Laâyoune vaut désormais son pesant d’or dans l'écosystème industriel du Royaume. Le 5 février dernier, le Souverain a procédé sur le site Phosboucraâ, dans la commune urbaine Al-Marsa (province de Laâyoune), au lancement du projet de réalisation du complexe industriel intégré de production d'engrais. Ce projet, qui s'inscrit dans la mise en œuvre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, ambitionne de créer de la richesse localement par une valorisation sur place du phosphate et de renforcer l'avantage concurrentiel du Maroc.
Il devra participer à l'amélioration de la compétitivité de la région, à travers notamment le développement d'un tissu industriel de PME et PMI et de nouveaux métiers liés aux activités de transformation du phosphate en engrais (ingénierie, construction, maintenance, gestion de projets...). Portant sur l'ensemble de la chaîne de valeur du phosphate, ce mégaprojet, qui générera à terme près de 1.270 emplois, prévoit notamment la construction d'une plateforme de production d'engrais d'une valeur de 8,3 milliards de dirhams et la réalisation d'une usine de lavage et flottation des phosphates pour 1,7 milliard.

À cela s’ajoutent une unité de séchage des phosphates destinés à l'export (600 millions de DH) et un parc de stockage d'une capacité de 500.000 tonnes (800 millions de DH). Dans l'optique de s'adapter aux conditions maritimes, météorologiques et aux spécificités du littoral de Laâyoune (ensablement), et afin de développer les capacités logistiques (import et export), il est également prévu la construction d'un nouveau port (wharf) pour un investissement de 4,2 milliards de dirhams.

Première à Laâyoune, la plateforme de production d'engrais permettra de diversifier le portefeuille produit de Phosboucraâ en transformant le phosphate extrait en acide phosphorique et en engrais phosphatés. Elle sera dotée d'une capacité de production annuelle d'un demi-million de tonnes d'acide phosphorique et d'un million de tonnes d'engrais. La future plateforme industrielle (36 hectares) comportera des unités de production d'acide sulfurique, de production d'acide phosphorique, de production d'engrais, de dessalement d'eau de mer et une centrale thermoélectrique de 62 MW. À cette occasion, S.M. le Roi Mohammed VI a procédé à la pose de la première pierre de l'usine de lavage et flottation. Cette installation, d'une capacité de traitement de 3 millions de tonnes/an, permettra d'exploiter de nouvelles couches du phosphate de la zone minière de Boucraâ et d'optimiser le gisement exploitable. L’usine comprendra différentes composantes dont deux lignes de lavage d'une capacité unitaire de 400 tonnes/heure, une unité de flottation, deux décanteurs de boues et une digue d'épandage de boues et de récupération des eaux.

La réalisation de ces différents projets se fera en total respect de l'environnement. Il est ainsi prévu le recours à des procédés innovants pour la transformation du phosphate de Boucraâ en engrais et pour la valorisation des produits dérivés, la valorisation de l'énergie thermique générée par l'unité sulfurique en énergie électrique, la réduction de la consommation énergétique pour le séchage de la roche destinée à l'export et le recours aux eaux de mer dans le procédé de lavage-flottation.