Un choix des plus prestigieux, sachant que Souad Chawki est la première musicienne marocaine à vouloir apprendre à jouer de cet instrument difficile (le qanoun ou cithare arabe) à un moment où les filles se faisaient rares dans les conservatoires du Maroc. C’était, comme elle disait, le désir de sa maman, avant même d’être l’élève puis l’épouse du défunt Ahmed Souleimane Chawki. Mais, il faut dire que c’est son talent, en premier lieu, qui l’avait aidée à devenir ce qu’elle est. «J'étais la première de la classe aussi bien pour le solfège que pour l'instrument».
Cette native de Casablanca en 1945 se voit, ainsi, tracer doucement une carrière musicale, très ancrée dans le répertoire arabe classique, épaulée en cela par son mari, le compositeur et professeur Ahmed Souleimane Chawki. Souad lui doit beaucoup et témoigne de sa capacité à faire aimer la musique à ses élèves. D’ailleurs, Souad avait obtenu en 1965 le premier Prix d'interprétation du qanoun de la classe du génie. Ce qui lui a valu d’être, dans le temps, la seule femme à obtenir ce diplôme dans un instrument très difficile dans son genre. «Le qanoun possède des cordes très fines. Ainsi, passer d’une gamme à l’autre s’avère aussi rude. Il faut être très soigneux, sinon on risque de rater le son qu’on désire», explique Souad Chaouki, dont les concerts ne manquent pas d’émerveiller l’assistance, à travers des mélodies rendant hommage à l’instrument qu’elle aime tant et partage avec d’autres qui souhaitent apprendre à le jouer.
