Emploi

Étude

Les vérités de l'entrepreneuriat au féminin

author LE MATIN

Avant de créer leur propre entreprise, la grande majorité des femmes sondées (73%) occupaient déjà des postes  en tant que dirigeantes, cadres ou employées dans une entreprise.

Avant de créer leur propre entreprise, la grande majorité des femmes sondées (73%) occupaient déjà des postes en tant que dirigeantes, cadres ou employées dans une entreprise.

L’évolution progressive du marché entrepreneurial féminin n’est plus à démonter. Cependant, des contraintes freinent cette dynamique. Le diagnostic de cette situation a fait l’objet d’une étude réalisée par LMS pour le compte de l’AFEM. Les résultats ont été présentés lundi dernier lors d’une conférence organisée à Casablanca et ponctuée de la présentation du bilan 2012-2015 de l’association.

Même si les femmes représentent une partie non négligeable de la population active marocaine, nombreuses sont celles qui ne réussissent pas leurs projets ou n’accèdent pas à des postes de décision.
Depuis son lancement en 2000, l’Association des femmes-chefs d’entreprises du Maroc (AFEM) n'a ménagé aucun effort pour encourager la gent féminine à explorer le monde des affaires et à apporter sa contribution significative à la promotion de l’égalité des genres.

Afin de mesurer l’évolution du marché entrepreneurial féminin, un diagnostic clair s’impose. En effet, il parait fondamental de faire une évaluation du vivier entrepreneurial au Maroc. Un objectif rempli par l’AFEM qui a conduit une étude, dont la finalité est d’établir l’état des lieux de la situation de l’entrepreneuriat féminin au Maroc et de proposer des recommandations. Cette mission a été confiée au bureau de conseil LMS qui a dévoilé les résultats de son travail lundi 15 juin 2015 à Casablanca. L’étude portait sur l’examen des différents éléments qui influencent la dynamique entrepreneuriale. Il s’agit du «Profil des femmes-chefs d’entreprise (FCE)», du «Type d’entreprises» et des «Contraintes et difficultés entravant l’action entrepreneuriale chez les femmes».

Dans son premier volet, l’enquête démontre que les entrepreneures marocaines requièrent dans leur grande majorité un niveau d’instruction élevé. Plus de 9 FCE sur 10 ont effectué des études supérieures, soit 92%. Le plus souvent, ces études sont menées dans le cadre d’une licence (30%) ou d’un master (23%). À noter qu’une majorité de trajectoires professionnelles transitent par le salariat. Ainsi, avant de créer leur propre entreprise, la grande majorité des femmes sondées (73%) occupaient déjà des postes en tant que dirigeantes, cadres
ou employées dans une entreprise. Autant de facteurs et de variables qui interfèrent incitant les femmes à retrouver l’autonomie économique et professionnelle notamment «la question de la maternité et les responsabilités liées à la gestion des enfants» et «les conflits dans le cadre du dernier emploi salarié». Pour ce qui est des entreprises créées et/ou gérées par les femmes au Maroc, les résultats de l’enquête confirment que 88% d’entre elles optent pour les Sociétés à responsabilité limitée (SARL) liées aux services employant moins de 9 à 10 salariés. La plupart d’entre elles (73%) sont implantées à Casablanca ou à Rabat ne dépassant pas un chiffre d’affaires de 20 millions de dirhams pour 59% des entreprises sondées (et 47% inférieurs à 4 millions de dirhams). Une majorité des sondées expliquent que seules les compétences entrent en ligne de compte dans leur politique de recrutement de leur entreprise, et ce, indépendamment du genre.

En dépit de la volonté affichée par les femmes d’explorer le monde des affaires, selon l’analyse de Abdenbi Louitri, consultant LMS, un certain nombre de freins sont susceptibles de handicaper la pérennité des activités entrepreneuriales. Ils sont généralement liés aux mentalités qui restent en décalage avec les avancées et engagements de la Moudawana et à la difficulté de combiner vie professionnelle et vie personnelle. Le syndrome du double fardeau pèse lourdement sur la capacité de maintenir l’équilibre. Autre difficulté et qui n’est pas des moindres : les problèmes avec les clients et l’accès difficile au marché. À noter que les éventuelles difficultés se rapportant à d’autres aspects notamment économiques, financiers, fiscaux et administratifs sont, d’une part, moins présentes, et d’autre part, perçues comme n'étant pas liées au genre. Pour parer à cette situation, un véritable cadre de promotion de l’entreprise féminine au Maroc a été mis en place notamment l’AFEM qui soutient la femme dans sa volonté d’entreprendre et milite pour améliorer sa représentativité au niveau des pouvoirs de décision.
La majorité des FCE sont favorablement prédisposées à y adhérer, soit 79%. Cependant, elles manquent souvent d’informations précises sur les actions menées par les associations (surtout en région) et sur les appuis ou soutiens qu’elles pourraient leur apporter.

