La Commission européenne vient d’annoncer l'ouverture d'une enquête approfondie sur les aides publiques accordées par le Royaume-Uni à la centrale électrique de Drax. L’enquête a pour objectif de déterminer si le projet visant à soutenir la conversion à la biomasse d’une partie de la centrale à charbon de Drax est conforme aux règles de l’Union européenne (UE) concernant les aides d’État. Dans un communiqué, la Commission affirme soutenir pleinement les efforts accomplis par les États membres pour accroître l’utilisation des énergies renouvelables et atteindre les objectifs de l’UE en matière d’énergie et de climat. Dans le même temps, les règles de l’Union sur le volet d’aides d’État sont destinées à veiller à ce que le coût de telles aides soit limité pour les consommateurs et à ce que celles-ci ne confèrent pas à certains exploitants un avantage indu par rapport à leurs concurrents. «En conséquence, la Commission poursuivra son enquête afin de s’assurer que les fonds publics utilisés pour soutenir le projet Drax sont limités au strict nécessaire et ne donnent pas lieu à une surcompensation. Elle examinera également si les effets positifs du projet en termes de réalisation des objectifs de l’UE en matière d’énergie et d’environnement l’emportent sur les distorsions de concurrence potentielles sur le marché de la biomasse», est-il souligné. La centrale électrique de Drax est une centrale thermique à charbon située dans le Yorkshire du Nord. C'est la plus grande centrale thermique au charbon d'Europe ; elle produit 7% de l'électricité de toute l'Angleterre.
En avril 2015, le Royaume-Uni avait notifié son intention de subventionner la conversion d’une unité de la centrale à charbon de Drax en une unité alimentée uniquement à la biomasse. L’unité concernée par cette mesure aurait la capacité de générer 645 MW d’électricité d’origine renouvelable produite exclusivement à partir de granulés de bois. Selon les estimations du Royaume-Uni, la centrale fonctionnerait jusqu’en 2027 et fournirait environ 3,6 TWh d’électricité par an. Elle consommerait environ 2,4 millions de tonnes de granulés de bois par an, importés principalement des États-Unis et d’Amérique du Sud. La Commission craint que les effets négatifs que la mesure aurait sur la concurrence l’emportent sur ses effets positifs en termes de réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020 concernant les énergies renouvelables.
«La Commission entend examiner plus en détail si ses craintes sont fondées. Elle donnera à tous les tiers intéressés la possibilité de faire connaître leur point de vue sur ces questions avant de finaliser son appréciation», conclut la Commission.
