Après une croissance anémique en 2016, les principales institutions de production de statistiques, nationales et internationales, se montrent plus optimistes pour 2017. Elles tablent toutes sur un rebond de l’activité économique au Maroc. La partie la plus optimiste reste le Fonds monétaire international (FMI) qui anticipe, dans son rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale publié le 4 octobre 2016, un taux de croissance de 4,8% pour le Maroc, après une année 2016 morose (taux de croissance prévu de 1,8%) qui a souffert d’un effet de base suite à la très bonne campagne agricole de 2015. Rappelons qu’à l’occasion de l’accord conclu en août dernier au titre de la ligne de précaution et de liquidité (d’un montant de 3,47 milliards de dollars) avec le Maroc, le FMI avait recommandé au Maroc de prendre d’autres initiatives pour doper la croissance potentielle et la rendre plus inclusive. Entre autres, il a cité l’assouplissement du taux de change, la promotion d’une croissance impulsée par le secteur privé ainsi que la mise en valeur du capital humain.
Après le FMI vient le gouvernement qui, dans le projet de loi de Finances 2017 adopté le 4 octobre par son conseil, table sur un taux de 4,5%. Ceci sur la base notamment d’une augmentation de 3,6% du budget alloué à l’investissement public par rapport à 2016. Celui-ci atteindra 190 milliards DH, dont 8,9 milliards consacré au Plan Maroc Vert, 11,7 milliards aux énergies renouvelables et 3,7 milliards au Plan d’accélération industrielle. En 2017, la reprise sera également au rendez-vous selon Bank Al-Maghrib. Lors de son Conseil tenu le 27 septembre dernier, la banque centrale, qui a ajusté à la hausse sa prévision de croissance de 1,2% à 1,4% pour 2016, prévoit un PIB en augmentation de 4% l’année prochaine. Cette prévision est basée sur une croissance non agricole qui s’accélérerait de 3,2% et sur une campagne agricole normale qui ferait rebondir la valeur ajoutée du secteur de 10%.
Les autres institutions tablent sur une croissance inférieure à 4% à commencer par la Banque africaine de développement (BAD). Selon ses prévisions de croissance pour le Maroc révélées dans son dernier rapport sur les «Perspectives économiques en Afrique 2016», publiées fin mai, la BAD projette une augmentation de 3,5% du PIB, soit près du double de 2016 (1,8%).
La croissance économique atteindrait également 3,5% en 2017 selon le HCP, sous l’hypothèse de l’évolution de la demande mondiale adressée au Maroc, la reconduction de la politique budgétaire et une production céréalière moyenne durant la campagne 2016/2017. Selon le HCP (Budget économique exploratoire 2017 publié en juillet dernier), le secteur primaire devrait, en effet, afficher une valeur ajoutée en hausse de 7,2% corrigeant la baisse de 9,7% estimée pour 2016. Les activités non agricoles devraient enregistrer une amélioration du rythme d’accroissement de leur valeur ajoutée, passant de 1,8% en 2015 à 2,3% en 2016 puis à 2,6% en 2017. Le secteur secondaire dégagerait une valeur ajoutée en amélioration de 3,5% au lieu de 3,3% en 2016, alors que celle du secteur tertiaire s’accroîtrait de 2,1% contre 1,9%.
Par ailleurs, la Banque mondiale doit livrer incessamment ses nouvelles prévisions à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe et du FMI organisées à Washington du 7 au 9 octobre. En attendant, dans son dernier rapport sur les Perspectives pour l’économie mondiale publié en juin dernier, l’institution de Bretton Woods table sur une augmentation du PIB marocain de 3,4% en 2017, contre 1,7% cette année.
