaines ont fait ce qu’il fallait pour son rapatriement. «Je dois dire que j’étais quand même inquiet. Je n’étais pas sûr qu’on allait me recevoir à bras ouvert. Après tout, j’ai fait la guerre au Maroc. Mais j’étais prêt à tout et il n’était plus question que je persiste dans mes errements».

Après plus de 12 ans passés au milieu des campements de Tindouf, Semlali Aabadilah était enfin de retour au Maroc. Mais croire que cette parenthèse douloureuse de sa vie s’était refermée aurait été naïf de sa part. Sa femme et ses deux enfants sont restés dans les camps. Et ce déchirement familial l’empêchait de respirer la liberté à pleins poumons et de savourer ses retrouvailles avec ses proches à Dakhla. «Le plus dur, c’était mes deux enfants. La vie était devenue insupportable pour eux dans les camps». Tous les jours, ils subissaient l’animosité, les brimades, les traitements humiliants de leurs camarades de classe, avec la bénédiction bienveillante de leurs instituteurs. «Vous êtes les enfants d’un traitre, votre père est un vendu, il a trahi la révolution. Vous n’êtes pas des nôtres…, les remarques et les réflexions de ce genre, mes deux enfants y avaient droit tous les jours. Imaginez l’effet que cela peut avoir sur eux.

Ils ont fini par laisser tomber leur scolarité. C’était intenable», dit-il, ému. Heureusement que peu de temps après, les deux enfants ont pu enfin regagner la mère patrie grâce à leur grand-mère. Partie se faire soigner en Mauritanie, elle s’est payé les services d’un passeur qui leur a fait traverser les frontières. «Ma fille est rentrée en 1995, alors que mon fils a dû attendre 4 ans de plus. Elle vit actuellement en Espagne avec son époux et mon fils vit à mes côtés à Dakhla». À présent, Semlali Aabadilah, vit dans sa ville natale, tout en menant tous les jours une lutte acharnée contre les adversaires de l’intégrité territoriale du Maroc. «J’ai une dette envers ma patrie. Il faut que je m’en acquitte. C’est pourquoi j’ai fondé une association qui défend la marocanité du Sahara», explique-t-il.

Ayant vécu l’enfer de Tindouf, il tient à prendre part aux rencontres et débats qui se déroulent périodiquement au Conseil des droits de l’Homme de Genève. «Il est de mon devoir de montrer au monde entier le vrai visage du Polisario. Je n’ai pas renié mes idéaux de jeunesse, je continuerai à les défendre, mais au sein de ma Patrie», conclut-il.

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