Le réalisateur marocain Saïd Khallaf présente actuellement dans les salles obscures nationales son film «A Mile In My Shoes». L’opus retrace le parcours d’un adolescent qui a toujours vécu dans la misère et la souffrance avant de décider de se venger d’une société sévère et intolérante.
Le jeune metteur en scène résidant au Canada a mis beaucoup de temps avant de réaliser et d’assimiler les horreurs commises à Casablanca, suite aux événements du 16 mai 2003.
Il a alors choisi d’exprimer à sa façon l’injustice qu’ont subie les victimes de ces attentats. Pour Saïd Khallaf, son film traduit la citation : «Avant de porter un jugement sur ma personne, sur ma vie ou sur mon caractère, mettez mes chaussures, parcourez mon chemin, vivez mon chagrin et mes doutes...» Son opus raconte la vie de «Saïd», personnage incarné par Amine Ennaji. Ce jeune vit dans l’un des quartiers les plus démunis de Casablanca.
Depuis son plus jeune âge, il a souffert de plusieurs types de souffrances : dans la famille, c’est son beau père qui l’agresse comme il agresse sa maman et sa sœur. Dans la rue, ce sont les voyous qui veulent abuser de lui sexuellement et profiter de lui pour se faire de l’argent. Et même en tant qu’apprenti avec des artisans, Saïd a été victime de tentative de viol de la part de ses employeurs. En prison aussi, Saïd n’échappe pas à cette malchance qui le poursuit partout.
Le point marquant dans son histoire, c’est qu’il s’est toujours trouvé dans des situations de défense, à la recherche d’une reconnaissance même minime de la part des autres, à la recherche d’un sentiment de sécurité de la part de la société. À chaque fois, il essaie de montrer aux autres que c’est lui la victime, qu’il ne cherche que la paix et un peu d’amour, mais tout au long de cette quête de soi, au milieu d’une société où il se sent perdu, il se retrouve d’une manière ou d’une autre dans la position du coupable, du criminel. Tout cela a généré en lui une certaine violence, une volonté vengeance. C’est ainsi qu’il a commis des vols et des crimes.
Son parcours plein de situations difficiles est le résultat logique d’une société où la faiblesse de l'individu mène à sa marginalisation, la pauvreté conduit au viol, et l’intolérance de l’autre pousse à faire du mal.
