À quelques mois du scrutin du 7 octobre, les rapprochements entre formations politiques sont de nouveau remis au goût du jour. Dans ce cadre, trois formations politiques viennent de sceller une alliance dont l’annonce sera faite demain à Rabat en présence des représentants des médias. Lors de cette rencontre, elles comptent présenter les grandes lignes ainsi que les objectifs de leur initiative commune. Les trois formations concernées sont le Parti du renouveau et de l’équité (PRE), le Parti Al Aahd Addimocrati et le Parti marocain libéral (PML). Cette alliance est le fruit, d’après elles, d’un travail et d’échange qui a été initié depuis six mois pour se mettre d’accord sur les mécanismes de cette coopération tripartite.
«C’est un cadre qui va nous permettre d’atteindre des objectifs communs. C’est une démarche nécessaire pour affronter les prochaines échéances électorales. La volonté de travailler ensemble est le résultat de réflexions et de contacts que nous avions entamés depuis un certain temps. Ce qui a abouti à la mise sur pied de ce mouvement qui reste ouvert à d’autres forces politiques», nous confie Chakir Achahbar, président du PRE. Ainsi, selon les trois formations, l’objectif n’est pas seulement de se préparer aux prochaines élections, mais aussi de faire de ce scrutin une date importante et d'agir pour encadrer les gens pour que ces élections se démarquent, sur le plan qualitatif, des précédentes échéances législatives…
«Nous avons travaillé ensemble autour de cette idée que nous voulons mettre en avant et expliquer comment nous allons y arriver», souligne Chakir Achahbar. Par ailleurs, il faut souligner que le PRE fait aussi partie d’un front composé d’une dizaine de petites formations qui avaient adressé, en avril dernier, un mémorandum pour défendre trois idées en relation avec les préparatifs des prochaines législatives. Ces partis avaient demandé, en premier lieu, que le mode de scrutin ne prévoie pas de seuil électoral pour permettre aux petites formations d'être également représentées au Parlement. En deuxième lieu, ils avaient appelé les pouvoirs publics à traiter les formations politiques sur un pied d’égalité en ce qui concerne le financement public des campagnes électorales. En troisième lieu, permettre à ces formations de bénéficier, elles aussi, au même titre que les grands partis, de l’accès aux médias publics.
Chakir Achahbar soutient que la nouvelle alliance défend ces mêmes idées politiques. «Mais nous voulons, en plus, ouvrir le débat sur la vision de la participation politique au prochain scrutin. On se demande quelle est l’offre politique qui pourrait casser le cercle vicieux qui caractérise la politique au Maroc et qui mettrait fin à l’absentéisme. Ce nouveau front prétend détenir des propositions de solution à ces problématiques, une vision et une volonté pour agir pour le changement de cet état de fait. Nos trois partis travaillent ensemble dans ce sens», souligne-t-il. Or une question se pose : les trois formations envisagent-elles d’aller ensemble pour les prochaines élections à travers des listes communes de candidats ? Pour l’instant, le cadre juridique ne permet pas cette possibilité. Mais ils espèrent que, comme c’était le cas lors des dernières élections communales, la révision du cadre juridique relatif à la Chambre des représentants et aux partis politiques aille dans le sens autorisant des alliances électorales. Quoi qu’il en soit, insiste M. Achahbar, l’objectif du rapprochement des trois formations va plus dans le sens d’une alliance politique qu’électorale.
