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Mardi 18 Juin 2024
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Des œuvres de Farid Belkahia autour du thème de l’arbre exposées à Marrakech

Une exposition des œuvres de feu Farid Belkahia intitulée «L’Arbre à palabres» est montée, depuis le 9 novembre, dans un musée portant son nom à Marrakech, à l’occasion de la COP 22. Initiée par la Fondation Farid Belkahia, présidée par l’écrivaine et épouse du défunt, Rajae Benchemsi, cette exposition s’intéresse à l’arbre dans l’œuvre grandiose du doyen de l’art moderne marocain décédé le 25 septembre 2014.

Des œuvres de Farid Belkahia autour  du thème de l’arbre exposées à Marrakech
Une œuvre de l’artiste-peintre feu Belkahia.

Écologiste avant l’heure, Belkahia avait abandonné, dès le début des années soixante-dix, la peinture à l’huile au profit de matériaux naturels fortement utilisés dans les arts traditionnels, dont le cuivre et la peau, qu’il traitera, de manière exclusive, avec des pigments naturels. Fasciné par la nature, ce pionnier de l’art contemporain et moderne marocain ne pouvait faire l’économie d’une thématique aussi fondamentale que celle de l’arbre. Toujours stylisé, l’arbre avait, dans l’œuvre du défunt, épousé souvent la forme d’un carré, d’un triangle, d’une croix ou plus fréquemment d’un cercle.

Farid Belkahia, qui avait peint pour la première fois une forêt en 1963, n’a cessé depuis lors de revenir sur la thématique de l’arbre qui fera l’objet d’études tant poétiques que philosophiques et spirituelles. Sa rêverie de l’arbre l’entraînera par la suite dans une dynamique d’exploration où, d’étape en étape, il interrogera l’arbre dans toutes ses dimensions, réelles, mais essentiellement symboliques. En effet, tout au long de son parcours fascinant, le défunt avait su marier tradition et modernité et faire de ces deux concepts son axe de pensée.

Il avait non seulement révolutionné l’art contemporain arabe et islamique, mais s’était également imposé comme artiste international reconnu par de nombreux collectionneurs et musées aux quatre coins du globe. Un musée portant son nom a été créé il y a plus d’un an et demi en vue de perpétuer l’œuvre de cette icône de la révolution culturelle au Maroc et de faire partager son legs artistique avec les générations montantes. Le défunt était, «par sa personnalité, son œuvre et son combat, l’homme qui incarnait et incarne toujours la renaissance d’un art contemporain marocain extraordinairement vivant, créatif et très profondément ancré dans les traditions et ouvert sur le monde. Il était un personnage d’exception et son œuvre est d’une originalité radicale. C’est un artiste de la vie, de l’amour et de la liberté», avait confié au journal «Le Matin» l’ancien ministre français de la Culture et président de l’Institut du monde arabe, Jack Lang, lors de la cérémonie d’ouverture de ce musée.

Né en 1934 à Marrakech, feu Farid Belkahia avait commencé à exposer à l’âge de 15 ans. En 1959, il se rend à Paris où il poursuit ses études à l’École des beaux-arts puis à Prague où il étudie la scénographie à l’Académie de théâtre. De retour au Maroc, il était nommé directeur de l’École des beaux-arts de Casablanca où il avait réussi à rénover le concept de l’art et de son enseignement en s’entourant, de 1962 à 1974, d’une équipe de pionniers, dont les peintres Melehi, Chebaâ, Azema, Hamidi et des historiens de l’art comme Toni Maraini et Bert Flint. 

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