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Jeudi 24 Septembre 2026
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La Fondation Orient-Occident lorgne l’Afrique

Pionnière dans la protection des droits et l’accompagnement des migrants au Maroc, la Fondation Orient-Occident a vu ses efforts récompensés par le Prix de l’entrepreneur social 2016 de la Fondation Schwab.

La Fondation Orient-Occident lorgne l’Afrique
La Fondation organise régulièrement des défilés pour commercialiser les produits de la coopérative «Migrants du monde».

Les migrants seraient porteurs de menaces et de risques sécuritaires dans l’imaginaire de certains. Pour d’autres, comme Yasmina Filali, fondatrice et présidente de la Fondation Orient-Occident, les migrants représentent une véritable richesse et un apport culturel indéniable pour les pays d’accueil. Pour faire valoir cette richesse et aider les migrants dans leur processus d’intégration, sa Fondation s’active depuis 1994 dans plusieurs projets ciblant les migrants, mais aussi les Marocains que ce soit dans le monde rural ou dans les villes. Une implication sur le terrain qui a valu à la présidente de la Fondation la récente consécration de l’Entrepreneur social de l’année 2016 en Afrique et dans la région Afrique du Nord/Moyen-Orient, délivrée par la Fondation Schwab pour l’entrepreneuriat social en partenariat avec le World Economic Forum. Une consécration qui n’est ni anodine ni le fruit du hasard, puisque la Fondation a été pionnière dans la protection des droits des migrants notamment. Elle avait mis en place dès 2007 à Rabat le premier centre d’accueil au Maroc destiné aux migrants, réfugiés et demandeurs d’asile, en partenariat avec le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies. Pour la seule année 2015, le centre a accueilli pas moins de 1.804 personnes, dont 1.040 réfugiés, 369 demandeurs d’asile et 395 migrants, issus de 24 nationalités.

«Depuis plus de 8 ans, nous nous activons dans l’assistance psychologique et financière des migrants. On s’occupe aussi de la formation et l’éducation en insérant les enfants des migrants dans les écoles publiques marocaines.

D’ailleurs, 300 enfants de migrants ont pu intégrer le système éducatif public», nous déclare non sans fierté Yasmina Filali. En parallèle, la Fondation initie des activités génératrices de revenus au profit des migrants. C’est ainsi que des coopératives ont vu le jour dans des secteurs variés comme la couture, la broderie, les bijoux, la coiffure et l’esthétique, sans oublier les marchés intercommunautaires de produits africains.
À ce jour, la Fondation a pu accompagner plus de 25.000 bénéficiaires marocains et migrants. Et ce n’est que le début, à en croire sa présidente qui ne cache pas ses ambitions africaines, puisqu’elle compte implémenter plusieurs programmes, qui ont déjà fait leurs preuves au Maroc, sur le continent africain. 


Questions à Yasmina Filali, présidente de la Fondation Orient-Occident

«Nous comptons nous attaquer à la migration climatique en Afrique»

Vous venez de recevoir le prestigieux Prix de l’entrepreneur social 2016 de la Fondation Schwab pour vos efforts en faveur des migrants. Que représente pour vous ce prix ?
Ce Prix représente pour la Fondation une reconnaissance internationale et un atout pour promouvoir le modèle marocain d’intégration des migrants. Il s’agit également d’une vitrine pour la société civile marocaine, puisque ce prix nous permettra de faire partie d’un grand réseau d’entrepreneurs sociaux à travers le monde.

Protéger les droits des migrants passe aussi par la valorisation de leur culture. Comment le Festival Rabat-Africa peut-il y contribuer ?
Pour changer l’image qu’ont certains des migrants, il fallait jouer sur l’interculturalité et le partage. C’est dans cet objectif que nous avons lancé le Festival Rabat-Africa. Cette manifestation rend hommage aux talents africains à travers danses, chants, expressions corporelles, musique, mais aussi par des projections de films, des conférences, des lectures et des expositions d’œuvres d’art.
Vu son succès, nous avons pensé à l’exporter en Europe. En septembre 2016 aura lieu la première édition du Festival Rabat-Africa en Italie. Nous comptons aussi le dupliquer en France.

Vous vous êtes intéressés récemment à la migration climatique. Est-ce un nouveau credo pour la Fondation ?
La prochaine vague de migrations dans le monde sera climatique. Il y a 3 ans, nous avons collaboré avec des experts indiens, dans la région d’Ouarzazate, pour la mise en place d’un programme pour la collecte des eaux pluviales afin de renforcer les ressources hydriques en milieu rural. On compte élargir ce projet dans plusieurs régions au Maroc et en Afrique. 

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