Économie

Réforme des retraites

Le scoop que tout le monde connait

author LE MATIN

Le vieillissement de la population que nous vivons s'accommode fort bien avec un régime par capitalisation.

Le vieillissement de la population que nous vivons s'accommode fort bien avec un régime par capitalisation.

Dans son réquisitoire contre la faillite potentielle des régimes de retraite au Maroc, Monsieur Jettou n’y est pas allé de main morte. Il a jeté la lumière sur les dangers potentiels que présente la persistance de la situation actuelle et les limites des solutions actuellement sur la table. Et dans un exercice de «gouvernment bashing», il a pointé l’incapacité de l’exécutif à résoudre ce problème, pourtant, soulevé par ses équipes il y a déjà trois ans. Le seul détail est que les solutions jugées insuffisantes par le président de la Cour des comptes ont été proposées par ses propres équipes. Déroutant !

Dire, sur un ton d’Oracle, que les caisses de retraite font face à une faillite imminente, c’est prévoir le passé. On y est déjà ! Cependant, quand les sages de la Cour des comptes proposaient fin 2013 leurs solutions «magiques» dites paramétriques et le regroupement des régimes actuels dans deux grandes caisses : l’une pour le privé et l’autre pour le public, nous avions critiqué leur faible portée, alors qu’à l’époque elles étaient présentées comme la voie unique de sortie de crise.

Nous avions pourtant mis en garde

Dans une série d’articles que nous avons consacrée aux régimes de retraite (voir le matin du 26-12-2013, du 09-01-2014 et du 16-01-2014), nous avions mis en garde contre l’inadéquation et l’insuffisance des solutions proposées par la Cour des comptes dans son fameux rapport. C’est ainsi que nous avions écrit : «La crise des retraites au Maroc est systémique, c'est-à-dire qu’elle est liée à la nature même de ce système injuste et archaïque, qu’on appelle la retraite par répartition. Ajoutons à cela, la façon invraisemblable dont les caisses ont été gérées et la générosité des pensions servies aux premières générations de retraités. Quand on maintient sous perfusion le système en poussant l'âge de départ à la retraite, ce qu’on n’explique pas aux Marocains, c’est que ce rallongement sert à payer les pensions des retraités d’aujourd’hui, mais rien ne leur garantit, quand bien même ils auront travaillé jusqu’à 65 ans, qu’ils toucheront une retraite pleine. Cela dépendra des paramètres démographiques futurs que personne ne maîtrise. De toutes les manières, ceux qui suggèrent des solutions aujourd’hui ne seront plus là pour en rendre compte. Les mesures proposées permettent au mieux de maintenir le système quelques années de plus. Que ferons-nous alors ? Demander aux Marocains de travailler jusqu’à 72 ans. Jusqu’où ira le prolongement de la durée de travail ? Et puis soyons sérieux, quelle productivité sommes-nous en droit d’exiger à partir de 65 ans ? Au nom de quelle justice demandons-nous à un Marocain qui cotise toute sa vie de payer pour quelqu’un qu’il ne connaît pas et attendre que quelqu’un qu’il ne connaîtra jamais paye pour lui ? Lorsque Bismarck avait introduit ce système en Allemagne en 1883, il avait fixé l’âge de la retraite à 70 ans pour une population qui vivait en moyenne jusqu’à 45 ans.

L’autre solution qui consiste à augmenter les taux des cotisations est tout aussi mauvaise, car elle se traduira par une charge additionnelle sur le budget de l’État pour les caisses publiques et par un renchérissement du coût du travail, déjà élevé, pour les caisses privées, favorisant la sous-déclaration et le travail au noir et donc réduisant l’assiette des cotisations. Ce que nous gagnerons d’une main, nous le perdrons de l’autre. Aujourd’hui, le système que nous voulons maintenir vaille que vaille ne tient plus et il est voué à l’effondrement. Tant que nous ne réglons pas le problème en profondeur, nous ne faisons que le transférer à nos enfants.
Enfin, la décision, actuellement en projet, qui consiste à regrouper les caisses dans deux pôles public et privé, est non seulement inefficace, mais potentiellement dangereuse. Elle résout une part marginale du sujet et revient à concentrer les risques au lieu de les répartir et à mettre le bon fruit et le fruit avarié dans le même panier.

En cas de choc, tout le système est affecté, au lieu que les pertes soient isolées. Dans un système de retraite ne souffrant d’aucun risque systémique, deux variables peuvent causer son déficit. Des taux de rendement faibles et/ou des frais de gestion élevés. La solution de regrouper les caisses accentuera le deuxième risque sans prévenir le premier, qui dépendra de toute manière de l’état du marché
financier».

La solution ? le mot qu’aucun responsable n’ose prononcer

Dans le feuilleton du «politiquement correct» qu’on nous diffuse actuellement, nos responsables pointent le mal, mais n’osent plus s’avancer sur les solutions, tant elles ne sont pas dans l’air du temps. Or le problème, on ne le dira jamais assez, est dans la nature même du régime de retraite par répartition, dépassé par les réalités démographiques du Maroc. La solution est d’organiser la disparition de ce régime archaïque et de lui substituer des régimes par capitalisation.

Ce mot capitalisation, qu’aucun responsable n’ose prononcer, est paradoxalement la bonne solution. Un autre cri que nous avions lancé en 2014, mais qui n'a pas trouvé d'écho, car à l’époque les solutions de la Cour des comptes, dont M. Jettou vient souligner aujourd’hui l’insuffisance, étaient à la mode, d’autant plus qu’elles avaient reçu le cachet du Conseil économique, social et environnemental. C’est ainsi que nous avions écrit dans l’édition du «Matin» du 16-01-2014 : «Si on tient à la répartition, il faut impérativement résoudre la question démographique. Sinon, le vieillissement de la population que nous vivons s'accommode fort bien avec un régime par capitalisation. Mais on ne peut pas appliquer un système de jeunes (répartition) à une population qui vieillit». Combien de temps devrons-nous encore attendre pour entamer les vraies réformes ? 

Par Nabil Adel
M. Adel est chef d'entreprise, consultant et professeur d’Économie, de stratégie et de finance. Il est également directeur général de l'Institut de Recherche en Géopolitique et Géo-économie à l'ESCA.
[email protected]

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