L’accessibilité des lieux publics aux personnes à mobilité réduite est un enjeu majeur de notre société. La mise en accessibilité de la voirie, des bâtiments et des espaces publics requiert une véritable volonté politique et un engagement ferme de l’ensemble des parties concernées pour relever ce grand défi tant financier que technique. Dans ce cadre, la ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui, a effectué, le 20 mai, une visite à Marrakech où elle s’est enquise des chantiers d’accessibilité aux personnes en situation de handicap. Il s’agit des sièges de la wilaya de Marrakech-Safi et du Conseil communal de la ville, de Arset Moulay Abdeslem, de Jnane El-Harti et des avenues Mohammed VI, Hassan 1er et Moulay Rachid.
Au siège de la Maison de l’élu, la ministre a présidé la clôture de la neuvième session de formation en matière d’accessibilité au profit des associations œuvrant dans le domaine du handicap, comme elle a procédé à la remise d’attestations aux bénéficiaires de la première session organisée, en novembre dernier, à l’attention des architectes et des techniciens relevant des collectivités territoriales et des agences urbaines de la région de Marrakech-Safi. «La Cité ocre fera office de ville pilote et s’érigera en modèle en matière d’accessibilité pour les autres villes du Royaume», a souligné Mme Hakkaoui, pour qui la question de l’accessibilité revêt un intérêt particulier dans toute politique de développement destinée à promouvoir les droits des personnes à mobilité réduite. «L’accessibilité ne se limite pas uniquement aux aspects architectural et urbanistique, mais elle va au-delà pour toucher d’autres secteurs vitaux, tels le transport public et l’emploi», a-t-elle ajouté, reconnaissant toutefois que ce vaste chantier exige un travail de longue haleine dans la mesure où il est semé d’embûches et fait face à de multiples défis et contraintes. La ministre a également fait remarquer qu’un diagnostic des besoins de certaines grandes villes du Royaume en matière d’accessibilité a déjà été réalisé. C’est le cas de Casablanca, Rabat, Tanger et Oujda.
Dans une déclaration au journal «Le Matin», le spécialiste de l’accessibilité et enseignant à l’École nationale d’architecture, Benmansour Hassani Amal, a fait observer que les participants aux différentes sessions de formation en matière d’accessibilité ont été bien outillés techniquement pour pouvoir rédiger leur dossier de plaidoyer qui constituera un document d’aide à la prise de décisions. Après avoir relevé que 32 architectes et techniciens de la région de Marrakech-Safi ont bénéficié desdites sessions de formation, il a fait savoir qu’après la Cité ocre, ce serait le tour de Meknès, la semaine prochaine, d’accueillir ces sessions qui profiteront aux bénéficiaires de la région nord du Royaume.
Il convient de rappeler que la mise en œuvre du Programme d’amélioration de l’accessibilité aux espaces publics des personnes à mobilité réduite a été officiellement lancée, début novembre dernier à Marrakech, par Bassima Hakkaoui. Financé par un don japonais de l’ordre de 2,85 millions de dollars et conçu en collaboration avec la Banque mondiale, ledit projet ambitionne notamment de rendre l’espace public accessible aux personnes handicapées pour qu’elles puissent se déplacer en toute liberté et s’intégrer dans la société, et de venir à bout d’une multitude d’entraves affectant la vie quotidienne de cette frange de la population. L’enjeu de l’accessibilité n’est autre que d’intégrer la personne en situation de handicap dans la vie de la cité et de lui offrir une ville plus conviviale et plus facile en tant qu’usager de l’espace et du service publics.
