Explosion de joie au stade Moulay El Hassan après le coup de sifflet final de l’arbitre Noureddine Jaâfari. Les supporters scandaient Botola Fathia. La joie était à la mesure de l’attente qui a duré 70 ans. Eh oui, cela fait 70 ans que le Fath union sport attendait son sacre. Des gradins en euphorie, une liesse hystérique des joueurs courant dans tous les sens, à l’exception du capitaine, Mourad Batna, couché au sol en sanglots. En effet, le meneur du Fath pleurait de joie d’avoir réalisé le rêve des fans et des dirigeants du club. La joie démesurée des joueurs du club de la capitale contrastait avec la détresse des joueurs oujdis, allongés sur la pelouse les mains cachant les visages.
Pour revenir à la rencontre, tout avait bien commencé pour le Fath, qui a ouvert le score dès la quatrième minute par l’inévitable Mohamed Fouzir. Sans se décourager, le Mouloudia a égalisé à la 28e minute par Bakayoko. Ce but a plongé le stade Moulay El Hassan dans le doute. Touchés dans leur amour propre, les joueurs du Fath ont haussé le ton en seconde mi-temps. La domination des Rbatis a porté ses fruits dès la 53e minute, puisque Marouane Saadane a donné l’avantage à son équipe en battant le gardien Issam Lahlafi. Ce second but a libéré les joueurs de FUS qui ont continué à dominer les débats, réussissant à inscrire un troisième but par Abdeslam Benjelloun à la 75e minute. Mohamed Fouzir a clos le festival offensif du FUS en inscrivant le quatrième but dans les arrêts de jeu. Entretemps, Bakayoko a réduit le score pour le MCO à la 85e minute.
Victoire inutile du Wydad
Malgré sa victoire sur le Moghreb de Tétouan (2-0), le Wydad de Casablanca, qui a longtemps fait cavalier seul à la tête du classement, a échoué à conserver son titre. Le club casablancais avait besoin en plus de sa victoire d’un faux pas du Fath. Un scénario qui ne s’est pas produit au grand désarroi des milliers de supporters des Rouges. Il faut dire que le WAC a accusé une baisse de régime lors de la dernière ligne droite du Championnat. À défaut du titre, le Wydad est qualifié directement à la Ligue des champions d’Afrique. Une prouesse que son éternel rival, le Raja, n’a pas réussi à réaliser après sa lourde défaite samedi à Tanger face à l’Itihad local.
Déclarations :
Hamza Hajoui, président du FUS
«Le mérite revient au coach, à son staff et aux joueurs»
«Je dédie ce titre à Sa Majesté le Roi, au Président d’honneur du club S.A.R. Le Prince Moulay Rachid et au président du comité directeur, Mounir El Majidi, qui nous a beaucoup aidés, ainsi qu’aux membres de mon bureau. Cela fait trois ans que nous sommes sur ce projet. Je tiens à remercier infiniment les joueurs, le staff technique et le public rbati, tout en ayant une pensée pour mes prédécesseurs à la tête du FUS. Qui pouvait penser que le FUS remporterait le titre. Chaque match était pour nous une finale. Le premier jour, on nous disait que le coach Regragui était encore jeune et sans grande expérience, mais il s’est avéré que le comité directeur avait eu raison de l’engager. Walid dispose de qualités intrinsèques qu’on ne pouvait soupçonner. Le mérite revient donc à lui, à son staff et aux joueurs qui ont prouvé qu’ils avaient l’étoffe de grands champions. Mais nous ne pouvons oublier le formidable public fussistes qui répondait toujours présent et qui nous a beaucoup supportés. Nous souhaitons qu’il vienne encore plus nombreux la saison prochaine. En tout cas, on est toujours au stade de projet de grand club et je pense qu’on est sur la bonne voie, celle du succès, de l’encadrement des jeunes, celle d’être un véritable acteur dans la ville de Rabat.»
Walid Regragui, entraineur du FUS
«Le Fath mérite son titre»
«Je pense qu’on a la meilleure équipe du Championnat et cela n'a jamais été de simples paroles. Batna est un joueur fantastique, je souhaitais le voir remporter le titre de meilleur buteur. Mais il se souviendra qu’il est le premier capitaine d’équipe dans l’histoire du FUS à remporter le titre de champion. Moi, j’étais dur avec mes joueurs et il le fallait. On a fait comme le WAC qui a totalisé 58 points l’année précédente. L’entraineur Toshack a poussé son effectif à l’extrême, mais nous les avons gagnés en aller et retour tout comme l’autre bonne équipe, l’IRT. C’est pourquoi je dis que le FUS mérite le titre. Moi, je ne changerai pas mes déclarations, qui semblent ne pas plaire à certains. Je n’ai fait que défendre mes joueurs. Je souhaite que Batna accepte de rester avec nous la saison prochaine.»
Mourad Batna, capitaine du FUS
«Un moment historique»
«C’est un grand jour et un moment historique. Cela fait 70 ans qu’on attendait ce moment. Nous comptons rééditer l’exploit l’année prochaine. C’était très dur, car nous luttions sur trois fonts : le Championnat, la Coupe du Trône, et la Coupe de la CAF. L’équipe a été soumise à une forte pression, car il fallait donner le maximum dans chaque match. On a rempli notre mission.» Propos recueillis par B.O.
