Économie

Innovation

Troisième révolution industrielle : le grand rattrapage

author LE MATIN

En termes d’innovation, notre pays est classé à la 84e place sur 143 pays en 2014.

En termes d’innovation, notre pays est classé à la 84e place sur 143 pays en 2014.

M. Adel est chef d'entreprise, consultant et professeur d’Économie, de stratégie et de finance. Il est également directeur général de l'Institut de Recherche en Géopolitique et Géo-économie à l'ESCA. [email protected]

Cette génération a la chance d’être témoin d’une révolution comparable à la découverte de l’agriculture ou à celle industrielle. En effet, en dépit de toutes les ruptures technologiques que nous vivons, les experts affirment que nous ne serions qu’au début d’un long cycle dont l’aboutissement transformera le visage de la vie sur terre. Ses ramifications sont économiques, culturelles et même politiques. Ayant raté la vague des révolutions industrielles qui ont divisé le monde en pays développés et en pays sous-développés, nous n’avons pas le droit de rater cette nouvelle révolution, car le retard qu’elle creusera sera peut-être irrattrapable.

La guerre était jadis remportée par des chevaliers valeureux et des généraux de génie. Aujourd’hui, elle l’est par des physiciens et des chimistes qui n’ont, pour la plupart, jamais vu un théâtre d’opérations. À titre d’exemple, les drones modernes modifient la manière de mener une guerre et de la remporter, en épuisant l’ennemi sur le plan aérien, avant que des armes et des bombes des plus dévastatrices viennent l’achever au sol. De ce fait, les modifications des rapports de force au niveau militaire reconfigurent les relations géopolitiques et géo-économiques au niveau mondial. Aujourd’hui, plus de 69% de l’innovation mondiale reste concentrée dans les pays riches, ce qui permet à ces derniers de maintenir leur avance sur le reste du monde, même si les nouveaux pays émergents réduisent le gap.

Ainsi en 2007, le montant des dépenses internationales en recherche et développement (DIRD) était de 1.145 milliards de dollars. Les pays de la triade (États-Unis, Europe et Japon) en réalisaient près de 74% – les États-Unis (36,2%), les pays de l’Union européenne (24,1%) et le Japon (13,5%). La Chine s’est adjugé 10% de ces dépenses. Toutefois, les dynamiques sont contrastées. En effet, si les dépenses de recherche de l’Europe ont augmenté d’un tiers, celles des pays asiatiques par exemple ont progressé de près de 75%. Ainsi, l’une des caractéristiques des pays émergents, c’est l’effort considérable de rattrapage qu’ils ont effectué en R&D, à l’instar du Brésil et de la Chine. Cette dernière affichait un rythme de croissance annuel de 20% de sa dépense en R&D sur la décennie 2000. Entre 2007 et 2013, selon les chiffres de l’Unesco, les budgets alloués à la R&D ont augmenté plus rapidement que le PIB mondial (+31% contre 20%), confirmant l’importance de cette arme stratégique dans le positionnement des pays sur l’échiquier mondial.

En 2013, la tendance au rattrapage par les pays émergents s’est confirmée. La Chine a pratiquement doublé sa part dans la DIRD à 19,2% (contre près de 10% en 2007), sachant que l’essentiel demeure le fait des économies à revenus élevés avec 69,3% en 2013, quoiqu’en régression par rapport à 2007 (79,7%). En 2013, les cinq pays qui investissaient le plus en R&D étaient les États-Unis (454 milliards de dollars), la Chine (337 milliards), le Japon (160 milliards), l'Allemagne (101 milliards) et la République de Corée (69 milliards). Par habitant, la Suisse affiche la DIRD par habitant la plus élevée au monde, avec 1.657 dollars, suivie de la Suède (1.479 dollars), des États-Unis (1.429 dollars) et d'Israël (1.427 dollars). Le Maroc est à moins de 25 dollars par habitant ! Depuis la crise de 2008, l’essentiel de la DIRD se fait par le secteur privé, alors que le public a réduit ses investissements sous l’effet des politiques d’austérité menées par les différents pays, notamment d’Europe, pour maîtriser leurs déficits publics.

Maroc : Un retard inquiétant

En 2013, la part de notre PIB consacrée à la R&D a été de 0,8% (loin derrière la moyenne mondiale de 2,17% et celle des pays à revenu intermédiaire de 1,38%). L’objectif d’atteindre 1% en 2016 semble, à ce titre, bien modeste. Alors que la pratique mondiale donne la part belle au secteur privé en matière de DIRD, au Maroc c’est le secteur public qui investit l’essentiel, soit 73% contre 22% pour le secteur privé. En 2003, notre pays occupait la troisième place en Afrique, en termes de production scientifique (derrière l’Afrique du Sud et l’Égypte), il régresse à la sixième place en 2010 et à la septième en 2013. Au chapitre des dépôts de brevets, 1.118 demandes ont été déposées à l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) en 2013, dont à peine 315 d’origine marocaine (soit 28,1%, à savoir le même niveau depuis 2000), le reste est le fait d’entreprises étrangères installées au Maroc.

En termes d’innovation, notre pays est classé à la 84e place sur 143 pays en 2014 et notre part dans la production scientifique mondiale est de 0,12% (soit l’équivalent de notre part dans le PIB mondial qui est de 0,14%). Face à cette réalité alarmante, le Maroc ne peut opérer son grand rattrapage qu’en comblant ce retard inquiétant de R&D et de promotion de l’esprit scientifique dans nos universités et nos entreprises. Un petit pays comme Israël maintient son avance sur tous les pays arabes réunis grâce à ses efforts volontaristes de R&D. Il leur doit également sa prospérité économique, qui en a fait un pays au revenu par habitant comparable à celui des pays développés, alors qu’il a moins d’un siècle d’existence.

En matière de R&D, nos efforts restent étonnamment très timorés. La troisième révolution industrielle, dont le monde ne serait qu’aux prémices, creuse dangereusement les écarts entre pays. Nous serions mieux inspirés de consacrer davantage de moyens à la recherche scientifique, au lieu de dépenser chaque année des millions de dirhams dans des manifestations qu’on oublie dès qu’on quitte l’arène du spectacle. Les États stratèges ont compris que l’investissement scientifique se traduit directement par des points de croissance du PIB et le prennent, de ce fait, très au sérieux. Faisons de même.


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