En marge de cette rencontre, Laila Miyara, présidente sortante de l’AFEM, est revenue sur ces trois dernières années d’actions en échangeant autour des réalisations accomplies durant son mandat 2012-2015. Dans son exposé, quatre axes stratégiques ont été identifiés : Développement de l’entrepreneuriat féminin et service aux membres ; Création d’entreprises et Innovation ; Accompagnement de la régionalisation avancée et Représentativité de l’AFEM auprès des cercles de décision (voir entretien). Des élections auront lieu le jeudi 25 juin 2015, en marge de l’assemblée générale mixte pour élire la prochaine présidente. 


Entretien avec Leila Miyara, présidente sortante de l’AFEM

«La seule façon d'améliorer l’employabilité des femmes, c’est de booster l’entrepreneuriat féminin»

Éco-Emploi : Quelles sont les grands chantiers qui ont marqué votre mandature ?
Leila Miyara : Notre vision s’articulait autour de 4 axes stratégiques. Il s’agit tout d’abord du renforcement des services de l’AFEM au profit des membres qui sont les principaux clients. Ainsi, entre collaborateurs, s’établit une relation clients-fournisseurs. Nous avons travaillé d’arrache-pied pour garantir à nos adhérents un environnement et un terrain favorable pour les fidéliser et attirer l‘attention d’autres femmes. Le deuxième axe concerne le renforcement de la création d’entreprises surtout dans l’innovation. Le troisième axe porte sur l’accompagnement de la régionalisation avancée tandis que le dernier axe est relié à note vision de se positionner en tant que force de proposition par rapport au pouvoir de décisions et participer à la conception des politiques économiques du pays, et ce, pour une meilleure égalité et équité sociale. Pour ce qui est du premier axe, nous nous sommes beaucoup intéressés au volet formation, encadrement et accompagnement des entrepreneures pour développer et maintenir le cap fixé. Pour ce faire, 31 conventions ont été signées à l’échelle nationale et internationale notamment avec l’ambassade de Hollande, des Pays-Bas, l’Asmex, Maroc Export, la Caisse de gestion et de garantie (CGG), la Fondation populaire, Attijariwafa bank…
À travers nos partenariats avec les organismes de crédit, nos adhérentes ont pu bénéficier d’un soutien financier important. Le volet information n’a pas été en reste, nous avons mis en place un guichet unique pour justement informer et sensibiliser les femmes sur les mécanismes d’appui et sur les nouveaux outils de gestion.
Par rapport à la création d’entreprises, aujourd’hui nous disposons de 6 incubateurs (Casablanca, El Jadida, Rabat, Tanger, Meknès et Tétouan) au lieu de deux déjà existant avant notre mandat. En termes de chiffres, sur les 3 années, 110 entreprises ont vu le jour, 300 porteuses d’idées ont été accompagnées en période de pré-incubation, 2.000 personnes ont été sensibilisées et 13 nouveaux projets ont été lancés. Nos relations avec la Fédération Pionnières, un réseau international de près de 20 incubateurs et pépinières au service d’entrepreneures innovantes et créatrices d’emplois durables, ont été fortement renforcées à travers l’organisation de rencontres d’échange et de partage de l’information. Pour ce qui est de l’accompagnement de la régionalisation avancée, l’AFEM a pris l’engagement d’accompagner cette stratégie entamée par le gouvernement en renforçant ses délégations existantes et en créant de nouvelles. Aujourd’hui, nous sommes précurseurs de ce vaste chantier. Huit régions ont été atteintes abritant des bureaux opérationnels et structurés dotés de ressources humaines qualifiées. Côté force de proposition, nous avons élaboré des plaidoyers. L’AFEM siège dans le conseil d’administration de 12 institutions nationales et internationales notamment l’Asmex, l’CGEM, l’ANPME, l’AMDI, Maroc Export… Nous assurons également la vice-présidence du réseau des femmes-chefs d’entreprises de la Méditerranée et nous faisons partie d’un consortium de 6 pays arabes pour soutenir un projet avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) en faveur des investisseurs femmes marocaines.

Quelles perspectives pour l’employabilité des femmes marocaines ?
Aujourd’hui, le chômage connait une forte augmentation. Et quand on évoque ce problème, les premiers touchés sont malheureusement les femmes. Je pense que la seule façon d’augmenter l’employabilité des femmes, c’est de booster l’entrepreneuriat féminin, aider les porteuses de projets à créer leur propre entreprise. La possibilité qu’offre le statut de l’autoentrepreneur est une aubaine. Il faut saisir cette opportunité chapeautée par la Poste du Maroc et l’ANPME avec laquelle nous collaborons étroitement.
À mon avis, ce n’est pas la formation qui présente un problème, mais le manque de connaissances quant à la façon de conduire les affaires et de diriger son entreprise. Par exemple : comment manager, comment créer de la valeur, comment accéder au financement. Mission parfaitement accomplie par nos différents incubateurs.

Qu'en est-il de la relève ?
Asmae Mourine était vice-présidente de l’AFEM et responsable du pôle des Relations internationales et institutionnelles. C’est pour dire qu’il n’y aura pas de problème à assurer la continuité. Elle apportera certainement quelque chose par rapport à sa stratégie. Ne plus assurer la présidence, ne veut pas dire se désengager. L’AFEM nous a beaucoup appris. Je continuerai bien entendu à apporter mon soutien et mon appui, comme lors de ma mandature, et à œuvrer pour le développement de l’entrepreneuriat féminin. 

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