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Mercredi 13 Mai 2026
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Développer une approche intégrée de Risk Management s'impose

Face aux risques que les mouvements de change font peser sur leurs trésoreries, les entreprises marocaines, et surtout les PME, adoptent une attitude plutôt conservatrice qui se manifeste d’un côté par l’absence de dispositif structuré et intégré de Risk Management ; et de l’autre par la faible utilisation des instruments de couverture à leur disposition. Avec le passage annoncé par Bank-Al-Maghrib au change flottant, les risques ne sont plus que de trésorerie, mais de survie.

Développer une approche intégrée de Risk Management s'impose
La décision d’acheter des instruments de couverture de change est semblable à la souscription de n’importe quelle assurance.

Un peu de terminologie

Si le taux de change correspond à la valeur d’une monnaie par rapport à une autre (on parle de parité), la politique de change désigne l’ensemble des règles sur la base desquelles un pays ou un ensemble de pays organisent la détermination de ce taux. Il existe schématiquement deux régimes de change. Le premier est le régime de change fixe où le cours d’une devise est déterminé par la Banque Centrale par rapport à un étalon qui est souvent une monnaie ou un panier de monnaies. Le deuxième est le régime dit de change flottant (ou flexible) où le taux de change est soumis à la loi de l’offre et de la demande et évolue librement sur le marché de change. Dans ce dernier cas, la banque centrale «perd la main» sur sa monnaie qui fait l’objet de transactions comme n’importe quel actif financier. Quant à la convertibilité, qui n’est pas à confondre avec le régime de change, elle consiste en la possibilité pour une monnaie d’être librement échangée contre une autre.

Pourquoi gérer le risque de change ?

Comme tout acte de gestion, les échanges à l’international comportent le risque que les gains escomptés ne soient pas ceux effectivement réalisés. L’entreprise peut ainsi payer plus que prévu ces fournisseurs et/ou recevoir moins de revenus de ses clients. Gérer activement ces risques est un acte de saine gestion et doit faire partie des tâches quotidiennes d’un manager. Certaines entreprises pensent, à tort, que la gestion du risque de change est complexe, coûteuse et élitiste. Elles estiment ne pas connaître assez les instruments et les techniques de couverture et que ceux-ci sont tellement spéculatifs qu’ils augmentent le risque de change, au lieu de le réduire. Or non seulement ignorer ce risque expose l’entreprise à des dangers multiples, mais la décision elle-même de ne pas le gérer est spéculative. En effet :
• Elle amplifie les effets des fluctuations des taux de change sur les marges bénéficiaires.
• Elle réduit la prévisibilité des mouvements de trésorerie à venir.
• Elle augmente la nécessité de prévoir avec précision dans quel sens évolueront les taux de change.
• Elle rend hasardeuse la fixation des prix des produits vendus sur les marchés d’exportation.
• Elle expose la compétitivité de l’entreprise dans le contexte de l’adoption par le Maroc du régime de change flottant.
Si beaucoup d’entreprises protègent leur patrimoine et leur personnel, en souscrivant des contrats d’assurances, il est tout à fait possible aujourd’hui de couvrir le risque de change à un coût raisonnable pour peu que les gestionnaires de l’entreprise prennent les mesures qui s’imposent pour le faire. La décision d’acheter des instruments de couverture de change est semblable à la souscription de n’importe quelle assurance. Comme il ne viendrait à l’esprit d’aucun dirigeant responsable de ne pas avoir de couverture de son patrimoine, la gestion des risques de change doit désormais être logée à la même enseigne.

Comment gérer le risque de change ?

Comme tout processus de Risk Management, la gestion du risque de change se structure en quatre étapes.
La première étape consiste à identifier tous les risques auxquels s’expose l’entreprise dans ses transactions à l’international. Il s’agit à ce stade de bien définir le risque à atténuer. Comme mentionné dans le papier (le risque existe, les solutions aussi), la plupart des entreprises souhaitent plus particulièrement gérer le risque de transaction. Ceci n’exclut pas le traitement des deux autres risques : comptable et économique.
La deuxième étape consiste à évaluer l’impact de ces différents risques de change sur les performances de l’entreprise. Ainsi, des simulations doivent être effectuées régulièrement pour mesurer l’impact de la variation des taux de change sur les principaux indicateurs financiers de l’entreprise : Ventes, coûts d’achat, marges, soldes de trésorerie, actifs et dettes.

La troisième étape consiste à formuler une politique de couverture, en répondant de manière précise aux questions suivantes :
• Quand faut-il couvrir le risque de change ?
• Quels sont les outils et les instruments à mettre en œuvre ?
• Qui a la responsabilité de gérer ce risque ?
• Comment seront mesurés les résultats de ces opérations de couverture ?
• Quelles sont les obligations en matière de communication de l’information relative aux activités de couverture du risque de change ?
La quatrième étape consiste à mettre en place des couvertures conformes à la politique de l’entreprise, en fonction des réponses apportées lors de la troisième phase du processus ; et d’en suivre périodiquement les résultats. Ceci est de nature à atténuer dans les faits le risque couru par l’entreprise. Le but étant de pouvoir rectifier le tir, en cas d’inadéquation entre objectifs formulés, moyens mis en œuvre et résultats obtenus.
Pour donner à ce processus toutes ses chances de succès, il est important de bien choisir la banque partenaire, en tenant compte de trois éléments : richesse de l’offre, qualité de service (les
erreurs à ce niveau peuvent être très coûteuses) et les frais des prestations qui doivent être maintenues à un niveau raisonnable. 

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