Économie

Grande-Bretagne

La chute de la livre rappelle d'inquiétants précédents

author LE MATIN

«Une crise serait quand la baisse du sterling refléterait un manque de confiance dans les perspectives économiques du Royaume-Uni ou sa politique  économique. Ici, il s'agit plutôt de la prise en compte de chocs», estime Charlie Bean, ancien chef éco

«Une crise serait quand la baisse du sterling refléterait un manque de confiance dans les perspectives économiques du Royaume-Uni ou sa politique économique. Ici, il s'agit plutôt de la prise en compte de chocs», estime Charlie Bean, ancien chef éco

La chute de la livre sterling à son plus bas niveau depuis 31 ans face au dollar, dans des échanges de plus en plus heurtés, fait craindre que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ne déclenche une crise monétaire comme celles de 1967, 1976 ou 1992. La rapidité du plongeon du sterling et la volatilité des échanges sont déjà symptomatiques d'une crise, et la plupart des observateurs s'attendent à ce que la devise perde encore du terrain avant de se stabiliser. Pour autant, il n'y aura de véritable crise monétaire que lorsque la baisse de la valeur du sterling découragera les investissements de portefeuille étrangers qui sont vitaux pour compenser l'important déficit britannique des comptes courants.

Cela pourrait alors déclencher une spirale de baisse pour les actions et les obligations britanniques, ce qui affaiblirait encore la monnaie et risquerait d'attiser d'inflation, compliquant ainsi l'action de la Banque d'Angleterre (BoE) au cas où elle voudrait assouplir encore les conditions de crédit pour soutenir l'activité.
Les investisseurs qui craignent ce cercle vicieux ont pu avoir vendredi dernier le sentiment que les détenteurs étrangers d'actifs britanniques commençaient à perdre patience. Sur les trois derniers jours, les obligations souveraines britanniques et les valeurs moyennes de la Bourse de Londres, plus exposées au marché intérieur que les grands noms du Footsie, ont reculé de concert avec la livre pour la première fois depuis les lendemains immédiats du référendum du 23 juin sur le Brexit.
Le mouvement vendeur n'a pas viré à la débâcle toutefois, et les observateurs, tout en convenant que les incertitudes liées au Brexit pèseront longtemps sur la devise, n'en sont pas encore à parler de nouvelle crise du sterling.

Ajustements

En 1967, le sterling avait abandonné l'étalon-or et subi une forte dévaluation. En 1976, le Royaume-Uni avait été contraint d'appeler au secours le Fonds monétaire international. En 1992 enfin, le financier George Soros avait «fait sauter» la Banque d'Angleterre en pariant contre la livre et sur la sortie forcée du pays du mécanisme de change européen, précurseur de l'euro.
Les professionnels des marchés qui ont connu cette période disent qu'il faudrait des signes manifestes d'un désengagement des fonds étrangers et des Banques centrales vis-à-vis du Royaume-Uni pour que l'agitation actuelle devienne une crise.

La Grande-Bretagne affiche le déficit courant le plus élevé du monde développé, à près de 6% de son produit intérieur brut. Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, a pu ainsi dire que le pays comptait sur «la bienveillance des étrangers» pour joindre les deux bouts.
Si le flot de capitaux étrangers venait à se tarir, les choses commenceraient à se compliquer sérieusement comme l'ont montré les crises de changes de plusieurs pays émergents dans les dernières décennies, notamment au Mexique en 1995, en Thaïlande en 1997 et au Brésil en 1998. «On n'est pas dans une crise du sterling, mais la situation peut le devenir», dit Nick Parsons, co-responsable de la stratégie des changes à la National Australia Bank, qui connaît depuis 30 ans le marché forex (Foreign Exchange). David Bloom, responsable mondial de la stratégie forex chez HSBC, est du même avis et relève que les investisseurs étrangers sont toujours acheteurs des actions britanniques. «Les détenteurs étrangers d'actifs britanniques n'ont pas à s'inquiéter, en tout cas pas maintenant. Ceci est un ajustement et nul ne doit être surpris», dit-il.

Le sterling a touché un nouveau plus bas depuis 1985 de 1,14 dollar, contre 1,26 auparavant, aux premières heures de vendredi avant d'effacer l'essentiel de sa baisse. La Banque d'Angleterre a dit enquêter sur les causes de ce «flash crash». Cet incident est venu clôturer une semaine difficile pour la livre après les propos de Theresa May, la Première ministre britannique, affirmant le dimanche précédent qu'elle déclencherait avant fin mars le processus de sortie de l'UE. Les marchés y ont vu le signe annonciateur d'un «hard Brexit» où Londres renoncerait aux avantages du marché unique européen en contrepartie d'une souveraineté retrouvée dans le domaine de la politique migratoire.

Le 5 octobre, les investisseurs ont encore été surpris d'entendre Theresa May dénoncer les «effets secondaires négatifs» de la politique monétaire accommodante de la Banque d'Angleterre. Le rendement des obligations d'État britanniques à 10 ans est passé en l'espace d'une semaine de 0,70% à 1,00%, témoignant des craintes des investisseurs de voir le sterling faible alimenter l'inflation.
Alan Clarke, économiste chez Scotiabank à Londres, estime que la chute de la devise depuis le référendum se traduira par une hausse de deux points du taux d'inflation, qui culminera selon lui à 2,6% en novembre 2017 contre 0,6% en août.

La «dure réalité» du Brexit

Depuis le référendum, la livre a reculé de 17% face au dollar et à l'euro. Sur une base pondérée des échanges commerciaux, elle a perdu 18% de sa valeur, soit sa plus mauvaise performance annuelle depuis les années 1970.
Jusqu'ici la BoE a laissé faire, attendant que la monnaie trouve d'elle-même un plancher. Mais la Banque centrale a certainement accéléré le mouvement en décidant début août de baisser ses taux et de relancer son programme d'achat d'actifs pour rassurer les marchés après le choc du 23 juin. Le ministre des Finances, Philip Hammond, a expliqué vendredi la dernière baisse du sterling par le fait que les investisseurs prenaient conscience de la réalité «dure et froide» du Brexit. Il a ajouté s'attendre à d'autres «hauts et bas».

«Une crise serait quand la baisse du sterling refléterait un manque de confiance dans les perspectives économiques du Royaume-Uni ou sa politique économique. Ici il s'agit plutôt de la prise en compte de chocs», estime Charlie Bean, ancien chef économiste de la Banque d'Angleterre.

Il est peu concevable que la BoE intervienne directement sur le marché pour tenter de soutenir la livre comme en 1992 quand elle avait puisé largement dans ses réserves avant de céder face à la pression de Soros et des marchés. Ben Broadbent, vice-gouverneur de la Banque centrale, a certes dit mercredi que la BoE pourrait «en principe» revenir sur sa politique monétaire ultra-accommodante et relever ses taux si la baisse de la livre était trop préoccupante, mais beaucoup d'analystes jugent cette hypothèse peu probable.

Le plus bas historique de la livre, 1,05 dollar, remonte à 1984. Cela représenterait une baisse supplémentaire de 15% par rapport aux niveaux actuels, ce qui ne semble pas hors de portée. Mais plus que ce seuil, c'est l'approche de la parité qui pourrait faire réagir le gouvernement ou la Banque centrale. «Si la livre vaut moins d'un dollar ou moins d'un euro, c'est sûr qu'on peut parler de crise du sterling», commente Nick Parsons. 

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